La Chambre criminelle de première instance près la Cour d’appel de Fès a décidé, lundi 26 octobre, de reporter le procès des accusés impliqués dans l’affaire des agressions sexuelles et de l’exploitation de mineurs pensionnaires de l’institution caritative Al Wafae, à Fès. Cette décision a été motivée par la nécessité d’auditionner les rédacteurs des procès-verbaux, ainsi qu’un certain nombre de prévenus qui comparaissaient en état de liberté. Par ailleurs, la juridiction judiciaire a rejeté les demandes de mise en liberté provisoire formulées par la défense, lesquelles avaient fait l’objet d’un réquisitoire négatif de la part du représentant du ministère public, en raison de la gravité des actes criminels imputés aux dix-huit mis en cause, relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 28 octobre.
Le procureur général près la Cour d’appel de Fès s’était saisi de l’affaire à la suite de l’audition des suspects déférés par la brigade régionale de la police judiciaire de la préfecture de police de Fès. Il avait ainsi ordonné la poursuite de douze suspects en état d’arrestation, tandis que six autres ont été placés sous le régime de la liberté provisoire, tous étant renvoyés directement devant la juridiction compétente pour y être jugés conformément aux charges retenues contre eux. Ces chefs d’inculpation englobent notamment la traite des êtres humains, l’agression commise à l’encontre d’une femme et d’un enfant mineur de moins de dix-huit ans, les coups et blessures volontaires, ainsi que diverses formes de violences ou d’atteintes corporelles, l’abus de confiance, l’attentat à la pudeur sur mineur avec violence, et la non-dénonciation de crime.
Parmi les personnes poursuivies dans ce dossier, figurent des individus placés en détention provisoire, notamment trois éducatrices, des éducateurs, ainsi qu’un agent de sécurité privé et l’actuel président de l’association. D’autres mis en cause font l’objet d’un suivi sous le régime de la liberté provisoire, à l’instar de la propriétaire d’un atelier de couture, de la directrice et présidente d’une ancienne association, d’un fonctionnaire de l’Entraide nationale, d’une formatrice et d’une assistante sociale, lit-on dans Al Ahdath Al Maghribia.
Il convient de rappeler que cette affaire a éclaté au grand jour à la suite de la diffusion d’une vidéo sur la plateforme YouTube, contenant des éléments d’information accablants sur les agissements commis au sein de l’établissement de bienfaisance Al Wafa à Fès. Selon les dépositions des pensionnaires de ladite institution, ces révélations ont incité le procureur général à charger la brigade régionale de la police judiciaire d’effectuer des investigations judiciaires approfondies étalées sur plusieurs mois. Ces investigations rigoureuses ont finalement conduit à l’interpellation de l’ensemble des individus soupçonnés d’implication dans cette affaire.




