La ville de Casablanca est au cœur d’un débat crucial au sein de son conseil communal concernant les options de financement des grands projets liés à la Coupe du monde 2030. Des divergences de vues apparaissent quant à l’éventualité de recourir à l’emprunt extérieur pour mobiliser une enveloppe financière avoisinant 2,5 milliards de dirhams. Cette somme est principalement destinée aux projets d’infrastructures, de voirie et d’accès à la métropole, dans un contexte où le temps presse pour accélérer la cadence des chantiers, rapporte le quotidien Assabah dans son édition du mercredi 28 octobre.
Cette discussion intervient alors que la pression s’accroît sur la commune pour finaliser les chantiers programmés, le temps restant avant 2030 exigeant la mobilisation de ressources financières importantes. Les recettes propres de la ville ne semblent pas suffisantes, à elles seules, pour couvrir les besoins d’investissement, estimés à environ 800 millions de dirhams pour le seul budget d’équipement de 2027. Les données du projet de budget de la commune de Casablanca, approuvé jeudi dernier, révèlent une pression financière persistante, avec des dépenses de fonctionnement dépassant 5,35 milliards de dirhams et des échéances de remboursement d’emprunts atteignant 426,28 millions de dirhams.
Malgré une augmentation de 2 milliards de dirhams depuis 2022, le budget reste insuffisant face au poids des dépenses obligatoires et de fonctionnement, qui absorbent la quasi-totalité des ressources et poursuivent leur hausse. Cette situation remet sur le devant de la scène l’option d’un nouvel emprunt auprès d’institutions financières internationales, ainsi que le lancement d’appels à manifestation d’intérêt. «Les données relatives aux délibérations au sein du bureau dirigeant indiquent que l’option de l’emprunt n’a pas été adoptée à l’unanimité. Une partie exprime des réserves face à de nouveaux engagements financiers, tandis qu’un autre courant appelle à trancher rapidement pour lancer les procédures nécessaires», écrit Assabah.
Le désaccord ne se limite pas au principe de l’emprunt, mais s’étend à la définition des priorités financières de la commune et à sa capacité à concilier l’accélération des investissements avec la préservation de son équilibre financier. Si l’obtention d’un financement extérieur permet de mobiliser les crédits nécessaires dans les plus brefs délais, des questions persistent concernant le coût du prêt, les conditions de remboursement et son impact sur les budgets futurs. Les partisans de l’emprunt s’appuient sur des indicateurs jugés encourageants, notamment le niveau modéré du ratio d’endettement actuel, qui ne dépasse pas 8% du budget.
Parallèlement à l’option de l’emprunt, le dossier de la valorisation des biens communaux revient sur le devant de la scène comme un moyen potentiel de renforcer les ressources propres. La ville dispose d’un important patrimoine foncier et commercial. Le débat devrait se poursuivre sur ce dossier afin de présenter une vision financière claire précisant le coût des projets, les conditions de l’éventuel prêt, l’échéancier de remboursement ainsi que les recettes escomptées de la valorisation du patrimoine.




