La reprise d’Agadir, Santa Cruz do Cabo do Guer d’Agua de Narba, de l’occupation portugaise, en 1541, est-elle l’acte fondateur de la dynastie saâdienne (ou Zaydanide) comme le présentent les annales de l’histoire? Un récit cousu à l’ombre de l’écriture coloniale de l’histoire de l’Afrique, dans le sillage des fameuses «sociétés de géographie».
Et Quid du rôle du Sahara marocain dans la genèse de l’État Saâdien, ed-Dawla Tagmadartiya, comme s’enorgueillissent à l’appeler les gens du sud, en référence à ses origines de Tagmadart de l’Oued Dra’, foyer et centre du pouvoir des Saâdiens?
Une relecture attentive des chroniques de l’époque, tant marocaines (la Description d’Ibn al-Wazzan -Léon l’Africain-, al-Manahil d’al-Fishtali, Nouzhat d’al-Ifrani, …), que portugaises (la Description de Fernandes, la Chronique de Zurara, l’Esmeraldo de Pereira, etc.) et espagnoles (la Description de Carvajal, la Relation de Torres, l’Histoire de Viera, etc.) décèle le rôle constituant de la côte atlantique saharienne dans la conquête du pouvoir par les Saâdiens.
En fait, depuis l’irruption, au milieu du 11ème siècle, des Almoravides, Imazighen Iznagen du Sahara atlantique, qui ont donné au Maroc le statum Imperium et l’harmonie doctrinale malékite, le Maroc saharien, Soūs al-Aqça, avec ses trois compartiments, l’arc anti-atlassien, les Grands Oueds et les étendues désertiques, guide le cours de l’histoire marocaine.
Au 15ème siècle, centenaire crucial dans l’histoire du Maroc, la compétition effrénée entre puissances ibériques, en passe de se partager le Nouveau monde, pour l’occupation des côtes marocaines, entrecoupe la fin de règne des Mérinides/Wattassides acculés dans le «Royaume de Fès» alors que des régions entières se sont soulevées contre l’inertie du pouvoir central. Au nord, fleurissent les Corsaires, Banu Rashid à Chefchaouen et al-Mandari à Tétouan; au centre, Marrakech, l’autre capitale de l’Empire, est sous l’emprise des Hantatas.
Saqiya al-Hamra, foyer de la défense de l’intégrité territoriale du Maroc
À l’abri du majestueux Haut Atlas, le Maroc méridional, de Soūs à Saqiya al-Hamra, est traversé, en cette deuxième moitié du 15ème siècle, par un élan patriotique œuvrant pour la réunification du pays et la défense de son intégrité territoriale, promu par les Zaouïas et inspiré des idéaux réformistes d’Al-Jazouli (Dala’il al-Khayrate), de Zarrouq al-Fassi (Anthologie de poèmes composés), et d’al-Ozfi es-Sabti (Les interprétations), qui devra porter au pouvoir le Chérif de Tagmadart, Mohamed al-Qaim.
Trumelet indique dans «Les Saints de l’Islam», rédigé en 1881, que «des Maures chassés d’Espagne après la prise de Grenade, se seraient réfugiés dans la Seguiet el Hamra, de la confrérie de Qadiriya; mystiques et lettrés, animés d’une foi ardente, pour y porter le flambeau de l’Islam», tandis que Féraud relève dans son opuscule sur «Les Chorfas du Maroc», publié en 1877, l’étendue d’ancrage de la croyance populaire selon laquelle «Moulay Driss, reconnu Sultan, se transporta à Sāqiya al-Hamra à l’extrémité du Maroc, et depuis, l’Islamisme commença à briller sur le Maroc.»
Dakhlia constate, à cet égard, qu’«il n’y a pratiquement pas de Saint au Maghreb qui ne se réclame de Sakia al-Hamra.»
La tradition saharienne fait remonter aux dernières décades du 15ème siècle l’installation des Saint Marabouts - fondateurs des tribus sahariennes dans la Saqiya al-Hamra provenant du nord du Maroc sous les auspices des Sultans mérinides, notamment Sidi Mohammed el-Kounti, Sidi Ahmed Laâroussi, Ouled Bou Sbaâ, Sidi Ahmed Bou Ghenbour (Ouled Tidrarin), Sidi Ou-Hassoun (Yaggout) et Sidi Ahmed R’gueibi… aux fins d’y encadrer la mouvance tribale, amazighe et arabe, dont la fusion donnera naissance à la société hassanie.
Tagāwust (Ksabi), Capitale du Sahara saâdien
L’une des rares sources directes de cette période parcimonieuse en documentation historique, le Voyageur-Universaliste Hassan Ibn al-Wazzane, Léon l’Africain, a effectué deux séjours dans les provinces sahariennes, en 1513 et 1515, en tant qu’Émissaire des Mérinides auprès des Saâdiens, livre des enseignements précieux sur la géographie humaine et la vie économique animée du Sahara atlantique durant cet épisode de longue agonie des Mérinides/Wattassides et de l’ascendance laborieuse des Saâdiens.
Ibn al-Wazzane met en relief la dimension métropolitaine de Tagāwust, chef-lieu de la région du Sahara, «une grande ville, la plus importante qu’on trouve au Soūs. Elle fait 8.000 feux», soit 40.000 habitants, alors que les deux -futures- capitales saâdiennes, Tidsi et Taroudant, ne comptent, respectivement, que «4.000 feux» ou 20.000 habitants et «3.000 feux» ou 15.000 habitants.
Mármol Carvajal met en relief l’omniprésence de la communauté juive et son vaste réseau saharien d’artisans-négociants, «200 maisons juives à Teijeut, plus de 300 à Tagāos et 1.000 à Taroudant», villes interconnectées via Ifrane de l’Anti-Atlas, foyer de la plus ancienne population hébraïque du Maroc.
Pereira note que Tagāwuṣt, «grand marché d’or», a supplanté, comme port caravanier du Sahara atlantique, Nūl Lamta, capitale méridionale des Almoravides et leur atelier de référence de fabrication d’armes et de frappe de la monnaie d’or; deux attributs de souveraineté par excellence.
Almeida Mendes indique, dans «Les Portugais et le premier Atlantique (15ème et 16ème siècles)», que «La monnaie d’or musulmane est utilisée dans 90% des transactions commerciales entre la péninsule Ibérique et le Maghreb». «El Moravide», la première monnaie d’or de la Castille (Espagne), émise par le Roi Alphonse VIII (1158-1214), est restée monnaie courante pendant huit siècles.
R’hamna, la tribu saharienne précurseuse du Makhzen saâdien

Le fondateur de la dynastie saâdienne, le Chérif Mohamed al-Qaim, investi de la Bay’a -Allégeance souveraine-, à Tidsi en 1511, a dû se retirer dans son bastion saharien, à Tagmadart, Oued Dra’, suite à la défection de «nombreuses tribus de régions lointaines», signale Rosenberger dans «Le Portugal et le sud du Maroc: Contacts et conflits (15ème-18ème siècles)», déçues par l’échec du premier assaut contre le château du Cap de Gué, à partir duquel les Portugais harcelaient les tribus du Soūs et du Sahara dans leur prétention de pénétrer l’intérieur du pays aux fins d’y mettre la main sur le commerce caravanier.
Les chroniques portugaises indiquent que le Sultan Mohamed al-Qaim a envoyé, en 1517, une Harka, pour «se procurer de l’or», auprès des R’hamna, l’une des cinq fractions des Ouday Dhwi Hassan, qui nomadisent dans les parcours pastoraux du Haut Sahara occidental et y contrôlent les routes caravanières, «de Massa à Tombouctou».
La politique saharienne et sahélienne des Saâdiens est raffermie par le Sultan Mohamed Cheikh, qui mène, en 1544, une grande Mahalla à la tête de 18.000 cavaliers aux confins de la Saqiya al-Hamra auprès de «la puissante tribu» des R’hamna, au cours de laquelle il enrôle 10.000 cavaliers de la tribu, avant qu’il ne réinstalle ses membres au nord de Marrakech, dans la région qui porte depuis son nom, R’hamna, témoigne Marmol Carvajal, captif des Saâdiens dans sa «Description de l’Afrique».
Dziubinski souligne, dans «L’armée marocaine de la dynastie saadienne», que le Sultan polyglotte, Abd al-Malik, de mère r’hamnienne, initiateur de l’organisation professionnelle de l’armée, a amorcé, à partir de ce premier noyau r’hamnien, l’intégration des tribus sahariennes dans le Makhzen.
L’historien Nabil Mouline, auteur de l’œuvre monumentale «Le Califat imaginaire d’Ahmad al-Mansûr. Pouvoir et diplomatie au Maroc au 16ème siècle», estime que le Makhzen, dont les manifestations primaires remontent, au moins, aux almoravides, a pris le format pérenne d’«appareil politico-administratif structuré» depuis l’époque saâdienne, plus précisément sous le règne du Sultan Moulay Ahmed Al-Mansour ed-Dahbi.
Un siècle après, le Sultan Moulay Ismail, de mère saharienne, Mbarka bent Yark, et dont l’épouse saharienne, la Princesse Lalla Khnatha bent Bakkar ,est la mère de la lignée dynastique alaouite, a conféré aux contingents sahariens de l’armée chérifienne, communément appelés Guich Oudaya, le statut de l’avant-garde.
L’attachement des Sultans Saâdiens à l’exercice direct de leur souveraineté sur le Sahara s’est matérialisé dans l’utilisation des trois voies qui composent le corridor occidental transsaharien pour mener Mahallas et Harkas. Moulay Ahmed Laârej a emprunté la piste riveraine de l’Atlantique, qui relie Tagāwust à Awlil (Mauritanie). Moulay Mohamed Cheikh a pris l’axe central du Triq Lamtoūni, allant de Tagāwust aux Salines d’Ijil (Mauritanie) et de Teghazza (Mali), à travers Oued Dra’, al-Farsiya (nord-est de l’actuelle Smara) et Zemmour. Moulay al-Mansour ed-Dahbi a choisi l’aile orientale de Triq Lamtoūni, partant du Haut Dra’, Qsar Assa, Guelta Ez-Zak, al-Farsiya, les Hamadas pour atteindre Tombouctou (Mali) et la boucle du Niger.
Rivalité luso-espagnole pour l’occupation de la côte saharienne marocaine (15ème – 16ème siècle)
En pleine hostilité ibérique pour implanter des présides dans les côtes méditerranéenne et atlantique de l’Empire marocain, le Portugal avait pris une longueur d’avance, en occupant dès 1415 «Ceuta, … le port le plus riche du Maroc des Mérinides, véritable carrefour des routes de caravanes de l’or et des esclaves en provenance de l’Afrique noire et des routes des épices et de la soie en provenance d’Orient et port d’exportation vers le Portugal et l’Europe du blé, du sel et du cuivre.» (Guy Martinière. Le Portugal à la rencontre des «trois mondes»)
Les portugais franchissent, en 1434, le Cap Bojador et, en 1436, Rio de Ouro -un toponyme qui exprime les expectatives portugaises des premiers trocs d’or avec les tribus autochtones, «Os Azenegues»-, construisent en 1445 leur premier établissement en Afrique, à Arguin en Mauritanie.
Le Portugal tire profit de ses forteresses occupées à Safi, en 1481, et à Azemmour, en 1486, pour s’infiltrer à Massa, en 1497, et au Cap de Gué (Agadir), en 1505, à partir desquelles il tente d’étendre son emprise sur l’hinterland saharien et, par conséquent, sur le commerce caravanier de l’or et du sel.
«Cinquante ans après le parachèvement de l’intégrité territoriale du Royaume, suite à la Marche verte, la région du Sahara regagne sa place vitale dans la carte géopolitique du Maroc du 21ème siècle, à l’aune de la vision clairvoyante, de l’initiative audacieuse et du chantier ambitieux de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Que Dieu L’assiste.»
— Sidi Mohammed Biedallah
En réaction, l’Espagne (la Castille), qui avait annoncé en 1449 l’occupation d’«une terre nouvellement découverte au-delà de la mer, par le travers des Canaries, … qui va depuis le cap d’Aguer jusqu’à la terre et au cap de Bojador, avec deux rivières dans ses limites dont l’une s’appelle la Mar Pequeña...», construit, en 1476, la tour de Santa Cruz de la Mar Pequeña, premier édifice espagnol sur le sol africain, et confère, en 1491, au Gouverneur des Îles Canaries le titre de «Capitaine général de Cap de Gué au Cap Bojador». (Th. Monod. Notes sur George Glas (1725-1765))
Les Rois Catholiques ont entrepris les premières actions de la «Reconquista» de territoires de l’Empire marocain à partir des Îles Canaries, en s’appuyant sur trois forteresses côtières dans le Sahara marocain, la première, Santa Cruz de la Mar Pequeña (reconstruite en 1499 après sa démolition par les Chérifs -Saâdiens- en 1490), la deuxième, San Miguel d’Assaka, sur l’embouchure de l’Oued Noun, en 1500, alors que le troisième projet, sur l’Oued Massa, fut abandonné.
Malgré les engagements pris dans plusieurs accords (Traités d’Alcáçovas de 1479, de Tordesillas de 1494 et de Sintra de 1509) ainsi que dans les bulles pontificales de 1454 et de 1493, la compétition ibérique est restée aiguillée, en première instance, par les postulats du premier occupant et du fait accompli.
Reprise de la Mar Pequeña (Tarfaya), en 1490, acte fondateur des Saâdiens
L’investiture des Saâdiens est le produit de leur ascension au sein du mouvement de résistance saharien contre l’occupation des côtes atlantiques par les deux puissances ibériques, dont les convoitises expansionnistes sur le territoire marocain s’intensifiaient à mesure de l’évolution des grandes inventions maritimes et du déclin des Mérinides/Wattassides.
Les tribus sahariennes qui «recevaient argent et approvisionnement de Rois de Fès, (…) essayaient presque chaque année de démolir le fort de Mar Chica et d’en chasser (les occupants)», le premier affrontement armé sérieux entre autochtones et occupants étant survenu en 1479, précise Viera y Clavijo, fondateur de l’historiographie canarienne, dans l’«Histoire des Iles Canaries».
En 1490, le Capitaine de la tour de Santa Cruz de la Mar Pequeña, Jofre Tenorio a envoyé une dépêche d’alerte à ses supérieurs à travers laquelle il les avertit qu’un «chérif (saâdien) qui résidait dans un château situé sur une colline, à une courte distance de cette forteresse, un lieu appelé Tagumadert, et appartenant à la province de Dra’, assiégeait la forteresse. Il y amenait plus de 3.000 lances et plus de 10.000 Maures à pied, sans compter plus de 2.500 lances envoyées en avant-garde sous le commandement (d’un sien capitaine arabe nommé Adial)». (Alcalá Valiano. Santa Cruz de Mar Pequeña. 1879)
La libération de la forteresse de la Mar Pequeña, en 1490, a constitué, donc, le fer de lance des Saâdiens dans leur marche vers la conquête du pouvoir.
L’Espagne a reconstruit le fort de la Mar Pequeña en 1496, et annoncé, à cet égard, l’instauration d’une zone d’influence, ayant pour capitale Tagāwost, allant de l’Oued Massa aux confins du Sahara, en 1499.
Le Sultan Mohamed Cheikh libère définitivement la forteresse de la Mar Pequeña, en 1524, après l’avoir assiégée par un «grand nombre de forces armées», sans que «les espagnols ne reviennent à le réédifier».
Mar Pequeña, alibi pour la colonisation du Sahara marocain aux 19ème - 20ème siècles
Quatre siècles après l’acte de sa libération, la tour de la Mar Pequeña est de nouveau l’alibi qui sera invoqué par l’Espagne dans ses convoitises territoriales au Maroc, sous le prétexte de l’existence d’un paragraphe, glissé dans le Traité de Tétouan de 1860, qui engageait l’Empire chérifien à concéder «sur la côte de l’océan, près de Santa Cruz la Pequeña, le territoire suffisant pour la formation d’un établissement de pêcherie, comme celui que l’Espagne y possédait autrefois.»
Ce nouveau chapitre de l’histoire de la Mar Pequeña a mis à rude épreuve la notoriété d’invincibilité qui immunisait l’Empire chérifien -seul État existant dans la région à la veille de l’entreprise coloniale-, contre la pression européenne, mais que vient d’écorner le traité de Tétouan de 1860, après la bataille de Wad-Ras, et celui de Lalla Maghnia (Lalla Marnia) de 1845, après celle d’Isly.
Le Sultan Moulay Hassan Ier, qui a pris à bras le corps une résistance inlassable pour la préservation de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale de l’Empire chérifien, traduite par les dix-neuf Mahallas menées en vingt-et-un an de règne, notamment celles dans les Provinces du Sud, en 1880 et 1882, où le Souverain Alaouite a procédé à la nomination de Qadis, de Gouverneurs et de Caïds, ces derniers sont chapeautés par un «Grand Caïd nommé parmi ceux de la Cour Sultanienne».
Les Chouyoukhs des tribus sahariennes, conduits, comme la dicte la doctrine Malékite, par l’Ulema Mohamed Ben Sidi Youssef Ben Abdelhay el-Barbouchi, Qadi des R’gueibat, ont organisé, durant le mois sacré du Ramadan 1299 de l’Hégire (1882), une cérémonie, rendue célèbre dans la mémoire collective, pour le renouvellement de l’acte souverain de la Bay’a -Allégeance souveraine- au Sultan Alaouite.
La résistance marocaine conduite par les Souverains Alaouites, dont les lettres de noblesse se manifestent dans l’art sybillin de nourrir la rivalité et l’indécision entre puissances coloniales, ce qui a permis la préservation de la souveraineté nationale du Maroc - l’Empire chérifien n’ayant été soumis qu’un régime de protectorat - et l’inclusion dans tous les traités internationaux de paragraphes portant sur la reconnaissance explicite de la marocanité du Sahara par les différentes puissances coloniales.
Sa Majesté le Roi Mohammed VI Redonne au Sahara sa vocation africaine et atlantique
Cinquante ans après le parachèvement de l’intégrité territoriale du Royaume, suite à la Marche verte, la région du Sahara regagne sa place vitale dans la carte géopolitique du Maroc du 21ème siècle, à l’aune de la vision clairvoyante, de l’initiative audacieuse et du chantier ambitieux de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Que Dieu L’assiste.
Le nouveau modèle de développement des Provinces du Sud, de plus de 80 MM Dhs (8 MM$), lancé en 2015, par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Que Dieu le Glorifie, participe de cette volonté royale de restituer au Sahara marocain sa centralité d’antan dans la géoéconomie du Maroc, moyennant la relance de sa vocation sahélienne, africaine et atlantique.
Une projection de dimension continentale, qu’égrènent les initiatives panafricaines mises en orbite par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Que Dieu L’assiste, notamment le groupe des Pays africains riverains de l’Atlantique, le mécanisme d’accès des pays du Sahel à l’Atlantique et le mégaprojet du Gazoduc Maroc-Nigeria.
Elle va de pair avec le nouveau tournant que connaît le dossier du différend régional créé artificiellement autour de l’intégrité territoriale du Royaume, marqué par la décision du Président américain Donald Trump, en décembre 2020, de reconnaître la marocanité du Sahara et d’appuyer l’initiative marocaine d’autonomie en tant que seule et unique voie pour mettre fin à ce différend régional artificiel, suivie de prises de positions similaires de l’Espagne en 2022, de la France en 2023, et d’une majorité absolue, de plus en plus englobante, des puissances influentes et de la communauté internationale.
Une adhésion internationale qui trouve également sa traduction dans la densité croissante du réseau consulaire dans les villes de Dakhla et Laâyoune et dans l’envolée des investissements directs étrangers et du commerce interafricain à travers les provinces du sud dont bénéficient principalement les filières liées à l’intégration africaine, à la mise en valeur du capital humain et à la promotion de l’énergie renouvelable et du développement durable.
Pays doublement côtier, assumant, de surcroît, une responsabilité directe dans la gestion et la sécurité du détroit de Gibraltar, le Maroc, pense le Port Dakhla Atlantic en tant que plateforme d’interconnexion avec le Sahel, l’Afrique de l’Ouest et l’ensemble transatlantique, et le prépare à constituer, ainsi, avec Tanger-Med, figurant dans le Top 20 mondial et Nador, un triptyque portuaire qui consacrera le rang mondial du Maroc dans la gestion des routes maritimes et des détroits, enjeu principal du nouvel ordre international, en construction.
La marocanité du Sahara se confond avec l’histoire millénaire du Maroc, au sein de laquelle l’ensemble saharien a su, et sait être un acteur décisif dans la destinée de l’État-Nation.
Une fierté d’appartenance que le déroulement des événements ne fait qu’enraciner davantage comme L’exprime Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Que Dieu Le glorifie, dans le Discours de l’ouverture de l’année législative, le 09 octobre 2026: «Le Maroc, l’une des nations les plus prestigieuses et les plus anciennement constituées du monde, prospère sous la houlette de l’une des plus anciennes monarchies de l’histoire. Sous l’égide de la Commanderie des Croyants, les Marocains ont tout à fait raison de se sentir fiers de l’authenticité de notre identité religieuse, ainsi que de la singulière richesse de leur civilisation aux affluents divers et multiples.»




