En cinq ans, le Maroc a formé plus de 400 observateurs électoraux africains, dont 95% ont été déployés sur le terrain lors de plusieurs missions d’observation de l’Union africaine, a fait savoir, ce lundi à Rabat, le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita. La 5ème édition du cycle de formation spécialisée pour les observateurs électoraux en Afrique s’est déroulée en présence de Bankole Adeoye, Commissaire de l’Union africaine aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité, et des ambassadeurs africains accrédités à Rabat.
Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a exprimé la fierté du Maroc d’être au service de l’Afrique car il s’agit, selon lui, «d’un demi-siècle de partenariat exemplaire entre le Royaume et le département des Affaires politiques, de la Paix et de la Sécurité de l’Union africaine». Il a rappelé que le Maroc a pu former en cinq ans pas moins de 400 experts de 53 pays. «Ce partenariat démontre par l’action que l’Afrique est capable de se réapproprier sa trajectoire démocratique».
Ce cycle est né d’une conviction profonde: «La démocratie africaine ne se consolidera que si elle est portée par des expertises africaines formées, indépendantes et pleinement engagées. Cette initiative, jugée audacieuse en 2022, s’est imposée aujourd’hui comme un cadre continental de référence reconnu et respecté». Nasser Bourita a félicité le Commissaire Bankole, dont le leadership et la disponibilité constante ont été «le socle de cette réussite collective».
Parmi les observateurs formés, 65% sont des femmes et 85% des jeunes, «deux forces vitales qui façonnent l’avenir de notre continent». Ces chiffres ont un impact concret puisque la quasi-totalité de ces experts ont déjà été déployés, contribuant au succès qualitatif de dizaines de missions de l’UA. «La crédibilité d’un processus électoral ne peut être pleinement garantie si elle exclut une partie de la population», a tenu à rappeler le ministre.
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Toutefois, Nasser Bourita a insisté sur l’impérative adaptation face aux enjeux contemporains. «À l’ère des infox, de la désinformation algorithmique et de l’intelligence artificielle, l’ingénierie de formation doit évoluer pour anticiper les menaces hybrides qui pèsent sur l’intégrité des scrutins. C’est tout l’objet de notre partenariat: actualiser nos modules afin que l’observateur africain soit mieux armé pour détecter les risques émergents», a-t-il précisé.
Face à ces impératifs, le ministre a annoncé le lancement de deux initiatives: la création du «Réseau des observateurs africains de Rabat», destiné à fédérer les lauréats et à favoriser le partage de bonnes pratiques, ainsi que l’élaboration du «Manuel de l’observateur électoral africain», un référentiel technique conçu par et pour les experts du continent. Alors que l’Union africaine s’apprête à superviser 17 scrutins dans 14 pays au cours de l’année 2026, Nasser Bourita a réaffirmé que le renforcement des capacités demeure le levier fondamental pour pérenniser la gouvernance démocratique en Afrique.




