Sahara marocain: le Parlement pointe la responsabilité d’Alger et appelle à la libération des séquestrés de Tindouf

Le siège du Parlement à Rabat.

Le siège du Parlement à Rabat.

Lors de la séance conjointe extraordinaire des deux chambres du Parlement de ce lundi, de nombreux chefs de groupes politiques sont montés au créneau pour dénoncer le rôle direct du régime algérien dans la pérennisation du conflit du Sahara. Entre dénonciation des manœuvres diplomatiques d’Alger et appel solennel à la libération des séquestrés de Tindouf, les représentants de la Nation ont acté le tournant décisif amorcé par la diplomatie royale suite à la fin du mandat de la MINURSO, actée au Conseil de sécurité des Nations unies lors de sa réunion 30 octobre 2026.

Le 02/11/2026 à 17h01

Lors de la séance extraordinaire conjointe des deux chambres du Parlement consacrée ce lundi 2 novembre aux derniers développements de la cause nationale, plusieurs représentants des groupes parlementaires ont vivement dénoncé la responsabilité directe de l’Algérie dans la pérennisation du différend régional du Sahara.

Dans le sillage des avancées diplomatiques majeures du Royaume et de la non-reconduction du mandat de la Minurso, actée suite au veto russe opposé au projet de résolution 2026 sur le Sahara, les intervenants se sont relayés pour démasquer le rôle de l’appareil dirigeant algérien et appeler à la fin du drame humain dans les camps de Tindouf.

Prenant la parole au nom du Parti de l’Istiqlal (majorité), le député Rahhal Mekkaoui a remis le dossier du Sahara dans son cadre historique global en ciblant les facteurs géopolitiques qui ont entretenu le conflit et les conditions d’exploitation imposées aux réfugiés sur le sol algérien. «La question de notre souveraineté territoriale a dû faire face pendant des décennies aux ramifications et aux séquelles de la guerre froide, entretenues par des forces qui s’opposent à toute résolution pacifique. Cette situation a conduit directement aux conditions de souffrance, d’exploitation et de privation endurées par les séquestrés dans les camps de Tindouf, comme l’ont régulièrement documenté plusieurs rapports internationaux», a-t-il souligné.

Mekkaoui a fermement rappelé la position inébranlable du Royaume quant à son intégrité territoriale. «Le Maroc ne négocie pas son Sahara et la marocanité de nos provinces du Sud n’a jamais été un sujet de débat ou de compromis. Les seules discussions envisageables sont celles qui mènent à l’application du plan d’autonomie sous souveraineté marocaine, qui constitue la seule référence onusienne crédible pour garantir la paix et la stabilité régionales», a insisté le parlementaire.

Driss El Azami El Idrissi, chef du groupe du Parti justice et développement, la principale formation de l’opposition, a abordé la responsabilité d’Alger sous l’angle du refus de la politique de la main tendue prônée par le roi Mohammed VI, tout en soulignant la nécessité de venir en aide aux populations retenues en Algérie. «Depuis son accession au Trône, Sa Majesté le Roi a constamment adopté la politique de la main tendue envers nos voisins en Algérie afin d’édifier un avenir maghrébin commun fondé sur l’unité et la fraternité. Il est temps de dépasser ce différend artificiel et de mettre un terme définitif à la souffrance de nos frères et sœurs retenus à Tindouf en favorisant leur retour dans la dignité au sein de la mère patrie», a-t-il plaidé.

Il a affirmé que l’évolution actuelle du dossier aux Nations unies referme la porte aux manœuvres de blocage. «La dynamique en cours consacre la légitimité historique du Royaume et met fin aux espoirs de ceux qui voulaient maintenir la région dans un état d’instabilité permanente. Le peuple marocain reste mobilisé derrière son Souverain pour défendre ses droits légitimes et consolider sa souveraineté», a souligné Driss El Azami El Idrissi.

Secrétaire général du Mouvement populaire (MP), Mohamed Ouzzine, s’est montré direct envers les dirigeants d’Alger. Il a souligné que les tentatives d’entraver le processus onusien et le plan d’autonomie visent en réalité à maintenir artificiellement un différend hérité d’une autre époque.

«Ce différend artificiel et cette dispute fabriquée sont l’œuvre de nos voisins, qui ont cherché à créer une fracture entre deux peuples frères et à contrecarrer les ambitions légitimes du Royaume du Maroc. Le vote au Conseil de sécurité et le consensus grandissant autour du plan d’autonomie mettent à nu les intérêts et les manœuvres du régime militaire algérien, accroché à une philosophie dépassée qui s’oppose à la volonté de paix de la communauté internationale», a déclaré Ouzzine. Et de rappeler que la résilience et la patience du Maroc ont porté leurs fruits face à l’obstination des adversaires du Royaume. «Les ambitions démesurées des ennemis du Maroc se sont heurtées à la vérité diplomatique. Notre patience a des limites et la nouvelle génération d’acteurs politiques s’inscrit dans un grand changement d’approche, marquant une rupture nette avec l’ère de la guerre froide et les slogans instrumentalisés par nos voisins».

Au nom du Groupe du Rassemblement national des indépendants (RNI), le député Mohamed Salem Bahia a rappelé que l’intransigeance des parties adverses et leurs calculs géopolitiques se sont traduits par un échec face au consensus national marocain et au soutien international massif. «Les récents développements au Conseil de sécurité et l’élargissement continu du soutien à l’initiative marocaine d’autonomie marquent la fin de la logique de gestion temporaire du conflit pour ouvrir la voie à sa clôture définitive. Ceux qui ont cherché à entretenir la division doivent comprendre que l’unité entre le Trône et le peuple est inébranlable et que le Maroc est dans son Sahara comme le Sahara est dans son Maroc».

Mohamed Salem Bahia a insisté sur l’intégration pleine et entière des populations locales et l’échec de la rhétorique féodaliste ou séparatiste soutenue par l’Algérie. «La forte participation électorale dans les provinces du Sud démontre l’adhésion totale des citoyens sahraouis aux institutions démocratiques et au développement du Royaume, balayant ainsi les discours trompeurs véhiculés hors de nos frontières.»

L’ensemble des prises de parole lors de cette séance conjointe met ainsi en relief plusieurs axes convergents. Le premier est la désignation explicite de l’Algérie en tant que partie principale et parrain du conflit artificiel, aussi bien dans la gestion politique du dossier que dans la tutelle exercée sur le Polisario. Le deuxième est la dénonciation de la logique de la Guerre froide, matérialisée par le blocage idéologique et l’utilisation des populations réfugiées comme levier de chantage géopolitique. Le troisième est l’appel à la libération et au retour des séquestrés de Tindouf, la situation humanitaire étant qualifiée d’inacceptable par l’ensemble des composantes politiques de la Nation.

Par Tarik Qattab
Le 02/11/2026 à 17h01