À quelques heures de l’ouverture de la 29e édition du Festival de Fès des musiques sacrées du monde, un développement judiciaire majeur est venu marquer l’actualité de cet événement culturel d’envergure. Le tribunal de première instance de Fès a en effet rendu son verdict dans l’affaire impliquant Abderrafie Zouiten, président de la Fondation esprit de Fès, organisatrice du festival. La juridiction l’a condamné à deux ans de prison avec sursis, assortis de la confiscation de ses biens et avoirs au profit de l’État, dans une décision intervenue au moment même où les préparatifs du festival entraient dans leur phase finale.
Ce jugement a été prononcé alors que l’intéressé participait, la veille, à une visite de terrain consacrée aux derniers réglages organisationnels et logistiques de la manifestation. Cette tournée, effectuée en présence d’une délégation officielle conduite par le wali de la région Fès-Meknès, s’est déroulée sur le site emblématique de Bab Makina, appelé à accueillir la cérémonie d’ouverture.

La décision émane de la chambre des crimes financiers près le tribunal de première instance de Fès. Outre Abderrafie Zouiten, plusieurs autres personnes poursuivies dans le même dossier ont été condamnées, dont Faouzi Skali, ancien directeur du festival. Tous ont écopé de deux ans de prison avec sursis et d’une amende ferme de 100.000 dirhams chacun.
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La juridiction a également ordonné la confiscation des biens immobiliers acquis après le 3 mai 2007, à hauteur des parts détenues, tout en levant les mesures de saisie concernant les biens acquis avant cette date, sauf s’ils font l’objet d’autres procédures judiciaires. Les avoirs mobiliers saisis ainsi que les comptes bancaires ont, eux aussi, été confisqués au profit de l’État et du Trésor public.

Cette affaire trouve son origine dans une plainte déposée par trois membres de la Fondation esprit de Fès, à savoir le trésorier, le secrétaire général et un membre du conseil d’administration. Les plaignants avaient soulevé plusieurs dysfonctionnements présumés dans la gestion de la fondation, évoquant notamment des dépenses liées à la location d’un avion privé, ainsi que d’autres irrégularités d’ordre administratif et financier.
Il convient de rappeler que ce dossier judiciaire n’en est pas à son premier épisode. En 2023, la chambre criminelle de deuxième degré chargée des crimes financiers près la Cour d’appel de Fès avait déjà condamné Abderrafie Zouiten à une peine d’un an de prison avec sursis et à une amende de 20.000 dirhams, dans une affaire également liée à la gestion de la fondation organisatrice du festival.




