À l’instar des membres de leurs groupes parlementaires, les membres du bureau politique du PAM et ceux du Comité exécutif de l’Istiqlal ont donné leur feu vert à la constitution d’une commission parlementaire d’enquête sur les frakchias, bien qu’ils n’ignorent pas qu’ils assènent par là même un coup dur à leur allié du RNI. Selon le quotidien Assabah, qui revient sur cette affaire dans sa livraison du mercredi 24 juin, le PAM et le PI ont finalement adopté le point de vue de l’opposition parlementaire, qui exige la création de cette commission depuis plusieurs mois. Surtout qu’en plus de la cherté des viandes rouges, qui ont atteint des sommets depuis quelque deux années, et du prix exorbitant des moutons de l’Aïd Al-Adha, des questions se posent sur le sort des aides importantes débloquées par le gouvernement au profit des professionnels de la filière de l’élevage en vue de faire baisser les prix des viandes rouges et de reconstituer le cheptel.
Il semble qu’à la veille de la décision du PAM et du PI en faveur de la constitution de la commission parlementaire d’enquête, les présidents des groupes de la majorité au sein du Parlement ont tenu une réunion secrète, jeudi dernier, loin des regards des médias et même des parlementaires, employés et fonctionnaires du Parlement.
Cette réunion tripartite visait à adopter une position commune, tout en apportant une réponse unifiée aux missives des partis de l’opposition réclamant la création de la commission d’enquête. Lors de cette réunion, Yassine Oukacha, président du groupe du RNI, aurait demandé un délai de 48 heures, le temps de prendre l’avis des dirigeants de son parti. Il fut également informé que le PAM, le PI et l’UC (parti qui soutient la majorité, mais sans portefeuille au sein du gouvernement) étaient favorables à la commission d’enquête.
C’est à cause de ce délai exigé par le RNI que ces partis, qui avaient verbalement donné leur accord à l’opposition, ont décidé de ne pas officialiser immédiatement leur décision. Après l’expiration du délai de 48 heures, les partis de la majorité ont relancé le RNI pour obtenir sa réponse. Un nouveau délai a été demandé et fixé au plus tard à lundi matin. En guise de réponse, Yassine Oukacha a informé ses alliés que la présidence de la majorité gouvernementale, composée des trois chefs des partis du RNI, du PAM et du PI, tiendrait une réunion le mardi 23 juin en vue d’aboutir à une position unifiée.
La réaction du PAM et du PI sera cinglante. Ils ont expliqué à Yassine Oukacha, qui a fini par éteindre son téléphone, que le Parlement est totalement indépendant vis-à-vis de la présidence de la majorité gouvernementale, avant de publier le communiqué officialisant leur soutien à la création d’une commission parlementaire d’enquête sur les frakchias.
Cette prise de position, qui isole totalement le RNI, a créé deux camps au sein de ce dernier. Pour le premier camp, formé des opposants à la commission d’enquête et mené par le président du RNI, il n’est pas question de faire du mouton un plat électoral. Dixit Aziz Akhannouch. Pour le second camp, le RNI doit donner son accord à la création de cette commission, quitte à tout faire pour retarder ses investigations, surtout que le mandat de l’actuel Parlement touche à sa fin.




