Gouvernement: une présence féminine en retrait sur fond de compromis politiques

Le roi Mohammed VI entouré des membres du nouveau gouvernement dirigé par Fatima-Zahra El Mansouri, lors de la cérémonie de nomination au Palais royal de Rabat, vendredi 16 octobre 2026.

Revue de presseMalgré les promesses d’accorder un tiers des portefeuilles ministériels aux femmes, le nouvel exécutif ne compte que 7 représentantes sur 32 portefeuilles, soit à peine 20,5% de l’effectif. Entre arbitrages de coalition et risque de chevauchement des compétences, retour sur les figures féminines qui intègrent l’équipe gouvernementale. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 16/10/2026 à 21h17

L’annonce de la composition du gouvernement met en lumière une présence féminine réduite à 7 femmes sur un total de 32 portefeuilles, ce qui représente environ 20,5% de l’ensemble de l’exécutif. Ce constat est dressé par le quotidien Assabah dans son édition du week-end des 17 et 18 octobre. Cette représentation reste bien en deçà de la promesse faite par Fatima-Zahra El Mansouri, qui s’était engagée à attribuer le tiers des ministères aux femmes, alors que les prévisions tablaient sur la présence de 11 femmes ministres. «La décision de former un gouvernement élargi de 32 ministres, au lieu de l’équipe restreinte de 26 portefeuilles initialement envisagée, traduit la volonté des chefs de la coalition d’apaiser les tensions entre partis, au risque d’engendrer de futurs conflits d’attributions et de compétences», souligne le quotidien.

Parmi les faits marquants de ce remaniement figure le retour de Charafat Afailal, ministre de l’Énergie, des Mines et du Développement durable. Figure clé de la gestion du dossier stratégique de l’eau sous le gouvernement d’El Othmani, elle avait quitté ses fonctions à la suite d’un conflit de compétences retentissant avec Abdelkader Amara. «De son côté, Najwa Koukouss est nommée à la tête du ministère de la Famille, du Développement social et de l’Égalité. Militante de longue date au sein du Parti authenticité et modernité (PAM), elle capitalise sur son expérience parlementaire et son ancrage sur le terrain», écrit Assabah.

Le cabinet s’enrichit également de la nomination de l’avocate Kouloub Faitah en tant que ministre déléguée auprès du chef du gouvernement, chargée des Relations avec le Parlement et de la Société civile. Remarquée pour son travail au sein de la commission de la justice et de la législation aux côtés du ministre Abdellatif Ouahbi, elle s’est imposée au Parlement par une fine maîtrise des textes, une présence assidue et des interventions particulièrement ciblées.

Au sein du parti de l’Istiqlal, Madiha Khayr effectue son retour au gouvernement au poste de ministre déléguée auprès du ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, chargée de la Formation professionnelle. Elle s’appuie sur une solide légitimité politique, ayant dirigé le groupe parlementaire de sa formation après avoir obtenu le plus grand nombre de voix dans sa circonscription grâce à un travail de terrain constant et discret.

De son côté, Fatima Saadi accède aux responsabilités en tant que ministre déléguée auprès du ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville. Appréciée pour sa rigueur et son efficacité loin des projecteurs à la Chambre des conseillers, elle dispose d’un réseau politique étendu et de soutiens solides au sein de l’appareil de son parti.

Enfin, l’avocate Aïcha Guellaa, figure montante de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), se voit confier le poste de ministre déléguée auprès du ministre de l’Intelligence artificielle, de la Transition numérique et de la Réforme administrative. Cette désignation vient concrétiser son engagement constant en faveur de la modernisation de l’administration et son plaidoyer reconnu pour la défense des droits des femmes et des victimes d’agressions.

Par La Rédaction
Le 16/10/2026 à 21h17