Hausse des prix des légumes à Casablanca: les explications des professionnels

ارتفاع أسعار الخضر

Augmentation des prix des légumes. (S.Elbelghiti/Le360).

Le 27/10/2026 à 19h30

VidéoAvec la flambée des prix des légumes sur les marchés de Casablanca, le pouvoir d’achat des ménages est mis à rude épreuve et le commerce tourne au ralenti. Entre aléas climatiques, transition saisonnière, pression des exportations et coûts de production, les professionnels du secteur décortiquent les engrenages d’une crise qui fragilise le panier du citoyen.

Les prix des légumes flambent et inquiètent les consommateurs, à environ 10 dirhams le kilo pour la tomate, 4,5 à 6 dirhams pour la pomme de terre et l’oignon, 4 à 5 dirhams pour la carotte, 10 à 11 dirhams pour la courgette, 14 à 15 dirhams pour les haricots verts et 15 à 16 dirhams pour les petits pois. Cette augmentation vient s’ajouter à d’autres hausses touchant des denrées alimentaires comme les viandes rouges et blanches et le poisson.

«Les causes de cette vague de hausse des prix se trouvent entre autres dans le fait que les cultures agricoles ont été sensiblement endommagées par la canicule qui a frappé le pays au cours du mois de septembre, en particulier dans la région du Souss», témoigne à ce propos Abdelkabir Maïden, commerçant au marché de gros des fruits et légumes de Casablanca.

​Le professionnel ajoute que la période de transition saisonnière coïncide cette année avec une phase charnière délicate, entre la fin de la saison de production maraîchère dans les régions avoisinant Casablanca (le Gharb, Doukkala, Abda et Skhirat) et le début des récoltes dans la région d’Agadir. Cette dernière a enregistré un retard notable dans l’approvisionnement du marché intérieur en raison du stress thermique subi par les cultures.

​«La pression exercée par l’exportation a joué un rôle dans la hausse des prix, les zones de production telles qu’Agadir connaissant une forte affluence et une pression extérieure pour répondre aux demandes des marchés africains, européens et asiatiques», souligne Abdelkabir Maiden.

​Parmi les autres facteurs figure l’augmentation des coûts de production. Le commerçant indique que le système agricole et de production fait face à des défis structurels majeurs, notamment la hausse des prix du carburant, la pénurie de main-d’œuvre et l’enchérissement des engrais et des matières premières, tant à l’échelle nationale qu’internationale.

​Il précise en outre que malgré la disponibilité des marchandises sur le marché, l’activité commerciale à Casablanca connaît une nette tendance à la récession et à la torpeur. Les marchés peinent à écouler les produits au rythme souhaité en raison de la faiblesse du pouvoir d’achat des citoyens.

«L’oignon est bel et bien disponible, mais ses prix dépendent fondamentalement des tarifs fixés par les agriculteurs», explique de son côté Aziz Jameh, grossiste en oignons sur le même marché. ​Il révèle que le prix de l’oignon jaune varie entre 94 et 96 dirhams la caisse sur le lieu de production, et qu’une fois transporté, il est revendu sur le marché à 110 dirhams. Quant à l’oignon rouge, son prix atteint 5 dirhams chez l’agriculteur et, après l’addition des frais de transport et de revient, il est commercialisé au marché de gros à 6 dirhams.

​L’intervenant insiste sur le fait que la cherté de l’oignon est imputable aux intempéries, aux pluies et à la chaleur enregistrées au Maroc en septembre dernier. Des facteurs qui ont empêché un approvisionnement en quantité suffisante pour couvrir la période restante jusqu’au mois de mars. Il rappelle enfin que la région de Fès-Meknès constitue le principal grenier qui approvisionne l’ensemble du Royaume en oignons pendant six mois, d’octobre à avril.

Par Hafida Ouajmane et Sif Eddine Elbelghiti
Le 27/10/2026 à 19h30