Deux ans après son coup d’envoi, le dispositif Daam Sakane franchit le cap des 11.000 ménages bénéficiaires, insufflant une dynamique nouvelle à l’immobilier marocain. Au-delà des chiffres, Anouar El Basrhiri, directeur général de TMS Consulting, y voit un signal encourageant pour l’économie et la cohésion sociale, tout en invitant à mesurer cet impact sur le long terme, indique le magazine hebdomadaire Challenge.
L’un des enseignements majeurs du programme réside dans la répartition de l’activité, 80% des logements acquis provenant de petits et moyens promoteurs. Cette diffusion permet à un pan entier de l’écosystème de sortir de la torpeur et de lancer de nouveaux chantiers, loin d’une concentration exclusive au profit des grands groupes. Toutefois, ce soutien à la demande ne dissipe pas l’ensemble des contraintes structurelles. La hausse des coûts fonciers, le renchérissement des matériaux de construction et les difficultés de financement continuent de peser sur les opérateurs, avec des disparités marquées selon les régions.
Pour la direction de TMS Consulting, le secteur fait face à une mutation profonde. La résorption du déficit quantitatif cède la place à la question cruciale du pouvoir d’achat. L’enjeu prioritaire n’est plus seulement de construire davantage, mais de rendre le logement accessible aux revenus réels des acquéreurs. Daam Sakane s’inscrit précisément dans cette quête de solvabilisation, qui appelle également un ajustement des conditions bancaires et une maîtrise accrue des prix du marché, lit-on dans Challenge.
L’onde de choc positive du dispositif s’étend par ailleurs bien au-delà de la transaction immobilière. En débloquant les ventes, le programme remet en route l’ensemble de la chaîne de valeur: du bâtiment et travaux publics aux fabricants de matériaux, en passant par le second œuvre, les établissements de crédit et les services connexes. Cet effet d’entraînement soutient l’emploi et encourage le réinvestissement dans de nouveaux projets. Pour pérenniser ces acquis, des ajustements stratégiques apparaissent nécessaires.
Parmi les pistes d’amélioration figurent la concentration des efforts sur les zones urbaines les plus tendues, la simplification des démarches administratives et un meilleur accompagnement des ménages vers le crédit. L’accent gagne aussi à être mis sur la qualité constructive et l’intégration d’équipements de proximité. En plaçant l’accessibilité financière au cœur du modèle, Daam Sakane jette les bases d’une transformation durable du marché immobilier national, dont la pleine réussite dépendra de sa capacité à équilibrer l’offre, la demande et le développement des territoires.




