L’année dernière, les fellahs ont subi d’importants dysfonctionnements sur le marché agricole local, qui les ont contraints à céder leurs récoltes à des prix dérisoires, notamment à la suite du plafonnement de ces prix par le ministère de tutelle. Dans son édition du mercredi 28 octobre, le quotidien arabophone Assabah rapporte que ces dysfonctionnements, enregistrés à l’issue de la campagne agricole précédente, constituent la principale raison pour laquelle les agriculteurs hésitent ou rechignent encore à entamer les labours. Malgré la saison pluvieuse exceptionnelle de l’année dernière, ils estiment que la rentabilité à l’hectare a été quasiment nulle, sous l’effet conjugué des coûts de production élevés et des prix de vente très bas.
Dans une déclaration recueillie par Assabah, un fellah affirme: «nous achetons les semences à environ 5 DH le kg, selon les différentes variétés de blé dur et tendre, et, après la récolte, le prix de vente de ces céréales ne dépasse pas 2 DH/kg, alors que certains agriculteurs ont vendu à un prix bien moindre».
Ce manque de rentabilité est accentué, au-delà des contraintes liées au plafonnement des prix du marché, par d’autres facteurs, dont le coût élevé des labours, consécutif à la cherté du carburant, sans parler du prix des semences, des fertilisants et des pesticides, qui a atteint des niveaux records au cours des trois dernières années. De même, la main-d’œuvre coûte cher, tandis que le parc de machines et d’équipements agricoles reste insuffisant: tracteurs, charrues, semoirs, pulvérisateurs, moissonneuses-batteuses…
De nombreux fellahs se sont ainsi retrouvés dans l’incapacité de récolter leur production, notamment les céréales, les olives et les agrumes. Le manque d’investissement dans les machines agricoles s’explique par les années de sécheresse qui se sont succédé au Maroc.
Selon un expert agricole cité par Assabah, «les terres agricoles sont disponibles, les semences le sont encore davantage, mais il y a une grande réticence, dont la cause est claire, à savoir le renchérissement des coûts, couplé à la faible rentabilité qui réduit à néant la marge bénéficiaire du fellah». Les agriculteurs attendent toujours des gestes concrets du ministère de tutelle, appelé à leur accorder des aides, notamment pour alléger la facture du carburant.




