Sebta: les contradictions de la rhétorique de Juan Jesús Vivas

Des agents de la police nationale espagnole montent la garde alors que des migrants attendent d'être enregistrés dans le quartier de Loma Colmenar, à Ceuta, le 31 août 2026 (AFP).. AFP or licensors

Revue de presseÀ travers les récentes déclarations du président du préside de Sebta sur la chaîne de TV Antena 3, la classe politique espagnole illustre ses contradictions internes face au phénomène migratoire. Ces prises de position qualifiant la crise d’«invasion» et le Maroc de partenaire «peu fiable», ignorent les efforts titanesques du Royaume et révèlent comment la question migratoire est instrumentalisée au cœur des luttes partisanes ibériques. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 15/09/2026 à 17h50

Dans une tentative désespérée de détourner l’attention des crises intérieures vers l’extérieur, Juan Jesús Vivas, président du préside de Sebta, s’est exprimé sur la chaîne Antena 3 dans un discours truffé d’erreurs et de contradictions. Vivas, qui a dirigé ses critiques contre le gouvernement central de Pedro Sánchez, a tenté de réduire la complexité du phénomène migratoire à des termes militaires tels qu’«invasion» ou encore «attaque hybride», qualifiant le Maroc de «partenaire non fiable», relaie le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 16 septembre. Une lecture attentive entre les lignes de ces déclarations révèle toutefois la fragilité de la position intérieure espagnole et confirme, sans l’ombre d’un doute, la force et la centralité du statut du Maroc en tant que puissance régionale souveraine.

La plus grande incohérence dans le discours de Vivas réside dans sa demande que l’Espagne et l’Union européenne exercent un contrôle total sur les lignes de séparation entre Fnideq et Senta sans compter sur le Maroc, tout en s’étonnant au même moment de l’afflux de milliers de migrants en cas de relâchement ou de pression le long de ces mêmes lignes. Cette contradiction met en lumière la réalité selon laquelle certaines élites espagnoles tentent d’effacer, par ignorance ou intentionnellement, le fait tangible et empirique que le Maroc n’est pas seulement un simple partenaire, mais le véritable garant de la sécurité et le bouclier suprême qui supplée aux insuffisances chroniques de l’Europe, écrit Al Ahdath Al Maghribia. Si l’Espagne est capable de se protéger, c’est grâce au partenariat stratégique et à l’effort titanesque déployé par le Maroc. Sinon, son système de sécurité s’effondreraient d’eux-mêmes face à un afflux migratoire inédit.

L’utilisation par Vivas du terme «invasion» relève d’un recours au registre populiste et d’une tentative de transformer une crise humanitaire et sociale complexe en un scénario de confrontation, écrit Al Ahdath Al Maghribia. Accuser Rabat d’une prétendue «attaque hybride» constitue une fuite en avant. Les attaques de Vivas contre son propre gouvernement central, qu’il a qualifié d’«irresponsable» et de «démissionnaire», reflètent le contrecoup des luttes politiques internes en Espagne entre le Parti populaire et le Parti socialiste, illustrant comment la scène politique espagnole utilise le Maroc comme une carte électorale commode. Lorsque Vivas accuse le gouvernement de Sánchez de «peur face aux provocations du Maroc», il reconnaît implicitement l’importance et le poids du Royaume. La stabilité et la sécurité du sud de la Méditerranée commencent par le respect du partenaire du Sud et par un traitement fondé sur la souveraineté de l’État, et non par des déclarations médiatiques dénuées de maturité politique et noyées dans les contradictions, souligne Al Ahdath Al Maghribia.

Par La Rédaction
Le 15/09/2026 à 17h50