Née en 1994 à Casablanca d’un père franco-russe et d’une mère marocaine, Meryem Benoua grandit à Lyon à partir de l’âge de dix ans. Connue par la Toile pour ses interactions avec son public lors de ses sketchs, Le360 l’a rencontrée au lendemain du Marrakech Comedy Festival, dont la première édition s’est tenue du 4 au 6 juin 2026 dans la grande salle du Palais des Congrès de Marrakech. Co-fondé par Karim Debbouze et Malik Bentalha, directeur artistique et maître de cérémonie, le festival a réuni sur la même scène Paul de Saint Sernin, Tom Baldetti, Hugo Le Van, Léopold Lemarchand et bien d’autres artistes.
Le360: on vous retrouve juste après votre passage sur scène. Qu’est-ce que vous avez ressenti en regardant la salle hier soir?
Meryem Benoua: La salle était grande, comble et les gens étaient beaux. Miss France était vraiment la beauté de la soirée. Mais ce que je ressens avant tout avec le public marocain, c’est une chaleur particulière : pour moi, c’est toujours une safe place.
L’humour est souvent présenté comme quelque chose de léger, de libérateur. Mais faire rire des gens sur leurs propres contradictions, c’est parfois plus subversif que les discours sérieux. Est-ce que vous pensez à ça quand vous écrivez ou le rire reste-t-il avant tout un plaisir?
Le rire doit rester un plaisir, à tout jamais. À partir du moment où il n’y a plus de kiff, on ne peut plus être efficace sur scène. Moi, j’écris ce qui me fait rire: c’est comme ça que j’arrive à être sincère. Je ne cherche pas à satisfaire quelque chose chez les gens avant de me satisfaire moi-même. Écrire pour soi, c’est ça, le vrai secret.
Vous avez l’habitude d’interagir avec le public lors de vos prestations. Pourquoi ne pas l’avoir fait hier soir?
Quand c’est filmé pour des chaînes, les timings sont stricts et l’interaction n’a plus sa place. Dans ce format, l’art doit être au top de son niveau. L’interaction, elle, est réservée aux moments off: quand je suis dans mon propre spectacle et que je suis ma propre chef d’orchestre.
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Vous êtes née à Casablanca, vous avez grandi à Lyon, vous avez un père franco-russe, une mère marocaine. Est-ce que vous portez tout ça comme une richesse ou est-ce que vous avez parfois l’impression qu’on vous demande d’être «un symbole», celui de la franco-marocaine, la fille des deux rives, alors que vous, vous voulez juste faire rire?
Être métissée, c’est une richesse. Ça crée une ouverture d’esprit magnifique. Mais porter un symbole, je n’ai pas envie d’avoir ce poids. Sur scène, je ne suis ni une femme ni un homme, je ne représente aucun pays. Le rire, c’est un partage entre des gens différents, des cultures différentes, des religions différentes, c’est ça que je veux incarner. Après, si je dois représenter le Maroc, je le ferai avec fierté.



