Marrakech Comedy Festival: Eko aux commandes du Gala arabophone: «Je n’ai pas de semblable»

Eko, humoriste.

Le 30/05/2026 à 20h25

VidéoDirecteur artistique et maître de cérémonie du Gala arabophone du Marrakech Comedy Festival, EKO lève le voile sur les coulisses d’un plateau soigneusement composé pour le 4 juin 2026. Entre sang neuf et valeurs sûres, il livre sa vision d’un humour darijaphone qui s’affirme, sans jamais craindre la concurrence.

Eko est aujourd’hui l’une des figures incontournables de la scène comique marocaine. Présentateur, humoriste, animateur et chanteur, il incarne à lui seul la polyvalence que le Gala arabophone du Marrakech Comedy Festival entend mettre à l’honneur le 4 juin 2026 au Palais des Congrès de Marrakech. Aux commandes de la programmation artistique, il a imaginé un plateau pensé comme un véritable cocktail de sensibilités et de générations, réunissant artistes confirmés, jeunes talents émergents, comédiens faisant leur retour sur scène et humoristes marocains établis à l’étranger. Une diversité assumée, conçue pour maintenir le public en haleine du début à la fin du spectacle. Sur scène, EKO alterne écriture spontanée et improvisation, prenant constamment le pouls de la salle afin d’adapter le rythme et l’énergie du show en temps réel. Créateur du concept «EKO en comédie musicale», il mêle humour, chant et performance scénique accompagné d’un orchestre, dans un registre singulier qu’il revendique comme sa véritable signature artistique.

Le360: vous êtes le directeur artistique du Gala arabophone du Marrakech Comedy Festival. Quels sont les critères sur lesquels vous vous êtes basés pour choisir les artistes?

Eko: nous avons réuni un mélange d’artistes connus et confirmés, de jeunes talents en début de carrière, de figures éloignées de la scène souhaitant faire leur retour, ainsi que de comédiens marocains établis à l’étranger. C’est un véritable cocktail de styles et de sensibilités, pensé pour offrir un plateau rythmé, vivant et loin de toute monotonie. Un peu comme un thé marocain: tout repose sur le bon dosage (rires). En tant que maître de cérémonie, ma responsabilité est justement d’orchestrer l’ensemble, de la musique à l’éclairage, en passant par l’enchaînement des passages.

Comment le spectacle va-t-il s’organiser?

Il y a énormément de travail. Nous sommes en train d’effectuer les derniers réglages: qui ouvre le spectacle, qui le clôture… Tout cela demande une véritable organisation. On ne peut pas, par exemple, placer un artiste débutant entre deux grandes figures de la scène, au risque de le mettre sous pression. Il faut rassurer les artistes et leur donner confiance. Des transitions et des sketchs viendront également rythmer les passages d’un spectacle à l’autre. De mon côté, j’assure plusieurs rôles: présentateur, humoriste, animateur et chanteur. J’essaie surtout de sentir l’humeur du public pour adapter le rythme et l’ambiance en conséquence.

«En tant que maître de cérémonie, ma responsabilité est justement d’orchestrer l’ensemble, de la musique à l’éclairage, en passant par l’enchaînement des passages. »

—  Eko

Il y a de l’improvisation, mais y a-t-il quand même une part d’écriture dans l’organisation de ce festival?

C’est une écriture spontanée, juste pour avoir une base. L’improvisation est le cadre général, les détails s’imbriquent au fur et à mesure. J’essaie plusieurs sketchs différents…

Le gala francophone sera diffusé sur Disney+. Pensez-vous que le gala arabophone bénéficiera de la même visibilité médiatique?

Oui, le festival a une valeur et toutes ses activités seront valorisées. Le gala arabophone bénéficiera également d’une bonne visibilité en termes d’image.

Comment percevez-vous l’évolution de l’humour darijaphone? Sommes-nous arrivés à un équilibre ou les francophones bénéficient-ils toujours d’une plus grande visibilité?

C’est avant tout un style différent. Nous, les humoristes arabophones, nous nous adressons principalement au public marocain ainsi qu’aux Marocains résidant à l’étranger. Les humoristes francophones, eux, touchent naturellement un public plus large grâce à la langue. Il existe donc une forme de barrière linguistique. Si la darija était parlée et comprise dans plusieurs pays, la situation serait probablement différente.

Ressentez-vous parfois la pression de la concurrence dans le milieu de l’humour?

Jamais. À partir du moment où l’on se persuade qu’il existe une concurrence, c’est que l’on a déjà perdu. Nous ne nous ressemblons pas. C’est une création divine: chacun possède sa propre identité artistique. Il n’y a personne comme EKO, j’ai mon empreinte et mon univers. La preuve, mon spectacle «EKO en comédie musicale» constitue une véritable signature. Ce concept n’existait pas auparavant: je chante accompagné d’un orchestre et je mêle musique et humour sur une même scène. À mes yeux, lorsqu’un humoriste parle de concurrence, il se trompe complètement de perspective.

Par Qods Chabâa et Seif Elbelghiti
Le 30/05/2026 à 20h25