Le Fonds Mohammed VI pour l’investissement vient de franchir une étape décisive dans son déploiement opérationnel en publiant son tout premier rapport d’impact, qui jette une lumière crue sur la traduction concrète de ses missions au service de l’économie marocaine. Au terme de l’exercice 2025, l’institution affiche des engagements s’élevant à 7,2 milliards de dirhams, prélevés sur un capital initial de 15 milliards de dirhams, illustrant la volonté manifeste des pouvoirs publics de catalyser l’investissement productif à travers le Royaume, rapporte le quotidien Les Inspirations Éco.
Au-delà de ces volumes financiers, le rapport met en exergue un effet d’entraînement particulièrement marqué dans dix des douze régions marocaines, où les interventions du Fonds ont contribué à soutenir plus de 15.000 emplois. Conçu comme un levier stratégique de relance, le FM6I déploie son action à travers un triptyque financier bien défini: le capital-investissement, les instruments de dette subordonnée et l’investissement direct dans les infrastructures stratégiques. L’ambition affichée demeure inchangée, à savoir utiliser intelligemment la ressource publique pour attirer des capitaux privés additionnels et lever les blocages structurels qui freinent l’accès des entreprises au financement de long terme.
Dans le volet du capital-investissement, qui constitue l’un des axes phares de cette stratégie, le Fonds a sélectionné quatorze sociétés de gestion, dont neuf marocaines et cinq internationales, matérialisant des engagements de 4,4 milliards de dirhams. Ces participations s’insèrent dans une enveloppe globale de 18,7 milliards de dirhams, mobilisant de surcroît des investisseurs institutionnels tiers. L’institution revendique à ce titre un effet multiplicateur remarquable de 4,3, ce qui signifie que chaque dirham injecté par le FM6I attire 4,3 dirhams de capitaux propres. À fin 2025, les investissements en Private Equity orientés vers les petites et moyennes entreprises atteignent 3,9 milliards de dirhams au profit de 27 structures opérant dans des secteurs aussi divers que l’industrie, l’agroalimentaire, le tourisme ou la logistique, consolidant ainsi durablement l’écosystème entrepreneurial national, indique Les Inspirations Éco.
Parallèlement, les mécanismes de dette subordonnée ont permis de consolider la structure financière des entreprises en venant en appoint du crédit bancaire classique. À la fin de la même période, 85 projets ont bénéficié d’accords de financement pour un montant total de 1,2 milliard de dirhams de dette subordonnée, catalysant un volume global de 6,6 milliards de dirhams d’investissements et dégageant un effet multiplicateur de 5,4. Deux programmes emblématiques structurent cette dynamique: CapAccess, qui soutient l’appareil productif industriel et de services avec 33 entreprises financées et 1,9 milliard de dirhams d’investissements induits à travers sept régions, et CapHospitality, qui s’adresse à la modernisation de l’hébergement touristique. Ce dernier dispositif comptabilise déjà 52 bénéficiaires pour 4,7 milliards de dirhams d’investissements mobilisés, permettant la rénovation de 18.790 lits répartis dans neuf régions.
Sur le front de l’emploi, les données consolidées par le rapport témoignent de retombées substantielles, avec plus de 15.000 postes soutenus ou en cours de création, dont 4.330 attribués au dispositif CapAccess et 6.920 liés à CapHospitality. Ces chiffres soulignent l’impact direct des financements octroyés sur le marché du travail, tout en distinguant les emplois existants de ceux induits par les carnets de commande des projets accompagnés, lit-on dans Les Inspirations Éco.
Le Fonds s’impose également comme un acteur incontournable du développement des infrastructures de grande envergure, en particulier dans les secteurs vitaux de l’eau et de l’énergie. En 2025, le FM6I a ainsi consolidé sa position dans la centrale électrique de Tahaddart en portant sa participation à 52% après le rachat des parts de Siemens et d’Endesa. De surcroît, l’institution participe activement, aux côtés de TAQA Morocco et de Nareva, à un vaste programme national d’infrastructures piloté en synergie avec le gouvernement et l’ONEE, représentant un portefeuille prévisionnel de 130 milliards de dirhams d’ici 2030. Ce chantier titanesque ambitionne notamment de doter le pays de capacités de dessalement atteignant 900 millions de mètres cubes, de réseaux de transfert d’eau portant sur 800 millions de mètres cubes, ainsi que de nouvelles infrastructures de production et de transport d’électricité.




