Le gouvernement envisage de rouvrir l’importation de moutons pour freiner la hausse des prix

Chez un boucher, à Fès.

Revue de presseÀ cause d’une flambée persistante des prix de la viande d’agneau et de bœuf, le gouvernement étudie la reprise de l’importation de moutons, à l’arrêt depuis près d’un an. Si elle venait à se concrétiser, cette mesure de régulation privilégierait les filières d’Amérique latine au détriment de celles d’Europe, alors même que les professionnels avertissent d’une dégradation en continu de l’équilibre entre offre et demande. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 29/06/2026 à 17h33

Alors que les cours de la viande rouge, tout particulièrement celui de l’agneau, n’a de cesse d’augmenter, le gouvernement envisage de lever l’interdiction de l’importation de bétail, à l’arrêt depuis près d’un an. Objectif affiché: faire cesser une hausse que les projections des professionnels de l’élevage annoncent comme «inéluctable, voire davantage accentuée dans les prochains mois», indique Al Ahdath Al Maghribia de ce mardi 30 juin.

Selon différentes sources concordantes, le gouvernement marquerait actuellement sa préférence, non vers les marchés européens habituels, mais vers les pays d’Amérique latine, plus spécifiquement le Brésil, relaie le quotidien. Selon les professionnels de la filière, ce réapprovisionnement à l’extérieur permettrait de rétablir les équilibres sur le marché intérieur, et de faire baisser les prix, «à des seuils plus supportables pour le consommateur», signale Al Ahdath Al Maghribia.

Le quotidien rappelle que «les tarifs pratiqués sur la vente de viande rouge chez les grossistes oscille actuellement entre 110 et 115 dirhams le kilogramme pour la viande bovine, et entre 140 et 150 dirhams pour la viande ovine, alors même que leur revente chez les bouchers alourdit encore la facture», et précise que cette hausse des prix «contraint de nombreux bouchers à fermer boutique, pris en étau entre une offre locale en berne et une demande atone, tout particulièrement depuis la fin de l’Aïd Al Adha».

Selon des professionnels de cette activité, interrogés par Al Ahdath Al Maghribia, cette hausse persistante des prix est «à imputer à une conjonction de facteurs: une raréfaction de l’offre domestique, une flambée des coûts de production et l’augmentation des frais de logistique». Ils rappellent qu’en 2023, le gouvernement avait permis l’importation de bétail vivant, avec des exonération de droits de douane et de TVA qui avaient été prorogées jusqu’au début de l’année 2025, «dans l’espoir de stabiliser les prix», relaie le quotidien, qui précise que «malgré ces mesures incitatives, la hausse continue des prix n’a été que temporairement contenue au cours de la période 2023-2024, avant de repartir à la hausse».

En 2024, afin de tenter de faire baisser les prix, le gouvernement a étendu son dispositif en autorisant l’importation de viandes congelées et fraîches, «sans pour autant parvenir à enrayer durablement l’inflation», indique Al Ahdath Al Maghribia, selon lequel «cette série d’échecs illustre cruellement l’impact limité des décisions publiques sur le pouvoir d’achat des ménages, et ravive le souvenir de la crise aiguë survenue au cours du dernier Aïd Al Adha, quand les interventions étatiques n’avaient pu garantir la stabilité des cours et un approvisionnement serein du marché».

La stratégie actuellement opérationnalisée mérite donc, affirme le quotidien «une refonte en profondeur», ajoutant qu’«une approche plus globale, articulée autour d’un soutien résolu à la production locale et d’un contrôle renforcé du marché via des mécanismes mieux adaptés, apparaît aujourd’hui indispensable pour instaurer une véritable stabilité des prix». Pour Al Ahdath Al Maghribia, en effet, «l’enjeu ultime demeure de faire bénéficier pleinement les citoyens des effets concrets des politiques publiques, et non de simples annonces sans lendemain».

Par Hassan Benadad
Le 29/06/2026 à 17h33