Arrivé au terme de son troisième mandat, Hassan Sentissi ne peut statutairement briguer un quatrième mandat à la tête de l’Asmex. Sa succession est donc engagée dans un contexte particulièrement tendu, marqué par des divergences profondes sur l’interprétation du règlement intérieur de la Confédération.
Le processus électoral avait pourtant été enclenché conformément aux statuts, avec un appel à candidatures ayant abouti à la présentation de trois profils: Adil Zaidi, président de la Fédération de l’automobile, Abdelaziz Mantrach, président de l’Association professionnelle des agents maritimes, consignataires de navires et courtiers d’affrètement (APRAM), et Sonia Mezzour, dirigeante d’un cabinet de conseil en financement institutionnel, sœur du ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour.
Contacté par Le360, Adil Zaidi affirme que les trois candidatures, dont la sienne, ont été dûment examinées puis validées par le bureau exécutif, avant d’être entérinées par le conseil d’administration réuni le 18 mai 2026.
Lors de cette réunion, dit-il, quatre résolutions majeures ont été adoptées: l’approbation des rapports moral et financier, la validation des trois candidatures en lice, ainsi que la convocation de l’assemblée générale élective fixée au 23 juin.
«Les résolutions ont été adoptées. On ne peut pas revenir sur une décision validée par le conseil d’administration», martèle Zaidi, pour qui le processus électoral suit son cours normal.
Lire aussi : CGEM: le binôme Tazi-Bachiri élu à plus de 91% des suffrages
Hassan Sentissi livre une tout autre lecture de la situation. Il justifie le report de l’assemblée par des manquements administratifs: «J’ai reporté l’assemblée générale élective parce que le secrétaire général n’a pas remis les documents à temps».
Avec l’aval des différentes parties prenantes, une commission ad hoc a été mise en place et doit se réunir le jeudi 4 juin. «C’est à elle de décider», indique Hassan Sentissi.
Le président sortant dépeint, par ailleurs, un climat particulièrement délétère lors du dernier conseil d’administration. «La réunion s’est tenue dans des conditions chaotiques, marquées par des tensions vives et des menaces», déplore-t-il.
Le nœud du différend: la notion d’«exportateur avéré»
Au cœur de la controverse figure l’interprétation de la notion d’«exportateur avéré», exigée par les statuts. Sentissi remet en cause l’éligibilité des trois profils. Redoutant un risque juridique, il s’interroge: «Voulez-vous que l’on me poursuive demain pour avoir transmis les clés de l’Asmex à un non-exportateur?»
Adil Zaidi conteste fermement la légalité du report décidé par le président sortant. «Il doit exécuter les résolutions du conseil d’administration, mais pas les annuler sans en convoquer un autre», affirme-t-il, soulignant que seul le conseil du 18 mai fait foi à ce jour.
Pour lui, la commission ad hoc n’a pas vocation à remettre en cause les décisions actées. «Elle a été créée pour améliorer les statuts pour le futur, pas pour revenir sur des résolutions adoptées», soutient-il.
S’appuyant sur le règlement intérieur, Zaidi rappelle que les trois candidats sont tous vice-présidents de l’Asmex, choisis en raison de leur expertise en exportation, conformément aux statuts et au règlement intérieur, notamment son article 17.
Sentissi remet en cause cet argument juridique, reconnaissant avoir lui-même intégré des profils diversifiés parmi les vice-présidents, dont un médecin et un fonctionnaire dans une commune. «Je les ai désignés à la demande des membres pour enrichir l’association», explique-t-il.
Lire aussi : Mécanisme d’ajustement carbone: les exportateurs appelés à agir sans délai
Alors que Sentissi confirme son départ à l’issue de son mandat le 30 juin, le flou demeure quant à la tenue effective de l’assemblée générale élective.
«Normalement, elle doit se tenir le 23 juin et élire un nouveau président. C’est cela, la démocratie», insiste Zaidi, appelant au respect des procédures.
À supposer que la commission ad hoc statue demain, jeudi, en faveur du rejet des trois candidatures, que fera-t-on? «On lancera à nouveau un appel à candidatures pour chercher de vrais exportateurs», répond Sentissi.
Ce dernier affirme également vouloir se retirer pour ne pas entraver le processus. «Comme ça, on ne dira pas que je mets des bâtons dans les roues», dit-il.




