Une affaire de mœurs retentissante secoue actuellement la ville d’El Jadida. Elle met en cause un homme soupçonné d’avoir secrètement filmé ses ébats sexuels avec son épouse ainsi qu’avec plusieurs maîtresses au domicile conjugal. L’affaire a éclaté lorsque l’épouse a découvert une caméra miniature dissimulée dans l’armoire de leur chambre à coucher. «La découverte d’enregistrements compromettants a aussitôt entraîné l’intervention des services de sécurité et du parquet compétent», rapporte le quotidien Assabah dans son édition du lundi 2 novembre.
Une enquête judiciaire a été ouverte à la suite d’une plainte déposée par l’épouse auprès de la cellule spécialisée dans les affaires de violences faites aux femmes, au tribunal de première instance d’El Jadida. Le mis en cause, un père de famille de 43 ans exerçant comme ouvrier saisonnier, a été placé en garde à vue sur instructions du procureur du Roi afin de permettre aux enquêteurs d’approfondir leurs investigations.
L’affaire a débuté lorsque l’épouse a fouillé le sac personnel de son mari, qui s’absentait régulièrement en raison de ses obligations professionnelles dans le secteur agricole. Elle y a découvert une petite carte mémoire qu’elle a connectée à un ordinateur. «À sa grande stupéfaction, elle a alors visionné des séquences vidéo montrant son mari en compagnie d’autres femmes dans leur chambre conjugale. Ces enregistrements avaient été réalisés à l’insu de toutes les personnes filmées», souligne Assabah.
Au fil du visionnage, l’épouse a découvert que l’ampleur de l’affaire dépassait ce qu’elle imaginait. Outre les images de ses propres relations intimes avec son mari, elle a découvert de nombreuses vidéos attestant de la présence régulière de jeunes femmes au domicile conjugal pendant ses absences. Le mari prenait systématiquement soin de masquer le visage de ses partenaires tout en conservant précieusement ces enregistrements, ce qui a accentué la colère et l’incompréhension de son épouse.
Face à la gravité des faits dénoncés dans la plainte, le parquet a ordonné l’ouverture d’une enquête approfondie, confiée à la police judiciaire. Celle-ci a rapidement procédé à l’interpellation du suspect et à la saisie de l’ensemble du matériel technique. «Les enquêteurs s’emploient désormais à examiner les supports informatiques saisis afin de recenser tous les enregistrements, d’identifier l’ensemble des victimes potentielles et de déterminer si ces fichiers à caractère pornographique ont été diffusés ou utilisés à des fins malveillantes sur Internet», écrit Assabah.
Cette affaire illustre les dérives liées à l’utilisation des technologies de surveillance pour porter atteinte à la vie privée et suscite une vive émotion au sein de l’opinion publique locale. Alors que l’enquête suit son cours sous la supervision de la justice, le mis en cause devra répondre de lourdes accusations, notamment d’atteinte à la vie privée, d’adultère, de possession et de production de contenus pornographiques, ainsi que d’enregistrement de personnes à leur insu.




