Paiements par carte au Maroc: Bank Al-Maghrib abaisse les frais d’interchange

Un terminal de paiement électronique (TPE).. LDProd

Revue de presseAlors que le marché marocain opère sa transition vers un modèle multi-acquéreurs, la banque centrale réduit le plafond des commissions d’interchange à compter du 1er octobre. Elle introduit également un taux préférentiel pour le commerce de proximité et les paiements au gouvernement afin de stimuler l’inclusion financière. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Eco.

Le 28/09/2026 à 20h21

Le paysage marocain du paiement par carte franchit une nouvelle étape dans sa mutation structurelle. À compter du 1er octobre, le plafond des frais d’interchange applicables aux transactions domestiques passera de 0,65 à 0,50% de la valeur de chaque opération. Cette baisse marque un nouveau tournant dans la politique menée par Bank Al-Maghrib. «Elle s’accompagne d’une mesure incitative pour certains secteurs clés: le taux sera abaissé à 0,15% pour les paiements au gouvernement ainsi que pour les activités relevant du commerce de proximité», indique le quotidien Les Inspirations Eco du 29 septembre.

Pour mesurer la portée de cette décision, il convient de rappeler le rôle de l’interchange dans la chaîne des paiements. Cette commission correspond à la part reversée par la banque acquéreuse, celle qui contracte directement avec le commerçant, à l’établissement émetteur de la carte bancaire. Elle constitue ainsi l’une des principales composantes du coût supporté par les commerçants pour accepter les paiements électroniques. Amorcée en octobre 2024 avec un premier plafonnement à 0,65%, préconisé par le Conseil de la concurrence, cette régulation tarifaire se poursuit aujourd’hui dans un marché en pleine mutation.

Cette nouvelle baisse intervient dans un contexte de profonde refonte concurrentielle. À la suite des engagements pris par le Centre monétique interbancaire (CMI) et ses banques actionnaires, le marché marocain a tourné la page du modèle historique reposant sur un acquéreur unique. «Le CMI s’est retiré de l’activité d’acquisition pour se concentrer sur son rôle de plateforme technique de traitement, neutre et équitable. De nouveaux acteurs agréés, dont des établissements de paiement et des filiales bancaires dédiées, déploient désormais leurs propres offres depuis mai 2025», écrit Les Inspirations Eco.

Cette transition vers un modèle multi-acquéreurs produit déjà ses premiers effets. Selon un récent bilan dressé conjointement par Bank Al-Maghrib et le Conseil de la concurrence, l’ouverture à la concurrence s’est traduite par une diversification de l’offre commerciale et une baisse notable des commissions d’acquisition payées par les commerçants. L’institut d’émission a accompagné les nouveaux entrants dans la sécurisation et la fiabilisation de leurs infrastructures, posant ainsi les bases d’un écosystème plus dynamique et rigoureusement encadré.

Si le nouveau plafond de 0,50% ne se traduira pas nécessairement par une baisse équivalente pour tous les commerçants, l’effort consenti en faveur des petits commerces traduit une volonté claire. En plafonnant l’interchange à 0,15% pour le commerce de proximité, les régulateurs ciblent le segment le plus réticent à adopter les solutions électroniques en raison de leurs coûts. En combinant régulation tarifaire et concurrence entre plusieurs opérateurs, ils cherchent à accélérer l’inclusion financière et à étendre durablement l’usage du paiement électronique à l’échelle du Royaume.

Par La Rédaction
Le 28/09/2026 à 20h21