Bab Sebta saturé: jusqu’à 4 heures d’attente pour franchir le passage de Tarajal

Une vue de la longue file d’attente dans au passage de Tarajal. (W.El Mouden/Le360)

Le 03/05/2026 à 13h56

VidéoSamedi 2 mai, il fallait compter jusqu’à quatre heures d’attente pour franchir le passage de Tarajal, a constaté Le360 sur place. Piétons comme automobilistes ont été confrontés à d’importantes files d’attente, dans des conditions particulièrement éprouvantes.

Une virée à Sebta ou une traversée via le préside occupé relève désormais du parcours du combattant. La traversée du passage de Tarajal s’est avérée particulièrement difficile ce samedi 2 mai. Les usagers ont fait face à des délais dépassant les quatre heures, a constaté Le360 sur place.

Deux facteurs principaux expliquent cette situation pour le moins inhabituelle. D’une part, une affluence record de touristes marocains en direction de Sebta, favorisée à la fois par le week-end prolongé du jour férié du vendredi 1er mai et par la coïncidence avec les vacances scolaires. D’autre part, l’entrée en service du nouveau système européen de gestion des frontières, le système d’entrée/sortie (EES), qui remplace le traditionnel tampon manuel sur les passeports.

Ce dispositif, mis en place par l’Union européenne, repose sur la collecte de données biométriques, notamment les empreintes digitales et la photo du visage des voyageurs. S’il vise à renforcer la sécurité et à moderniser le contrôle aux frontières, il rallonge considérablement le temps de traitement des passagers. Résultat: des files d’attente interminables dans un espace restreint, provoquant parfois des malaises, voire des évanouissements.

Du côté marocain, les services de police et de douane ont maintenu une certaine fluidité. Toutefois, la situation se complique nettement dans la zone intermédiaire entre les deux postes de police marocain et espagnol. Malgré les efforts importants déployés par les autorités marocaines pour gérer les flux et assister les personnes souhaitant rebrousser chemin vers Tétouan, la congestion est restée très difficile à maîtriser.

Autre point de crispation, l’absence de dispositifs spécifiques pour les cas prioritaires. Ni les personnes âgées, ni les femmes enceintes, ni les individus à mobilité réduite ne bénéficient de couloirs dédiés, aggravant les conditions d’attente.

Même les habitués du passage de Tarajal se disent surpris par l’ampleur de la situation. «Même en plein mois d’août, lors de la feria de Sebta, nous n’avions jamais vu une telle saturation», témoigne Fouzia, résidente de la ville occupée.

Face à cette nouvelle donne, les voyageurs sont appelés à faire preuve de prudence et à anticiper des délais particulièrement longs avant de s’engager dans cette traversée.

Par Wadie El Mouden
Le 03/05/2026 à 13h56