Là où les terres peinaient ces dernières années à produire suffisamment pour couvrir les frais de culture, les champs affichent aujourd’hui un tout autre visage. À perte de vue, des épis dorés ondulent sous le vent, dessinant un paysage qui témoigne du renouveau agricole que connaît actuellement la province de Moulay Yaâcoub, près de Fès.
Sur les terres agricoles de la région de Laajajra, les moissonneuses ont repris du service dans une ambiance empreinte d’optimisme. Les premières observations laissent entrevoir une campagne nettement meilleure que les précédentes, portée par des conditions climatiques particulièrement favorables. Une situation qui suscite l’espoir d’un retour progressif à l’équilibre pour un secteur durement éprouvé par plusieurs années de sècheresse.
«Les opérations de récolte ont démarré immédiatement après l’Aïd al-Adha dans de bonnes conditions. Cette saison constitue un véritable soulagement pour les agriculteurs après une longue période de faibles rendements», déclare Abdellah, agriculteur de la région. «Les pluies ont considérablement amélioré l’état des cultures. La végétation a été particulièrement abondante cette année, au point de ralentir parfois le travail des machines agricoles. Malgré cela, les perspectives de production demeurent très encourageantes», ajoute-t-il.
Sur le terrain, les producteurs constatent toutefois des différences notables d’un champ à l’autre. La nature du sol, l’exposition des parcelles et la répartition des précipitations continuent d’influencer les performances des exploitations. «Selon les terrains, certains champs pourraient produire entre 30 et 70 sacs par hectare», explique un agriculteur rencontré sur place. «Nous restons toutefois attentifs aux conséquences des pluies tardives qui ont favorisé le développement de certaines plantes parasites, compliquant les travaux de récolte dans plusieurs zones», précise-t-il.
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Pour les exploitants, la période de récolte ne se limite pas à la simple coupe des céréales. Elle représente l’aboutissement de longs mois de travail et mobilise plusieurs étapes essentielles allant de la récolte au stockage. «La moisson est une opération complète qui ne s’arrête pas à la récolte des grains. Elle permet également de constituer des réserves de fourrage et d’assurer l’approvisionnement nécessaire pour la prochaine saison agricole», souligne le même agriculteur.
Au milieu des engins agricoles, Idriss Ahram, spécialiste des machines agricoles, estime que les semaines à venir seront déterminantes pour dresser le bilan définitif de cette campagne. «La stabilité des conditions météorologiques et la hausse progressive des températures faciliteront le travail des moissonneuses et accéléreront le rythme des récoltes», affirme-t-il.
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Les perspectives favorables ne concernent d’ailleurs pas uniquement les céréales. «Les cultures de printemps, notamment les pois chiches et les fèves, ont elles aussi bénéficié des pluies enregistrées jusqu’à la mi-avril. Les résultats attendus sont prometteurs et devraient contribuer à améliorer les revenus des ménages ruraux», confirme-t-il.
Pour autant, la hausse de la production ne garantit pas automatiquement celle des revenus. «L’abondance des récoltes ne se traduit pas nécessairement par une augmentation des prix. Les marchés restent soumis à de nombreux facteurs qui influencent les cours», rappelle Idriss Ahram.
Alors que les opérations de récolte se poursuivent dans les différentes communes de la province, le retour de cette vaste étendue dorée dans les campagnes de Moulay Yacoub apparaît comme le symbole d’une renaissance attendue. Après plusieurs années difficiles, les agriculteurs retrouvent peu à peu confiance dans l’avenir de leurs terres. Une confiance nourrie par une saison qui pourrait marquer le début d’un nouveau cycle pour l’agriculture locale.




