Sahara marocain: de la gestion à la consolidation institutionnelle des acquis

Des véhicules de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO), du côté marocain du point de passage frontalier entre le Maroc et la Mauritanie, à Guerguerat, le 25 novembre 2020,. AFP or licensors

Revue de presseDans une tribune d’analyse prospective, Rachid Lazrak, professeur de sciences politiques, décrypte le tournant historique majeur de la question du Sahara marocain à l’ère post-MINURSO. Il affirme la nécessité stratégique d’ancrer les victoires diplomatiques de la diplomatie marocaine dans un cadre constitutionnel, juridique et socio-économique pérenne, porté par l’initiative d’autonomie et le déploiement de la régionalisation avancée. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 05/11/2026 à 19h26

Publiée dans l’édition de ce vendredi 6 novembre, une tribune de Rachid Lazrak propose une déconstruction minutieuse des mutations de la question du Sahara marocain, marquant le passage irréversible d’une simple gestion à un encadrement institutionnel, juridique et stratégique définitif. Dans ce premier temps, l’auteur analyse la transition d’un cadre intérimaire, incarné pendant des décennies par la MINURSO, vers l’affirmation d’une souveraineté marocaine pleine et entière, appuyée par la révision fondamentale des termes des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. L’analyse souligne que le dossier a dépassé les arbitrages de court terme pour s’ancrer dans des garanties juridiques et institutionnelles pérennes, exigeant du Maroc qu’il consolide ses acquis diplomatiques en les traduisant par un ancrage constitutionnel et démocratique inébranlable.

Sur le plan de l’initiative d’autonomie présentée en 2007, Rachid Lazrak démontre qu’elle s’est imposée au fil des années comme l’unique formule viable, réaliste et conforme à la légitimité internationale pour mettre fin au conflit. L’auteur, lit-on dans Al Ahdath Al Maghribia, insiste sur le fait que la portée de ce projet va bien au-delà d’une concession politique ou d’un accommodement circonstanciel. Il s’agit d’une offre globale intégrant une véritable séparation des pouvoirs à l’échelle régionale, dotant les populations des provinces du Sud de prérogatives exécutives, législatives et judiciaires étendues sous souveraineté marocaine. La reconnaissance internationale croissante de ce plan valide l’efficacité d’une diplomatie marocaine proactive qui a su faire reconnaître la viabilité institutionnelle et la crédibilité démocratique de sa proposition.

L’articulation entre la diplomatie et le développement territorial interne constitue le cœur de la réflexion du professeur de sciences politiques. Rachid Lazrak explique que la réussite des victoires diplomatiques dépend directement de la capacité du Royaume à transformer le soutien international en projets de développement concret sur le terrain. La mise en œuvre des grands chantiers socio-économiques et le renforcement des infrastructures dans les régions du Sud permettent d’associer la légitimité juridique à une souveraineté effective et vécue au quotidien, créant ainsi un environnement propice à l’investissement international, au commerce transfrontalier et à l’intégration régionale économique.

La régionalisation avancée est identifiée comme le levier institutionnel déterminant pour concrétiser le projet d’autonomie et fonder une gouvernance locale moderne. L’auteur met en avant la nécessité d’impliquer pleinement les citoyens et leurs représentants élus dans la gestion des ressources, la définition des politiques publiques territoriales et le contrôle des institutions locales. En érigeant les provinces du Sud en modèles de démocratie participative et de décentralisation poussée, le Maroc démontre par les faits la maturité de son appareil institutionnel et confirme la pertinence de son modèle de citoyenneté intégrée face aux défis sécuritaires et économiques du Sahel et du Maghreb, peut-on lire dans Al Ahdath Al Maghribia.

Dans la perspective des relations internationales, la tribune souligne l’impératif pour la diplomatie marocaine de diversifier et d’approfondir ses partenariats stratégiques mondiaux. Rachid Lazrak indique que le ralliement de grandes puissances et d’acteurs influents à la position marocaine ne doit pas mener à l’attentisme, mais stimuler une action continue visant à sécuriser les alliances sur la durée. La diplomatie doit constamment anticiper les manœuvres des parties adverses en consolidant le droit international en sa faveur et en inscrivant les accords bilatéraux, qu’ils soient d’ordre économique, sécuritaire ou culturel, dans le cadre strict du respect de l’intégrité territoriale du Royaume.

Rachid Lazrak met en lumière la cohérence de la vision royale qui guide cette nouvelle étape du dossier saharien avec pragmatisme et fermeté. L’enjeu des années à venir réside dans la pérennisation définitive des acquis politiques en les consolidant au sein d’un cadre juridique irréversible, capable d’assurer la stabilité et la prospérité à long terme de l’ensemble de la région.

Par La Rédaction
Le 05/11/2026 à 19h26