Agadir: le stationnement redevient payant, la grogne monte

Un parking à Agadir (M.Oubarka/Le360).

Le 04/10/2026 à 10h32

VidéoLe retour annoncé de la tarification du stationnement dans les parkings souterrains et les espaces dédiés d’Agadir suscite déjà des réactions. À quelques jours de la session du conseil communal prévue le 7 octobre 2026, des habitants et acteurs associatifs demandent à la commune de renoncer à ce projet, estimant qu’il risque d’alourdir davantage les charges des usagers et de peser sur l’attractivité de la ville.

Le projet de convention relatif à la gestion du service de stationnement payant figure à l’ordre du jour de la prochaine session du conseil communal d’Agadir. Une perspective qui passe mal auprès d’une partie des habitants, alors que plusieurs de ces espaces de stationnement étaient jusqu’ici accessibles gratuitement.

«Les habitants ont été surpris de découvrir ce point à l’ordre du jour de la session du 7 octobre, alors que la gratuité des parkings était jusque-là appréciée», déclare Redouane Ouri, acteur associatif à Agadir. Selon lui, le retour du stationnement payant risque également de raviver les tensions autour de la gestion des parkings.

«Cette décision risque de replonger les habitants et les visiteurs dans les conflits avec les gardiens des parkings et de créer une nouvelle forme de tension sociale», ajoute-t-il, estimant que les ménages font déjà face à une hausse généralisée des prix. Pour cet acteur associatif, les conséquences du projet pourraient être particulièrement sensibles dans le contexte actuel.

Redouane Ouri appelle ainsi le président du conseil communal d’Agadir, Aziz Akhannouch, aux côtés des autres membres du conseil, à revoir leur position. Il relie par ailleurs cette décision au contexte politique local, rappelant les résultats des dernières élections législatives à Agadir et Inezgane, où le PJD est arrivé en tête.

«Le RNI a enregistré un revers important lors des dernières législatives à Agadir et Inezgane», souligne-t-il, insistant que cette situation pourrait avoir des conséquences lors des prochaines élections communales prévues en 2027.

Du côté des habitants, le projet suscite également des interrogations sur son impact économique et touristique. «Les habitants de la région ne sont absolument pas d’accord avec cette proposition, qui pourrait avoir des répercussions économiques et touristiques sur la ville», affirme Saad El Brouni, résident à Agadir.

Selon lui, le débat porte aussi sur le principe même de faire payer le stationnement dans des espaces considérés comme publics. «Le propriétaire d’une voiture, d’une moto ou même d’un vélo devra désormais payer pour stationner dans des espaces publics, alors qu’il s’acquitte déjà des différentes taxes qui lui sont imposées», ajoute-t-il.

Saad El Brouni s’interroge également sur le contexte dans lequel intervient cette décision. «Ce que compte faire Aziz Akhannouch lors de la session d’octobre est une mesure que nous considérons comme inacceptable», affirme-t-il, avant de questionner un éventuel lien avec les résultats du scrutin du 23 septembre 2026 dans le Grand Agadir.

Pour lui, la question dépasse toutefois le seul stationnement. Il appelle le conseil communal à tenir compte de l’évolution que connaît la ville depuis plusieurs années et des efforts engagés pour renforcer son attractivité.

«Le conseil communal doit assumer sa responsabilité envers une ville qui a commencé à sortir de sa marginalisation et à retrouver son dynamisme», conclut-il, faisant référence à la visite royale du 4 février 2020, au cours de laquelle plusieurs conventions avaient été signées pour accompagner les projets de développement et de mise à niveau d’Agadir.

L’habitant souligne enfin l’importance de ces investissements dans la transformation de la ville et de son image touristique, devenue ces dernières années l’une des vitrines de la région Souss-Massa.

Par M'hand Oubarka
Le 04/10/2026 à 10h32