Maîtres de leurs mains, maîtres de leur destin?

Des facettes de l'artisanat marocain.

TribuneLes artisans de Fès face aux tempêtes du monde: contrepoint aux Rencontres de Fès. Par Mohamed Métalsi, urbaniste, chercheur en patrimoine et docteur en Esthétique. Ancien directeur des actions culturelles de l’Institut du monde arabe (IMA) de Paris.

Le 03/06/2026 à 09h03

Dans un atelier de la rue Talâa Kbira, un jeune homme de vingt ans regarde son téléphone entre deux coups de ciseau sur la feuille de cuivre. Son maître, assis en tailleur depuis l’aube, ne lève pas les yeux. Le geste continue, précis, millimétré, comme il l’a été hier, comme il le sera demain. Deux mondes coexistent dans cet espace de quelques mètres carrés, séparés non par une génération mais par une conception radicalement différente de ce que signifie savoir faire quelque chose.

Les Rencontres de Fès ont cette vertu rare de poser, année après année, les vraies questions: comment un patrimoine survit-il au temps, aux modes, aux pressions du monde? Comment une ville comme Fès garde-t-elle son âme quand tout, autour d’elle, pousse à la vitesse, à la standardisation, à l’oubli? Ce sont des questions difficiles, et le mérite de les poser collectivement n’est pas mince.

Ce contrepoint ne vient pas contredire ce débat -il voudrait l’approfondir. Car entre les intentions que nous partageons tous et la réalité des souks, entre ce que nous voulons protéger et ce que nous protégeons vraiment, il existe une distance que l’amour du patrimoine, précisément parce qu’il est sincère, nous rend parfois difficile à mesurer. C’est cette distance-là qui mérite d’être regardée- sans complaisance, mais sans procès.

La question n’est pas de savoir si les artisans de Fès méritent notre admiration. Ils la méritent. Elle est plus nuancée: qu’ont-ils réellement fait, et que n’ont-ils pas pu faire, pour conserver ce patrimoine que nous voulons tous sauver? Dans ce monde de mondialisation accélérée et de révolutions technologiques successives qui broient tout sur leur passage, la médina résiste-t-elle ou capitule-t-elle, parfois malgré elle?

I. La main qui pense: ce que les artisans de Fès ont su préserver

Le sociologue américain Richard Sennett, dans son maître ouvrage The Craftsman (2008), a posé une thèse qui dérange nos certitudes modernes: la main qui travaille ne fait pas qu’exécuter, elle réfléchit. L’artisan n’est pas l’opposé de l’intellectuel. Il en est la version la plus honnête, celle qui soumet sa pensée à l’épreuve immédiate de la matière. Un plâtre qui s’effrite, un bois qui résiste, un cuir qui se rétracte: autant de réponses du réel qui obligent la main à corriger, adapter, comprendre. Cette intelligence incarnée, Fès l’a préservée là où le monde industriel l’avait abandonnée.

La relation mâallem-sani’, une pédagogie irremplaçable

Le système de transmission maître-apprenti (mâallem et sani’ en arabe dialectal marocain) est peut-être la réalisation la plus extraordinaire de l’artisanat fassi. Non pas parce qu’il est ancien, mais parce qu’il est efficace d’une façon que nulle école ne peut reproduire. Le geste juste ne s’explique pas: il se montre, se répète, se corrige en silence. La pression exacte sur le burin, l’angle précis de la lame dans la nacre, la tension du fil de soie sur le métier à tisser, tout cela appartient à ce que les philosophes appellent le savoir tacite, ce que l’on sait faire sans pouvoir le dire.

Les zelligeurs de Fès en sont l’exemple le plus saisissant. Leur art -découper à la main des fragments d’émail coloré pour composer des mosaïques géométriques d’une précision vertigineuse- repose sur une connaissance des formes, des angles et des symétries que ses praticiens n’ont jamais formalisée dans un traité. Elle vit dans les mains du mâallem, passe dans celles de l’apprenti après des années d’observation et de répétition, et nulle part ailleurs. Des générations de mâallem de zelliges ont ainsi traversé les siècles, portant dans leurs corps une géométrie que les mathématiciens contemporains ne sont parvenus à décrire formellement qu’à la fin du XXème siècle.

Des matériaux qui dictent leur propre loi

Ce qui frappe dans les ateliers de la médina, c’est le dialogue permanent entre l’artisan et sa matière. Le cèdre de l’Atlas, travaillé dans les menuiseries de la place Seffarine depuis des siècles, impose ses propres conditions: ses nœuds, ses fibres, sa résistance variable selon l’humidité. Le cuir de la tannerie Chouara, traité à la chaux et aux pigments naturels selon un procédé inchangé depuis le Moyen Âge, se prête à certaines coupes et en refuse d’autres. Le plâtre ciselé des riads, le stuc des palais, réclament une main qui sache lire dans la matière fraîche le moment exact où elle devient travaillable.

Ces contraintes ne sont pas des archaïsmes. Elles sont, précisément au sens de Sennett, ce qui fait penser la main. L’artisan fassi qui travaille le cuivre repoussé n’applique pas une formule: il dialogue avec un métal dont chaque feuille a ses propres qualités. C’est cette dimension de négociation permanente avec le réel qui rend l’artisanat de Fès irréductible à la simple reproduction industrielle -et c’est ce que ses praticiens ont su, souvent sans le théoriser, maintenir vivant.

La médina comme mémoire spatiale

Il est un patrimoine immatériel que l’on oublie souvent de nommer: la géographie même des souks. À Fès el-Bali, chaque rue, chaque quartier correspond à un métier. Les teinturiers près de l’eau, les tanneurs en aval, les fabricants de bougies autour des sanctuaires, les brodeurs à deux pas des écoles coraniques. Cette organisation n’est pas décorative. Elle est fonctionnelle, économique et sociale: elle crée des communautés de métier, des solidarités de corporation, des espaces de transmission informelle où l’apprenti apprend aussi en écoutant les conversations des anciens.

Que les artisans de Fès aient, simplement en restant là où leurs pères étaient, maintenu cette géographie vivante représente en soi un acte de préservation patrimoniale considérable. Quand un atelier de menuiserie ferme dans la rue des Andalous pour laisser place à une boutique de souvenirs importés, c’est un nœud de cette mémoire spatiale qui se défait, et la disparition ne fait pas de bruit.

II. Ce qu’ils ont laissé se perdre ou contribué à perdre

Il serait commode de désigner la mondialisation comme seule coupable. La réalité est plus complexe. Les artisans de Fès ont, parfois par nécessité, parfois par opportunisme, parfois par simple résignation face à des forces qui les dépassaient, participé à une dégradation progressive d’un patrimoine dont ils demeurent les premiers gardiens légitimes. Ce n’est pas un jugement moral. C’est un constat que toute politique patrimoniale sérieuse doit regarder avec lucidité.

La grande dérive: l’artisanat folklorisé

La distinction est délicate mais nécessaire: il y a l’artisanat authentique et il y a l’artisanat folklorisé. Le premier est un dialogue avec la matière, une réflexion incarnée dans le geste, pour reprendre Sennett. Le second est une performance destinée à confirmer les attentes du visiteur. Un plateau en laiton frappé à la machine, fini à la main pour conserver l’apparence de l’irrégularité artisanale. Une djellaba brodée au Bangladesh, vendue dans un écrin de thuya. Un zellige industriel fabriqué en Chine qui envahit désormais les chantiers de construction au Maroc, y compris -scandale silencieux- certains palaces qui se revendiquent gardiens de l’esthétique marocaine.

Le plus troublant n’est pas que ces produits existent: la concurrence déloyale est le lot commun de tous les artisanats du monde. Le plus troublant est que certains maîtres artisans eux-mêmes ont intégré cette logique, proposant sous leur label des productions qu’ils ne réalisent plus entièrement, voire pas du tout. L’artisan s’auto-contrefait pour survivre. La main qui pensait apprend à simuler sa propre pensée.

La rupture silencieuse de la chaîne de transmission

Les chiffres manquent et leur absence est déjà significative. Personne ne sait exactement combien de métiers ont disparu à Fès au cours des trente dernières années. Combien de maîtres sont morts sans transmettre. Combien d’apprentis ont abandonné en cours de route, attirés par les revenus immédiats du tourisme de rue ou de l’émigration. On cite souvent le cas des hafaf, forgerons d’étriers et de harnachements, quasi-disparus faute de demande. Ou celui des fabricants de qashsha, paniers en osier tressé selon des motifs berbères précis. Ou des maîtres du tissage de la gandoura fassia, dont certains coloris sont perdus parce que les derniers teinturiers qui connaissaient leur formulation sont décédés sans laisser d’élève.

Cette rupture n’est pas seulement économique ou culturelle. Quand une chaîne de transmission se rompt dans un métier manuel, ce ne sont pas seulement des formes et des motifs qui disparaissent, ce sont des façons de résoudre des problèmes, des modes de concentration, des qualités d’attention au réel que l’école académique n’enseigne pas et que l’industrie n’exige plus. Une société qui laisse mourir ses métiers manuels s’appauvrit d’une intelligence qu’elle ne sait même pas qu’elle possédait.

Le paradoxe du label UNESCO

L’inscription de la médina de Fès sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1981 a suscité une fierté légitime. Quarante ans plus tard, le bilan mérite d’être nuancé. La patrimonialisation est un outil à double tranchant: elle protège, mais elle peut aussi figer. Elle risque de transformer le vivant en spectacle, le quotidien en mise en scène, l’artisan en attraction.

Le risque de la muséification -transformer la médina en décor habité pour touristes cultivés- est réel et documenté ailleurs. À Venise, à Bruges, dans certains quartiers de Prague, le label patrimonial a accompagné la disparition des habitants ordinaires et des métiers populaires au profit d’une économie du souvenir. À Fès, le processus est moins avancé, mais ses signes sont visibles: des fondouks convertis en boutiques de luxe, des ateliers transformés en espaces d’exposition, des ruelles où le prix du mètre carré monte pendant que le revenu des artisans stagne.

«La main qui travaille ne fait pas qu’exécuter, elle réfléchit. L’artisan n’est pas l’opposé de l’intellectuel: il en est la version la plus honnête, celle qui soumet sa pensée à l’épreuve immédiate de la matière»

La mondialisation par le bas: Fès dans la chaîne globale

La mondialisation ne frappe pas seulement de l’extérieur. Elle s’est installée à l’intérieur même des ateliers. Des donneurs d’ordre européens (chaînes hôtelières, décorateurs d’intérieur, marques de prêt-à-porter haut de gamme) ont découvert l’artisanat marocain dans les années 1990 et en ont fait une source d’approvisionnement. La demande a explosé. Les prix, eux, ont peu évolué. Résultat: l’artisan de Fès travaille pour le marché global mais se trouve tout en bas de la chaîne de valeur. Il est le sous-traitant de luxe, celui dont le labeur et le talent enrichissent les marges de sociétés qui vendent sa culture sans partager leur prospérité.

Pour tenir les cadences imposées, certains ateliers ont mécanisé les étapes qui pouvaient l’être, importé des composants, réduit le temps de finition. La forme reste, l’âme change. C’est une réalité que les débats sur le patrimoine gagneraient à intégrer plus franchement dans leurs travaux.

III. Ce qu’il reste possible de faire et ce qu’on n’ose pas dire

Le pessimisme est une tentation confortable. Il dispense d’agir. Le tableau brossé jusqu’ici est exigeant mais pas désespérant: des métiers résistent, des maîtres transmettent, des jeunes choisissent l’atelier plutôt que l’administration. Ce qui manque n’est pas la matière humaine. C’est la lucidité collective et la volonté politique.

Documenter avant qu’il soit trop tard

La numérisation des gestes artisanaux est souvent présentée comme la solution miracle de notre époque. Caméras 3D, intelligence artificielle, réalité virtuelle: on filmerait les maîtres, on stockerait les gestes, on pourrait les reproduire. Cette vision, séduisante en apparence, méconnaît ce que Sennett a si clairement décrit: le savoir tacite ne se laisse pas capturer dans un fichier. On peut filmer la main du zelligeur, on ne peut pas filmer la compréhension qui guide cette main, la négociation permanente avec la matière, l’ajustement instinctif à chaque fragment d’émail.

Cela dit, documenter reste urgent -non pas pour remplacer la transmission vivante, mais pour ne pas laisser disparaître sans trace ce qui peut encore être décrit, photographié, enregistré. Le Japon a mis en place dès les années 1950 un système de Trésors Nationaux Vivants qui identifie et soutient financièrement les maîtres artisans dont le savoir est menacé. L’Inde a lancé des programmes similaires. Le Maroc dispose de textes de loi et de déclarations d’intention. Un inventaire sérieux, financé indépendamment de l’industrie touristique, serait un premier pas décisif.

Réinventer l’économie du métier sans trahir le métier

Des artisans fassis ont trouvé des voies de sortie qui méritent d’être examinées honnêtement. Certains se sont positionnés sur le marché du luxe international en refusant de comprimer leurs prix et leurs délais: ils ont perdu des clients de volume, gagné des clients de qualité. Des coopératives ont expérimenté la vente directe en ligne, court-circuitant les intermédiaires qui prélevaient l’essentiel de la valeur. Des designers marocains et internationaux ont collaboré avec des ateliers de Fès pour produire des objets contemporains qui intègrent des techniques traditionnelles sans les singer -non pas le tapis berbère rétro-chic, mais une création qui assume pleinement son ancrage dans un savoir-faire précis.

Ces expériences restent marginales et fragiles. Elles prouvent cependant qu’une troisième voie existe entre la folklorisation et la disparition. Elle exige du courage économique -refuser certaines commandes, maintenir des prix qui correspondent à la réalité du travail- et une compréhension fine de ce qui, dans chaque métier, est négociable et de ce qui ne l’est pas.

Réhabiliter socialement le mâallem

La question la plus dérangeante est peut-être celle-là: tant que le mâallem zelligeur gagnera moins qu’un agent d’accueil d’hôtel quatre étoiles, tant que le fils du forgeron sera encouragé par sa famille à poursuivre des études universitaires plutôt que d’entrer en apprentissage, la chaîne de transmission se fragilisera encore. Ce n’est pas une question de nostalgie. C’est une question de justice économique et de choix de société.

La revalorisation salariale des artisans, leur accès à une protection sociale digne, la création de statuts juridiques adaptés aux réalités des ateliers familiaux: ces mesures existent à l’état de promesses depuis des décennies. Les politiques de valorisation de l’artisanat ont surtout servi à valoriser les vitrines internationales. Il serait temps qu’elles servent aussi à améliorer concrètement la vie de ceux qui font ce que ces vitrines exposent.

La médina vivante contre la médina-musée

La tentation la plus douce et la plus mortelle serait de transformer Fès en ville-vitrine, parfaitement conservée, parfaitement accessible, parfaitement inoffensive. Un musée habité. Une expérience culturelle certifiée. Fès serait alors sauvée sur les brochures et appauvrie dans les faits.

La médina vivante est nécessairement imparfaite, en tension, contradictoire. Des ateliers qui innovent à côté de ceux qui conservent. Des maîtres qui refusent et des apprentis qui transgressent. Des matériaux anciens utilisés pour des formes nouvelles, des formes anciennes revisitées avec des matériaux contemporains. Cette vitalité-là n’est pas photogénique. Elle n’entre pas facilement dans un dossier de candidature UNESCO ou dans le programme des Rencontres de Fès. Mais c’est elle, et seulement elle, qui peut maintenir vivant ce que nous voulons sauver.

Épilogue: le jeune homme et le téléphone

Revenons à l’atelier de la rue Talâa Kbira. Le jeune apprenti qui regardait son téléphone entre deux coups de ciseau -que faisait-il, exactement? Peut-être commandait-il une pièce de rechange sur un site de vente en ligne chinois. Peut-être filmait-il le geste de son maître pour le revoir le soir, l’apprendre mieux. Les deux sont vrais quelque part dans la médina en ce moment même.

Le patrimoine de Fès n’est pas une essence qu’il faudrait protéger dans une vitrine hermétique. C’est une pratique, disputée, imparfaite, menacée, vivace. Ce que les maîtres artisans ont fait, dans l’ensemble, mérite respect: ils ont maintenu des gestes que le monde industriel avait condamnés, transmis des savoirs que l’école ne sait pas enseigner, habité une ville que beaucoup avaient abandonnée.

Ce qu’ils n’ont pas fait -ou pas assez- est aussi réel: ils n’ont pas toujours su résister à la tentation du faux-semblant, défendre leurs prix, former leurs successeurs, nommer ce qui disparaissait. Mais cette part de difficulté n’est pas seulement la leur. Elle appartient aussi aux politiques, aux donneurs d’ordre, aux consommateurs, aux institutions culturelles qui ont parfois préféré les discours aux actes.

Sennett écrivait que l’artisan nous apprend quelque chose d’essentiel sur la condition humaine: que faire bien les choses pour elles-mêmes, indépendamment de la récompense ou de la reconnaissance, est une forme de dignité que la modernité a du mal à comprendre et encore plus de mal à valoriser.

Les maîtres de Fès n’ont pas lu Sennett. Mais ils vivent, chaque matin, cette vérité dans leurs ateliers. La vraie question que les Rencontres de Fès peuvent contribuer à poser -et c’est là leur plus belle ambition- est celle-ci: dans quel monde voulons-nous vivre? Celui où la main obéit à l’algorithme, où le geste se standardise, où la culture se consomme comme un produit dérivé? Ou celui où la main résiste, pense, transmet, et où nous choisissons collectivement de lui donner les conditions de le faire?

La réponse ne se prendra pas seulement en table ronde. Elle se prendra, ou ne se prendra pas, dans les ateliers obscurs de la médina, là où le marteau frappe le cuivre depuis que Fès existe.

Bibliographie sélective

Les ouvrages suivants constituent les principaux repères intellectuels de cet article. Ils sont accessibles en langue française, à l’exception de l’ouvrage de Sennett dont la traduction est indiquée.

Choay, Françoise. L’Allégorie du patrimoine, Paris, Seuil, coll. «La couleur des idées», 1992. — Une analyse critique décisive du mouvement de patrimonialisation mondiale, de ses effets positifs et de ses dérives muséificatrices.

Gravari-Barbas, Maria et Guichard-Anguis, Sylvie (dir.), Regards croisés sur le patrimoine dans le monde à l’aube du XXIe siècle, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2003. — Une perspective comparative internationale sur les politiques patrimoniales, incluant des études de cas du monde arabe et méditerranéen.

Khatibi, Abdelkébir. La Blessure du nom propre, Paris, Denoël, 1974. — Le grand intellectuel marocain interroge les identités culturelles du Maghreb entre tradition et modernité, entre héritage et rupture.

Métalsi, Mohamed. Le Temps de Fès, du mythe à la métropole, Casablanca, Éditions Malika-CCME, 2026.

Michaux-Bellaire, Édouard. Fès et ses environs, Paris, Leroux, 1921, rééd. — Document historique précieux qui décrit l’organisation des corporations artisanales de Fès au début du XXème siècle, permettant de mesurer les transformations sur un siècle.

Nora, Pierre (dir.). Les Lieux de mémoire, Paris, Gallimard, coll. «Quarto», 1997, 3 vol. — La référence incontournable sur la construction mémorielle et patrimoniale, ses ambiguïtés et ses tensions avec la vie ordinaire.

Sennett, Richard. Ce que sait la main. La culture de l’artisanat, Paris, Albin Michel, 2010. [Traduction française de The Craftsman, 2008.] — L’ouvrage fondateur sur l’intelligence de la main, la transmission tacite et l’éthique du faire bien.

Par Mohamed Métalsi
Le 03/06/2026 à 09h03