Dans le but de procéder à des réajustements et d’en tirer des enseignements à même d’améliorer et d’accélérer le processus démocratique, une évaluation des élections législatives s’avère nécessaire, pour confirmer l’orientation démocratique du pays. Une crainte subsiste: que l’accaparement par la gestion du calendrier législatif et gouvernemental, ainsi que les luttes politiques entre majorité et opposition, finissent par masquer l’émergence d’une vision stratégique à même de faire de ce bilan d’étape une occasion, pour l’ensemble des Marocains, d’être à même de relever les défis auxquels ils sont confrontés.
Le taux de participation aux élections, tout d’abord, doit être considéré comme un message adressé à l’ensemble de la classe politique, relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 19 octobre. L’analyse des données du dernier scrutin, permet de conclure que la problématique des bulletins annulés entraîne des inquiétudes: leur quantité, qui atteint un million, dépasse parfois celle des voix obtenues par le parti arrivé en tête. C’est là une responsabilité qui incombe d’abord aux partis politiques, dont le rôle constitutionnel est d’encadrer les citoyens, en vertu du texte explicite de la constitution.
En ce qui concerne les bulletins annulés, il convient de tenir compte du taux d’analphabétisme au Maroc, qui, selon le dernier recensement général, est de 24,8 % de la population générale. Cette donnée, de même que les spécificités du monde rural, questionne sur le mode de scrutin, et son adaptation à cet environnement. Il en est de même du système des listes proportionnelles, qui exigent un bulletin unique comportant plusieurs dizaines de photos, de noms et d’emblèmes. La nécessité pour les électeurs de cocher en toute précision un cercle de petite taille est en fait un supplice pour toute une catégorie de Marocains.
Par ailleurs, le taux d’abstention, de 38 % à ce vote, rappelle les obligations civiques qui incombent à chacun d’entre les Marocains. Les leaders comme les militants des partis se doivent de combler le vide qu’ils laissent dans l’espace public, que viennent combler d’autres acteurs qui y jettent leurs discours défaitistes. Ils devraient aussi revoir leurs moyens d’action, afin d’assurer la continuité de l’encadrement en dehors du temps électoral.
Cette problématique ouvre tout un débat sur l’action des autorités, des élus du Parlement et des membres du gouvernement, sur leurs nécessités et requêtes. Il faut aussi à l’ensemble de ces acteurs réaffirmer les responsabilités qui leur incombent dans des discours orientés qui ont tendance à glisser vers des paroles démotivantes et vers un jeu trouble d’accusations mutuelles que l’on se jette dans les médias, sans avoir au préalable épuisé les recours juridiques.
La mandature 2026-2031 pose de nombreux défis, affirme Al Ahdath Al Maghribia. Le gouvernement devra gérer l’organisation de la Coupe du monde. Toutefois, le premier test pour l’exécutif de Fatima-Ezzahra El Mansouri reste le projet de loi de finances, qui privilégiera le principe de l’État social et protégera le pouvoir d’achat des consommateurs.
Il lui faudra également s’occuper du développement des grands chantiers, améliorer le climat des affaires, augmenter le volume des investissements et se soucier de la dette intérieure et extérieure. Le gouvernement devra aussi, en sus, être à même de traiter adéquatement le dossier de la Moudawana, une véritable mine dormante, ainsi que d’autres dossiers complexes, ayant trait à la santé, à l’enseignement et au chômage, un dilemme majeur pour de larges catégories de Marocains.




