Les relations marocco-mauritaniennes connaissent, au cours de ce mois de novembre, une activité diplomatique et militaire particulièrement soutenue. La visite effectuée vendredi dernier à Nouakchott par le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, conjuguée à un échange de visites entre délégations militaires des deux pays, témoigne d’une volonté commune de consolider les mécanismes de coopération bilatérale.
Cette intensification des échanges intervient dans un environnement régional et géopolitique délicat, marqué par les évolutions du dossier du Sahara marocain, notamment dans la perspective de la fin de la mission de la MINURSO, ainsi que par la nécessité de renforcer la coordination en matière de défense, de surveillance des frontières et de sécurisation de la navigation dans l’espace atlantique, rapporte Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 9 novembre.
Parallèlement aux enjeux sécuritaires, les dimensions économique et commerciale occupent une place croissante dans les relations entre Rabat et Nouakchott. Les derniers développements concernant l’organisation des flux commerciaux à travers le passage frontalier stratégique d’El Guerguerat illustrent l’importance de cet axe dans les échanges entre le Maroc et les marchés africains.
Selon l’Agence mauritanienne d’information, la question du Sahara marocain a constitué l’un des principaux sujets abordés lors des concertations entre Nasser Bourita et les responsables mauritaniens. Ces discussions se sont déroulées dans un contexte de profondes mutations internationales, qui incitent les acteurs régionaux à réévaluer leurs positions et à adapter leurs calculs diplomatiques aux nouvelles réalités géopolitiques.
De son côté, Nouakchott continue de réaffirmer ce qu’elle présente comme une politique de «neutralité positive totale» à l’égard du différend autour du Sahara marocain. Par ailleurs, les autorités mauritaniennes ont officiellement démenti les informations faisant état de prétendues revendications visant à rattacher Lagouira au territoire mauritanien, ou de toute volonté d’imposer une modification des frontières en contrepartie de concessions liées au processus d’autonomie au Sahara marocain.
Sur le volet militaire, cette dynamique diplomatique s’est accompagnée, la semaine dernière, de quatre visites réciproques de délégations militaires, qui ont notamment concerné les établissements de formation militaire et maritime des deux pays. Ces échanges viennent s’ajouter aux travaux de la commission militaire mixte et illustrent la profondeur d’une coopération bilatérale dont les fondements remontent à 1970.
Face aux recompositions géopolitiques en cours, le rapprochement militaire entre Rabat et Nouakchott dépasse désormais le cadre d’une simple coopération institutionnelle. Il s’impose progressivement comme un impératif stratégique, destiné à préserver la sécurité des deux pays et à contribuer à la stabilité de l’ensemble de la région.
Sur le plan économique, des sources bien informées ont, pour leur part, démenti les informations relayées par certains médias concernant une prétendue interruption de la circulation des personnes et des marchandises au poste-frontière d’El Guerguerate, entre le Maroc et la Mauritanie. Cette situation aurait été liée, selon ces informations, à la décision des autorités marocaines de suspendre l’exportation de certains produits agricoles et alimentaires vers les marchés africains.
Les mêmes sources précisent que les camions transportant des marchandises non concernées par cette mesure continuent de franchir normalement le passage frontalier, sans perturbation du trafic commercial. Une clarification qui vient écarter les spéculations sur un éventuel blocage des échanges entre les deux pays.
En définitive, si Nouakchott affirme ne nourrir aucune ambition territoriale à l’égard de ses voisins, les autorités mauritaniennes demeurent particulièrement attentives aux répercussions sécuritaires et diplomatiques du conflit autour du Sahara, écrit Al Ahdath Al Maghribia. Leurs préoccupations portent notamment sur le risque de voir les zones sahariennes situées à proximité de leurs frontières nord se transformer en théâtre d’opérations militaires, avec pour conséquence l’apparition d’un vide sécuritaire et juridique.
Dans cette perspective, les responsables mauritaniens redoutent que l’instabilité et le relâchement des dispositifs de surveillance ne profitent à des cellules dormantes ou à des réseaux criminels organisés, susceptibles d’exploiter toute situation de désordre.




