Devant les deux chambres du Parlement réunies, le ministre des Finances Fouzi Lekjaa a d’emblée corroboré les déclarations de l’opposition selon lesquelles l’augmentation de l’aide publique directe à 1000 dirhams se fera progressivement sur 5 ans, période qui couvre le mandat de ce gouvernement, et non en une seule fois.
Néanmoins, le nouvel argentier du pays a reproché implicitement au PJD d’avoir fait fuiter cette nouvelle sans que la loi de Finances ne soit encore publiée. Fouzi Lekjaa a précisé que cette aide publique pour les personnes démunies augmentera à partir de janvier 2027 de 100 dirhams, atteignant un montant de 600 dirhams par personne, sur la base de nouveaux critères.
Il a par ailleurs confirmé que les salaires inférieurs à 10.000 dirhams nets seront exonérés d’impôt sur le revenu, mesure destinée à toucher un total de 87% des salariés du privé et du public, afin de protéger leur pouvoir d’achat.
Le nouveau budget, selon le ministère des Finances, augmentera l’enveloppe allouée à la Santé de 3 milliards pour atteindre 45 milliards de DH, ainsi que celui de l’Éducation nationale. «Cette loi intervient dans un contexte géopolitique marqué par des tensions», a estimé le ministre des Finances, selon lequel la croissance prévisionnelle en 2027 atteindra 3,7%, avec une limite du déficit budgétaire arrêtée à 3%. Selon lui, les investissements publics en 2027 se chiffreront au total à 400 milliards.
Fouzi Lekjaa a en outre incité le secteur privé à produire et investir, et invité notre commerce extérieur à s’exporter davantage. Interrogés, les députés de la majorité, dont Rahal Mekkaoui (Istiqlal) et Ahmed Abadi (PPS), ont salué les mesures énoncées dans cette loi de finances, et notamment celles qui visent la hausse du pouvoir d’achat: la facture d’électricité d’un montant unitaire de 100 dirhams, l’éducation, la santé et le logement locataire. Les deux chefs de groupes ont également salué la hausse des pensions de retraite à 1.700 dirhams et le relèvement des pensions des veuves à 100%.
Le député du PJD Abdessamad Haikar, élu à Casablanca, a quant à lui reproché au ministre des Finances d’avoir critiqué les mesures annoncées par le PJD au lieu de «mieux expliquer» sa Loi de finances. Il lui a également reproché d’avoir éludé la question de l’emploi, et l’annonce d’un million de créations d’emplois dans son programme électoral. «Pas un mot sur l’emploi», a-t-il persiflé.




