Mawazine 2026: Rema ambiance Rabat avant le match Maroc-Haïti

La scène de l'OLM Souissi lors de la performance de Rema à Mawazine 2026, tenue le 24 juin à Rabat. (S.Bouchrit/Le360)

Le 25/06/2026 à 14h00

VidéoMercredi 24 juin, la scène internationale de l’OLM Souissi a vécu une soirée à double temps fort: la star nigériane Rema y a assuré la sixième nuit du festival Mawazine, avant que les écrans du site ne se transforment en tribune géante pour suivre Maroc-Haïti, dernière rencontre des Lions de l’Atlas dans le groupe C de la Coupe du monde 2026.

Rema a pris la scène à 21h30, au moment où le compte à rebours avant le coup d’envoi du match marocain commençait à peser dans les esprits. Le public de l’OLM Souissi était, ce soir-là, réparti entre deux foyers d’attention: l’artiste nigérian sur scène et les Lions de l’Atlas à Atlanta.

Le match Maroc-Haïti, lui, disputé à 23h au Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta, engageait l’avenir du Maroc dans la phase de groupes du Mondial 2026. Les Lions de l’Atlas, deuxièmes du groupe C avec quatre points avant cette rencontre, avaient besoin d’un résultat positif pour valider leur qualification pour les seizièmes de finale. Ils l’ont obtenu: victoire 4 buts à 2.

Avant cela, sur scène, l’artiste nigérian a ancré son set dans ses titres les plus reconnaissables. Calm Down, Soundgasm et Soweto ont constitué les points d’appui d’une performance calibrée pour un public diversifié, réunissant fans acquis et spectateurs venus par curiosité ou accompagnés d’amis.

Rema s’est imposé sur la scène mondiale de l’afrobeats avec son titre Dumebi puis, de façon décisive, avec Calm Down, dont la version en collaboration avec Selena Gomez a élargi l’audience de l’artiste bien au-delà du continent africain. Son second album, HEIS, sorti en 2024, a prolongé cette dynamique avec plusieurs titres à succès. Sa présence à Mawazine place les artistes africains au centre de la programmation internationale, dans la continuité des soirées ayant accueilli Tyla trois jours plus tôt.

Parmi le public présent ce soir-là, il y avait les habitués au long cours, ceux pour qui Mawazine est une pratique ancrée, presque familiale. «Je viens à Mawazine tous les ans depuis que je suis tout petit avec mon père. Maintenant, je viens seul», raconte l’un des festivaliers. Il y avait aussi les fidèles de l’édition, ceux qui font du festival un rendez-vous systématique. «Ça fait quatre ans que je viens à chaque édition», confie un autre spectateur, qui précise y assister «à toutes les éditions. J’écoute Rema. Il a plusieurs chansons qui me plaisent.»

Mais le profil le plus révélateur est celui du troisième festivalier que Le360 a rencontré ce soir-là. «Je connais trois de ses chansons que j’écoute pas mal et je suis venu de Casablanca découvrir le reste», dit-il simplement. Présent avec des amis, il ne s’est pas déplacé parce qu’il connaissait l’intégralité du répertoire de Rema, mais précisément parce qu’il ne le connaissait pas. Les concerts de Mawazine fonctionnent comme une porte d’entrée vers une discographie et une occasion d’élargir ses pratiques musicales à partir d’un noyau connu.

C’est là l’une des dynamiques que les artistes eux-mêmes ont intérêt à prendre en compte: une partie du public présent à l’OLM Souissi n’est pas composée de fans au sens strict. Ce sont des spectateurs entraînés par leur entourage, animés par la curiosité, ou simplement attirés par l’événement. Mawazine leur offre un contexte dans lequel la découverte est facilitée par l’ambiance, par la gratuité de nombreux concerts, par la densité de la programmation sur neuf jours. Pour un artiste en phase d’expansion internationale, c’est une exposition différente de celle qu’offre une tournée classique.

Les festivaliers interrogés ont formulé, à leur façon, l’attachement à ce lieu spécifique. L’un d’eux considère l’OLM Souissi comme «la meilleure scène de tout le Maroc». Les deux premiers interlocuteurs ont désigné Mawazine comme «le meilleur festival qui existe au Maroc», une formulation qui revient de manière spontanée dans les échanges, sans que la question soit posée. Ce que ces déclarations mesurent, c’est la place émotionnelle qu’il occupe pour ceux qui le fréquentent régulièrement. «C’est eux qui rythment notre été», dit le premier spectateur, en parlant des artistes programmés. Une formulation qui dit le rôle de marqueur temporel que le festival joue pour une partie de son public.

La soirée du 24 juin a condensé, d’un côté, un concert d’afrobeats nigérian devant un public marocain. De l’autre, un match de Coupe du monde diffusé dans la foulée sur ce même site. Que Mawazine ait pris la décision de proposer cette continuité dit quelque chose de son propre public: un public majoritairement jeune et attaché à la musique autant qu’au football.

Par Camilia Serraj et Said Bouchrit
Le 25/06/2026 à 14h00