Le déficit commercial se creuse malgré la résilience de l’automobile et du tourisme

Une vue du port de Casablanca

Revue de presseAu terme des quatre premiers mois de l’année 2026, le commerce extérieur marocain affiche un solde négatif en aggravation de 18,4%, sous l’effet d’une accélération soutenue des importations de biens d’équipement et de consommation. Si les performances de la filière automobile et l’excellent comportement des recettes touristiques et des transferts des MRE permettent de préserver les équilibres extérieurs, la pression sur la balance commerciale demeure entière. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 04/06/2026 à 19h09

Malgré une orientation positive des ventes marocaines à l’étranger, l’accélération soutenue des importations continue de peser lourdement sur la balance commerciale du Royaume. À la fin du mois d’avril 2026, les exportations ont affiché une progression de 8,7% pour s’établir à 168,9 milliards de dirhams. Cette performance reste toutefois insuffisante face à la vigueur des flux importés, qui ont bondi de 12,7% pour frôler la barre des 296 milliards de dirhams. «En conséquence, le déficit commercial s’est creusé de 18,4%, atteignant 127 milliards de dirhams contre 107 milliards un an plus tôt, tandis que le taux de couverture s’est replié de deux points pour s’établir à 57,1%», indique le quotidien L’Economiste dans son édition du vendredi 5 juin.

Cette dynamique exportatrice demeure portée par un nombre restreint de filières d’excellence, au premier rang desquelles figure l’automobile. Véritable locomotive du commerce extérieur, ce secteur a enregistré une croissance de 18,6%, principalement tirée par les activités de construction et de câblage, s’adjugeant à lui seul près des deux tiers de la hausse globale des exportations. L’aéronautique confirme également sa bonne santé avec une progression de 15,9%. «En revanche, cette dynamique contraste avec le repli d’autres secteurs clés, notamment les phosphates et dérivés, qui reculent de 1,5%, le textile et cuir, en baisse de 6,7%, ainsi que l’électronique et l’électricité, qui fléchissent de 3,5%», note L’Economiste.

Du côté des importations, la hausse ne s’explique que partiellement par l’évolution de la facture énergétique, qui s’est alourdie de 4,5 milliards de dirhams. L’essentiel de la poussée provient, en réalité, des biens d’équipement, en bond de 21,8%, soit 13 milliards de dirhams de plus, et des biens de consommation, en hausse de 15,2%. À eux seuls, ces deux postes représentent la majeure partie des approvisionnements supplémentaires de la période. Cette augmentation intègre, par ailleurs, des opérations exceptionnelles, à l’image du renouvellement de flottes aériennes, qui a propulsé les achats d’avions de 260 millions à 3,4 milliards de dirhams, bien que la demande pour les véhicules utilitaires et les composants aéronautiques reste structurellement solide.

Face à ce déséquilibre commercial, le tourisme et les transferts de fonds de la communauté marocaine résidant à l’étranger agissent comme de puissants stabilisateurs macroéconomiques. Les recettes touristiques ont ainsi bondi de 21,2% pour atteindre 44,4 milliards de dirhams, dégageant un solde net supérieur à 34,5 milliards de dirhams. Parallèlement, les envois des Marocains du monde ont progressé de 9,8% pour s’approcher des 40 milliards de dirhams.

Ensemble, ces deux piliers ont généré près de 84 milliards de dirhams de devises au cours des quatre premiers mois de l’année. Si cet apport crucial permet, pour l’instant, de préserver les équilibres extérieurs du pays, le rythme supérieur de croissance des importations par rapport aux exportations maintient une pression constante sur l’économie nationale.

Par La Rédaction
Le 04/06/2026 à 19h09