MINURSO: 340 départs, 13 sites à rendre, l’ONU détaille le démontage de la mission

Des observateurs militaires de la MINURSO.. AFP or licensors

Rapatriement de 160 observateurs militaires et de 180 civils, fermeture et rétrocession de treize sites, cession du matériel, archivage des dossiers: le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU a présenté lundi le plan de liquidation de la MINURSO. Après trente-cinq ans de présence, la mission n’a plus d’opérations à mener, seulement des cartons à faire.

Le 03/11/2026 à 08h00

La MINURSO est entrée dans sa phase de démontage. Lors du point de presse quotidien de l’ONU, lundi 2 novembre, Stéphane Dujarric, porte-parole d’António Guterres, a détaillé la manière dont la mission sera fermée. «Comme vous l’avez vu, le dimanche 1er novembre a marqué le début de la période de liquidation pour la mission de l’ONU pour le référendum au Sahara occidental, autrement connue sous le nom de MINURSO, qui a cessé ses opérations suite au non-renouvellement de son mandat par les membres du Conseil de sécurité», a-t-il rappelé.

Le chantier sera confié à une équipe réduite, rattachée au Département de l’appui opérationnel de l’ONU et appuyée par le siège. Elle supervisera «la fermeture ordonnée et respectueuse de l’environnement ainsi que la rétrocession des 13 sites qui étaient exploités par la MINURSO», a précisé le porte-parole. La liquidation se fera «de manière progressive», selon les procédures habituelles de l’organisation.

Le programme tient en une liste. Stéphane Dujarric a énuméré les principales opérations: «le rapatriement d’environ 160 observateurs militaires, le retrait de 180 membres du personnel civil et affilié, la fermeture et la rétrocession de 13 installations de la mission et sites d’équipe, la cession ou le transfert des biens et équipements des Nations unies, le retrait des systèmes de communication et de soutien logistique, la gestion des archives et des dossiers de la mission, ainsi que la clôture des accords contractuels sur le terrain».

L’ensemble, a-t-il ajouté, sera conduit «conformément aux règles et règlements que l’ONU applique lorsqu’elle ferme des missions», avec une surveillance administrative, financière et sécuritaire continue pour garantir la sécurité du personnel.

Le vocabulaire en dit long. Il n’est plus question de surveillance du cessez-le-feu, de rapports au Conseil ou de référendum. Il est question de rapatriement, de rétrocession, d’archives et de contrats à clore. La plus ancienne mission de maintien de la paix en Afrique se referme comme on liquide une entreprise: par l’inventaire.

Ce calendrier rejoint celui que Rabat avait fixé. Dès le samedi 31 octobre, lors d’une émission spéciale sur 2M, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, avait annoncé que la présence de la mission dans les provinces du Sud, avec ses équipes, ses véhicules, ses équipements et ses symboles, devait prendre fin «dans les prochains jours».

Il avait promis une «opération exemplaire, qui n’est pas une opération d’expulsion», conduite par une procédure technique avec le Conseil de sécurité et le département des opérations de paix de l’ONU. Il avait aussi précisé que le départ de la mission «ne signifie pas la fin du cessez-le-feu», engagement pris par le Maroc depuis le 6 septembre 1991.

Le Secrétaire général avait, de son côté, pris acte le 1er novembre de la fin de la MINURSO, et demandé aux parties de coopérer pleinement pour que le départ s’achève «de manière ordonnée» et «dès que possible».

Entre Rabat et New York, le langage est désormais le même: un départ ordonné, rapide et sans incident. Il ne reste à la MINURSO qu’à rendre les clés.

Par Hajar Kharroubi
Le 03/11/2026 à 08h00