Le Marrakech Comedy Festival a donné le coup d’envoi de sa première édition le 4 juin 2026 dans la grande salle du Palais des Congrès de Marrakech. Pour ouvrir les festivités, les organisateurs ont misé sur le Gala arabophone, placé sous la direction artistique de l’humoriste Eko, également maître de cérémonie de cette soirée inaugurale. Au fil du programme, Ghita Kitane, Ahmed Boudrouze, Marouane Nbalsi, Saif Eddine Settif, Soufiane Figuigui, Amine Belghazi et Azzedine Fetouhi ont occupé la scène, accompagnés de DJ REDSupa, du groupe Bola Bola Dekka Marrakchia et du chanteur Mounim Slimani.
Karim Debbouze et Malik Bentalha sont les initiateurs de ce festival d’humour dont la première édition a naturellement trouvé sa place à Marrakech. Dans son édito, Karim Debbouze a formulé l’ambition de «positionner la ville ocre comme la capitale mondiale de l’humour». L’objectif affiché dépasse le cadre d’un spectacle en salle: les deux galas, arabophone et francophone, sont prévus pour être retransmis sur des chaînes marocaines et françaises ainsi que via les réseaux sociaux. Le festival entend ainsi toucher un public bien au-delà des spectateurs présents à Marrakech.
La structure de cette première édition repose sur quatre temps forts répartis sur trois jours. Outre le Gala arabophone du jeudi, le vendredi 5 juin est consacré au Gala francophone, présenté par Malik Bentalha, et au spectacle solo de Nordine Ganso. Le festival se clôture samedi 6 juin avec le solo de Yassar. S’y ajoutent deux soirées open mic, présentées par les organisateurs comme un espace ouvert aux artistes émergents.
Né à Marrakech, Eko cumule le soir du 4 juin les fonctions de présentateur, d’organisateur artistique de la soirée et de performer. Ce choix présente une cohérence géographique évidente: Eko a grandi dans la ville qui accueille le festival et son parcours, des vidéos virales aux one-man-shows à guichets fermés, illustre la trajectoire d’une génération d’humoristes marocains apparus d’abord sur les plateformes numériques avant de s’imposer sur scène.
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L’humoriste a ouvert la soirée en rendant hommage au guerrab, figure emblématique de la culture populaire marocaine, en arrivant sur scène revêtu de sa tenue traditionnelle. Ce geste inaugural a immédiatement situé la tonalité de la soirée: un humour adossé à des références culturelles locales identifiables. Jemaâ El Fna, place centrale de Marrakech et lieu historique du conte et du spectacle populaire, a également été convoquée dans son introduction.
Dans ses déclarations recueillies en amont du festival, Eko a décrit l’origine de son sens du comique comme profondément liée à l’observation du quotidien marrakchi: «À Marrakech, il y a une énergie très particulière, dès que tu sors dans la rue, tu entends des expressions, des réactions, des discussions inédites.» Il a précisé que sa «plus grande école» avait été «l’observation», bien avant l’exposition médiatique. À l’issue de la soirée et lors d’un échange avec Le360, il a qualifié le gala de «cérémonie de mariage», précisant en évoquant le public qu’il avait le sentiment d’être entouré par sa propre famille.
Les tensions du quotidien
L’ensemble des prestations de la soirée s’est construit autour de thèmes récurrents dans le stand-up marocain contemporain comme la famille, les rapports de genre, les codes sociaux ou le langage, tout en les déclinant selon des angles propres à chaque humoriste.
Amine Belghazi a ouvert plusieurs pistes: les prénoms jugés désuets que certains parents continuent d’attribuer à leurs nouveau-nés, les comportements des bébés, la figure intimidante de la mère et les salles de sport, abordées sous le prisme de leurs tarifs et des usagers qu’elles attirent. Soufiane Figuigui a abordé deux thèmes à portée intime: la naissance de son frère et le portrait d’une tante qualifiée de «open minded», une expression qui, dans ce contexte, désigne un rapport décalé aux normes familiales et sociales dominantes. Ghita Kitane, elle, a occupé un registre plus varié, passant de la CAN 2025 et de l’équipe nationale de football aux relations amoureuses, du rapport des mères à la vie privée de leurs enfants aux codes de la drague selon les villes marocaines. Azzedine Fetouhi a conclu le plateau des humoristes sur des thèmes à dimension sociétale: les femmes, le mariage, les comportements des hommes marocains dans le couple, avec un angle sur la tromperie. Sa prestation a été signalée par les applaudissements du public comme l’une des plus remarquées de la soirée.
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En milieu de soirée, Malik Bentalha a rejoint Eko sur scène pour une séquence d’improvisation. Eko s’est amusé des maladresses de son partenaire en darija avant de l’initier au rythme de la Dekka Marrakchia, tradition musicale populaire associée à Marrakech, aux côtés du groupe Bola Bola Dekka Marrakchia présent sur scène.
La soirée a également réuni des personnalités issues du monde de la culture et du divertissement: Fati Jamali, Farah El Fassi, Samia Akariou et Moulay Slimane étaient présents pour cette soirée inaugurale.
Et la suite?
Le vendredi 5 juin, le Gala francophone présenté par Malik Bentalha réunira Paul de Saint Sernin, Sossam, Léopold Lemarchand, Sarah Lele, Meryem Benoua et Youness Hanifi. Dans la même soirée, Nordine Ganso présentera son spectacle solo. Le festival se clôturera samedi avec le solo de Yassar.




