Mairie de Tanger: l’extension de la résidence de José Bono sous le feu roulant de critiques

Ruelle de l'ancienne médina de Tanger.

Revue de presseLe chantier d’agrandissement de l’ancienne demeure de l’ex-ministre José Bono au cœur de la Médina de Tanger pose problème. Réalisés en 2023 alors que le maire de Tanger était Mounir Laymouri, ces importants travaux et l’ajout d’un étage supplémentaire font se poser des questions sur le respect des règles d’urbanisme et la protection du patrimoine de la ville. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 07/10/2026 à 18h49

La transformation de la propriété de l’ancien ministre espagnol José Bono à Tanger entraîne de vives interrogations, notamment en raison de l’extension des lieux réalisée alors que Mounir Laymouri était à la tête de la commune. Acquis en 2021, cet édifice historique, lié au peintre catalan Josep Tapiró, a fait l’objet de travaux majeurs au cours de l’année 2023, consistant en l’ajout d’un étage supplémentaire au-dessus de la structure d’origine, et en l’achat de biens immobiliers voisins. Cette métamorphose d’envergure, menée au cœur même de la Médina de Tanger, fait que l’opinion publique s’interroge sur la rigueur des contrôles urbanistiques et la préservation du patrimoine architectural de la ville, indique le quotidien Al Akhbar de ce jeudi 8 octobre.

La question de la légalité de cette extension se pose avec d’autant d’acuité que ce bien immobilier est assujetti à des restrictions strictes afin que son cachet historique soit préservé. Les interventions réalisées en 2023 ont non seulement permis d’agrandir la superficie globale de la propriété de 700 à plus de 1.800 mètres carrés avec des fusions d’autres parcelles, mais ont également conduit à l’élévation d’un niveau entier dans un périmètre protégé. Dans ce contexte, l’obtention des autorisations requises auprès des services compétents fait l’objet de questionnements quant au respect des règles d’urbanisme applicables aux monuments historiques.

L’implication de la mairie de Tanger, sous la direction de Mounir Laymouri, est l’un des aspects les plus débattus de cette question. En effet, les travaux d’extension et de réaménagement se sont déroulés en 2023, une période où Mounir Laymouri assumait pleinement ses fonctions de maire après son élection en 2021, année précisément marquée par l’achat de la propriété par José Bono. Cette concomitance des calendriers place la gestion municipale au centre des discussions, et beaucoup de Tangérois cherchent à comprendre de quelle manière ces changements dans l’architecture de cet édifice ont pu être validés qu’il n’y ait eu de soupçons sur leur conformité réglementaire, indique Al Akhbar.

En plus de l’adjonction d’un étage, le projet immobilier s’est accompagné d’une vaste réhabilitation et d’une extension géographique englobant des immeubles adjacents, situés rue Charki. Cette expansion territoriale, qui modifie la configuration originelle de l’ensemble immobilier, engendre les inquiétudes des Tangérois sur le contournement potentiel des réglementations locales en ce qui concerne l’aménagement urbain. La transformation de ce site dont la valeur mémorielle est reconnue en un logement privé de grande envergure démontre une modification profonde des usages du lieu, qui échappe difficilement aux prérogatives des autorités locales de contrôle.

La sensibilité de ce dossier s’explique aussi par la dimension diplomatique et historique attachée à cette demeure tangéroise, autrefois atelier de Josep Tapiró, dès 1876. Alors que les médias espagnols ont relayé des épisodes d’utilisation de cette résidence pour des réceptions par des responsables diplomatiques, l’imbrication entre divers intérêts privés étrangers et la gestion administrative locale fait se poser des questions sur la transparence des procédures. Les Tangérois et les militants d’ONG locales veulent en savoir davantage sur les traitements différenciés qui prévalent entre des investisseurs étrangers de renom et les habitants ordinaires, quant à eux soumis aux contraintes rigoureuses d’une réhabilitation dans la vieille ville.

Par La Rédaction
Le 07/10/2026 à 18h49