Vendredi soir, le stade Prince Moulay Abdellah n’avait plus rien d’une enceinte sportive, si ce n’est un peu de pelouse. Transformé pour l’occasion en immense salle de concert à ciel ouvert, il accueillait l’une des grandes nouveautés de cette 21ème édition du Festival Mawazine: une scène installée au cœur même du stade. Et pour l’inaugurer, les organisateurs ont misé sur des valeurs sûres.
Le premier à fouler la scène a été Douzi, accompagné d’invités comme Draganov et Lazaro. Une mise en bouche festive avant l’arrivée de celui que des générations de fans continuent de considérer comme une légende vivante: l’unique Cheb Khaled. Pendant presque deux heures, il a enchaîné les classiques: Chebba, Bakhta, Didi, Hiya Hiya, Aïcha, C’est la vie, autant de titres repris par un public qui connaissait chaque parole par cœur.
Sur scène, Khaled s’est montré fidèle à lui-même: généreux, souriant et porté par une énergie communicative. Une énergie que la foule lui a rendue avec la même intensité tout au long de la soirée. Et à l’issue du concert, l’artiste n’a pas caché son émotion en évoquant cette première historique au stade Moulay Abdellah.
«C’était magnifique. J’ai vu un public heureux. Franchement, nous avons passé une soirée exceptionnelle, avec beaucoup de chaleur humaine», a-t-il confié. Le chanteur n’a pas tari d’éloges sur le stade, qu’il qualifie de formidable.
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Si le temps passe, la popularité de Khaled, elle, semble traverser les générations sans prendre une ride. Interrogé sur le secret de cette relation privilégiée qu’il entretient avec le public marocain, sa réponse fuse avec simplicité. «Le secret, c’est de donner de l’amour aux gens et de les rendre heureux. Quand je suis sur scène, je vois leurs réactions, leur bonheur. Malheureusement, deux heures et plus de concert ne suffisent pas. J’aimerais continuer encore», regrette-t-il.
Questionné sur son statut de «roi du raï», un titre qui le suit depuis de nombreuses années, Cheb Khaled préfère renvoyer le mérite au public. «Ce n’est pas moi qui ai choisi cette couronne. C’est le public qui me l’a donnée», explique-t-il avec beaucoup d’humilité. Et lorsqu’on lui demande qui pourrait reprendre le flambeau, l’artiste esquive avec humour, laissant entendre qu’il n’est pas prêt à céder sa couronne de sitôt.
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Loin des strass et des projecteurs, Cheb Khaled garde les pieds sur terre et nous rappelle l’homme simple qu’il est. «Mon plaisir en dehors de la scène, je le trouve auprès de ma petite famille. Et surtout quand je me repose», confie l’artiste. Une réponse simple, à l’image d’un artiste qui, malgré son immense carrière, continue de privilégier l’authenticité. Une simplicité qui fait sa force. Car hier encore à Rabat, face à des milliers de fans conquis, le «king» a livré une prestation magistrale, qui démontre une nouvelle fois pourquoi son règne sur le raï perdure depuis si longtemps.




