Casablanca Finance City (CFC) s’impose désormais comme la vitrine financière incontournable du continent africain. «Dans la 40e édition du Global Financial Centres Index (GFCI), la place marocaine a gagné onze places pour se hisser au 38e rang mondial, devançant nettement Maurice et Johannesburg», rapporte le magazine Jeune Afrique. Saïd Ibrahimi, directeur général de CFC Authority, se félicite de cette ascension, qui place le hub casablancais au troisième rang de la région Moyen-Orient et Afrique, juste derrière Dubaï et Abou Dhabi. Cette attractivité renouvelée se traduit par un écosystème en forte expansion, comptant désormais près de 300 entreprises membres, contre seulement 65 en 2015. De nombreuses entités anglophones y trouvent la porte d’entrée idéale pour prospecter les marchés d’Afrique francophone.
Les acteurs britanniques constituent à ce titre la troisième communauté nationale de la place financière, illustrant l’intérêt grandissant des Anglo-Saxons pour cette plateforme stratégique. Des institutions d’envergure comme Lloyd’s, PwC, Standard Chartered ou encore le Private Infrastructure Development Group (PIDG) utilisent Casablanca pour surmonter des barrières logistiques et linguistiques auparavant contraignantes. «Grâce à une position géographique privilégiée permettant de relier Londres aux grandes capitales ouest-africaines en quelques heures de vol, des cabinets spécialisés comme Clifford Chance orchestrent depuis le Maroc des opérations transfrontalières d’envergure, à l’image du rachat des filiales de BNP Paribas par la Banque centrale populaire ou du financement de la centrale solaire de Kong, en Côte d’Ivoire», souligne Jeune Afrique.
Au-delà de la connectivité aérienne, Casablanca offre un environnement d’affaires complet où cohabitent fonds d’investissement, cabinets de conseil, grands groupes nationaux et institutions publiques telles que la CDG ou la CIMR. Comme le soulignent des figures de la finance locale, l’implantation d’investisseurs internationaux s’appuie fortement sur l’ancrage déjà solide des banques, assureurs et opérateurs télécoms marocains en Afrique subsaharienne. Cette proximité sectorielle et cette connaissance du terrain africain permettent aux multinationales d’aborder des marchés complexes en s’appuyant sur une tête de pont éprouvée. Certains acteurs des infrastructures rappellent toutefois que les synergies avec les banques commerciales locales restent à développer, face aux financements accordés par les institutions de développement.
L’attractivité du hub repose également sur un cadre juridique et financier sécurisant, associé à des incitations fiscales ciblées. La stabilité de la monnaie marocaine garantit la liberté de rapatriement des dividendes, tandis que le statut CFC offre une gestion simplifiée des opérations en devises, sans autorisation préalable. «Les entreprises bénéficient d’une exonération totale de l’impôt sur les sociétés pendant leurs cinq premières années, puis d’un taux plafonné à 20%, auquel s’ajoute un taux d’imposition préférentiel de 20% pour les salariés pendant dix ans. Saïd Ibrahimi tient toutefois à préciser que CFC n’est ni une zone franche ni un paradis offshore, car ses membres conservent un accès direct au marché national marocain», souligne Jeune Afrique.
Si des progrès restent à accomplir concernant la domiciliation de véhicules de projet ou la généralisation de l’arbitrage international, Casablanca parvient à attirer un vivier croissant de talents. La place séduit de nombreux professionnels d’Afrique francophone et offre à la diaspora marocaine un cadre de travail conforme aux standards mondiaux, ainsi qu’une qualité de vie attrayante. Cette capacité à faire converger compétences internationales et opportunités régionales confirme le rôle central de Casablanca dans la fluidification des flux de capitaux sur l’ensemble du continent.




