À quelques jours du scrutin législatif, l’association Osraty invite les candidats et les partis politiques à clarifier publiquement leur position sur une réforme de la kafala plaçant l’intérêt supérieur de l’enfant au cœur de la loi. L’organisation réclame notamment une protection plus durable des enfants makfouls et une révision en profondeur de la loi n°15-01.
L’association Osraty demande aux candidats de clarifier publiquement «leur soutien à une réforme qui place l’intérêt supérieur de l’enfant au cœur de la loi».
Osraty est une association marocaine regroupant des familles ayant accueilli des enfants abandonnés dans le cadre de la kafala. Fondée en 2007, elle informe, oriente et accompagne les futurs parents kafils dans leurs démarches administratives et juridiques.
Avant de s’adresser aux partis politiques et à leurs candidats, Osraty rappelle que, chaque année au Maroc, «des milliers d’enfants sont abandonnés». Selon elle, certains «ne survivent pas aux premiers jours, laissés dans la rue avant d’avoir pu être secourus».
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D’autres, ajoute l’association dans un communiqué, «sont recueillis à temps et confiés à des pouponnières, puis à des centres de protection, en attendant qu’une famille vienne en prendre soin».
C’est tout le sens du combat mené par Osraty depuis 2007, à savoir «faire de la kafala non pas une simple prise en charge administrative révocable au gré des aléas de la vie, mais une véritable famille, solide et durablement protectrice».
L’association rappelle que la loi n°15-01, qui encadre la kafala depuis 2002, «n’a jamais été révisée en profondeur». Elle regrette que ce texte «laisse aujourd’hui des enfants makfouls dans une précarité que rien ne justifie».
Osraty cite notamment la possibilité de rompre la kafala «à tout moment, y compris après des années de vie commune, sans que l’enfant ait commis la moindre faute». L’association déplore également que cette prise en charge prenne fin à l’âge de 18 ans, laissant certains jeunes sans protection familiale ou juridique suffisante au moment de leur passage à l’âge adulte.
L’organisation cite également l’exemple de plusieurs pays musulmans dans lesquels le cadre juridique de la kafala a évolué afin d’offrir davantage de stabilité et de garanties aux enfants concernés.
Osraty plaide ainsi «pour une réforme de la kafala dans l’intérêt supérieur de l’enfant».
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À l’approche des élections législatives, l’association demande à chaque parti et à chaque candidat de répondre publiquement à une question simple: «Que comptez-vous faire, durant la prochaine législature, pour que la loi cesse de traiter les enfants makfouls comme des enfants indignes de posséder les mêmes droits que tout autre enfant?»
En conclusion, l’ONG affirme que «ces enfants n’ont pas choisi leur histoire. Ils sont, avant tout, des enfants du Maroc».
Il reviendra, selon elle, à celles et ceux qui seront élus le mois prochain de «décider s’ils resteront des enfants à marginaliser, ou s’ils deviendront, enfin, des citoyens comme les autres».
En interpellant directement les candidats, Osraty entend inscrire la réforme de la kafala dans le débat électoral. Pour l’association, l’enjeu ne se limite pas à une modification technique de la loi: il s’agit de garantir aux enfants makfouls la stabilité familiale, la protection durable et l’égalité des droits auxquelles tout enfant devrait pouvoir prétendre.




