La représentation féminine au Parlement marocain connaît une nouvelle progression à l’issue des élections législatives de 2026. Au total, 107 femmes devraient siéger à la Chambre des représentants, selon les résultats provisoires disponibles. Un chiffre qui mérite toutefois d’être analysé au-delà de sa seule dimension quantitative, puisqu’il recouvre deux réalités électorales distinctes: 90 députées ont été élues dans le cadre du mécanisme réservé aux femmes, alors que 17 autres ont décroché leur siège directement dans les circonscriptions locales, au terme d’une compétition avec les candidats masculins, indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du mardi 29 septembre.
Cette évolution marque une nouvelle étape dans la trajectoire de la représentation politique des femmes au Maroc. Elle témoigne d’abord de l’efficacité du mécanisme institutionnel mis en place pour garantir une présence féminine minimale au sein de la Chambre des représentants. Mais elle révèle également une autre dynamique, plus significative encore sur le plan politique: la progression du nombre de femmes capables de s’imposer directement dans les circonscriptions locales, sans bénéficier du dispositif de quota.
Le nombre de femmes directement élues dans les circonscriptions locales passe de six à 17. Cette hausse de 11 députées ne doit toutefois pas être interprétée comme une simple augmentation arithmétique. Elle traduit aussi un déplacement progressif du centre de gravité de la représentation féminine. Si le mécanisme de quota demeure déterminant, l’accès des femmes aux sièges issus des circonscriptions locales gagne du terrain. Or, cette voie constitue l’une des expressions les plus directes de la capacité des candidates à affronter la compétition électorale sur un pied d’égalité avec leurs adversaires masculins, lit-on dans Al Ahdath Al Maghribia.
Le contraste est particulièrement révélateur lorsqu’on examine les résultats circonscription par circonscription. Dans certaines zones, des candidates ont réussi à s’imposer dans des compétitions électorales particulièrement disputées, confirmant que la présence féminine ne se limite plus aux espaces institutionnels spécifiquement aménagés pour elle.
Les chiffres des candidatures permettent également de mesurer l’ampleur de cette évolution. Lors des élections législatives de 2026, 2.658 femmes se sont portées candidates, dont 1.783 dans les circonscriptions locales, contre 875 candidates dans le cadre du dispositif réservé. Dans les circonscriptions locales, leur nombre a ainsi plus que doublé par rapport à 2021, lorsqu’elles n’étaient que 1.216 candidates.
Cette progression de la candidature féminine est d’autant plus significative qu’elle intervient dans un contexte où l’accès aux mécanismes réservés ne constitue plus la seule porte d’entrée vers le Parlement. Les 17 femmes élues directement dans les circonscriptions locales représentent certes une minorité du total des députées, mais leur nombre a presque triplé en cinq ans.
La comparaison avec le scrutin de 2021 est, à cet égard, particulièrement éclairante. À l’époque, seules six femmes avaient réussi à décrocher un siège dans les circonscriptions locales. Cinq ans plus tard, elles sont 17. La hausse est donc importante, même si elle reste insuffisante pour modifier fondamentalement la configuration de la représentation parlementaire.
Derrière ces résultats se pose une question plus large: celle de la capacité des femmes à conquérir durablement une place dans la compétition électorale classique. Car si le quota garantit un seuil de représentation, il ne règle pas nécessairement la question de l’ancrage politique des candidates dans leur territoire, de leur capacité à construire une base électorale et à s’imposer à l’intérieur même de l’appareillage politique.




