Stabilité des marchés: le gouvernement affine sa stratégie

Fouzi Lekjaa, ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique.

Revue de presseEntre la restructuration en profondeur des circuits de commercialisation pour éliminer la spéculation et l’adoption de prévisions macroéconomiques prudentes, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique, Fouzi Lekjaâ, expose la stratégie de l’Exécutif pour stabiliser les prix et préserver l’économie nationale. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Économiste.

Le 02/11/2026 à 21h30

Interpellé sur la trajectoire économique et la maîtrise du coût de la vie lors de l’examen du projet de loi de finances par la Commission des finances, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique, Fouzi Lekjaâ, a tenu à clarifier la position de l’Exécutif face aux attentes sociales. «Le retour des prix à des niveaux acceptables est au cœur des débats budgétaires actuels. Toutefois, l’approche gouvernementale exclut l’idée d’un retour automatique aux prix d’une année de référence donnée», rapporte le quotidien L’Économiste dans son édition du mardi 3 novembre.

Il s’agit avant tout d’établir des prix reflétant les coûts réels de production, de stockage et de transport, tout en encadrant les marges commerciales. Cette orientation répond directement au constat dressé en 2024 par le Conseil de la concurrence, selon lequel les marges des intermédiaires représentent environ 34% du prix final payé par le consommateur, soit davantage que la part revenant aux producteurs, estimée à 30%.

Pour résorber ce déséquilibre structurel et ramener durablement les prix à des niveaux équitables, l’État déploie un plan d’action centré sur la maîtrise de l’offre. La priorité consiste à stabiliser l’approvisionnement du marché intérieur grâce à des plans saisonniers consacrés aux produits de première nécessité. L’octroi des aides publiques à l’agriculture sera désormais conditionné à des engagements contractuels précis portant sur les volumes de production et de livraison, avec une priorité accordée aux exploitations familiales et de taille moyenne.

Parallèlement, pour enrayer la hausse des prix liée à la multiplication des intermédiaires, le gouvernement prévoit la création de sociétés régionales de collecte et de commercialisation dans les grands bassins agricoles. «Ces entités publiques, soumises à des audits annuels et à une obligation stricte de transparence sur leurs marges, achèteront directement auprès des agriculteurs pour approvisionner le dernier maillon du réseau de distribution», souligne L’Économiste.

La modernisation des infrastructures constitue le troisième levier fondamental de cette refonte des circuits commerciaux. Les marchés de gros traditionnels céderont progressivement la place à des plateformes régionales multiproduits, dans le cadre d’une nouvelle législation réformant le statut des mandataires. Les filières de la viande et de la pêche feront également l’objet d’une restructuration en profondeur, avec l’instauration de l’identification électronique du cheptel, la mise aux normes des abattoirs et la généralisation de la traçabilité numérique et de la facturation obligatoire.

En complément de ces réformes logistiques, le gouvernement met en place des instruments d’intervention préventive. Un système de suivi quotidien permettra de détecter toute hausse injustifiée des prix et de donner l’alerte lorsque les stocks atteindront des seuils critiques. Selon la situation du marché intérieur, des mesures de régulation des exportations ou de planification anticipée des importations pourront être décidées, avec l’appui d’une enveloppe budgétaire dédiée de 1 milliard de dirhams.

Au-delà de la gestion des marchés alimentaires, les débats ont porté sur les perspectives macroéconomiques dans un contexte international perturbé par les tensions géopolitiques et la volatilité des cours de l’énergie et des matières premières. L’hypothèse d’une croissance de 3,7% retenue pour l’exercice 2027 témoigne d’une approche prudente face aux incertitudes mondiales. Fouzi Lekjaâ, a souligné que «ce chiffre ne constitue en aucun cas un plafond pour la croissance de l’économie nationale, mais une base raisonnable en ce début de cycle économique». Cette estimation intègre les facteurs de risque extérieurs tout en laissant la possibilité de performances supérieures si la conjoncture mondiale et les secteurs productifs nationaux évoluent plus favorablement.

Cette prévision de 3,7% a suscité des interrogations au regard de l’objectif de croissance annuelle moyenne de 5% inscrit dans le programme gouvernemental. Le ministre a tenu à dissiper cette apparente contradiction en expliquant qu’il convient de distinguer les prévisions annuelles à court terme, élaborées avec prudence, des orientations structurelles à moyen terme. L’objectif de 5% repose sur la transformation qualitative progressive de l’économie marocaine, tandis que le taux annuel reflète les réalités immédiates. Le modèle de calcul utilisé pour établir la prévision tient également compte des aléas climatiques, en se fondant sur une récolte céréalière moyenne de 70 millions de quintaux.

Par La Rédaction
Le 02/11/2026 à 21h30