CHU d’Agadir: un marché public d’assistants de soins fait scandale

Entrée principale de l'hôpital Hassan II d'Agadir.

Revue de presseUne enquête administrative et une interpellation parlementaire secouent le secteur de la santé dans la région Souss-Massa, suite à l’attribution d’un contrat de plusieurs millions de dirhams à une société aux activités initialement étrangères aux prestations infirmières. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 15/09/2026 à 18h32

Le directeur général du Groupement sanitaire régional de Souss-Massa, le général Tarik El Harti, a ouvert un dossier controversé concernant le marché des assistants de soins au Centre hospitalier universitaire Mohammed VI d’Agadir, indique le quotidien Al Akhbar dans son édition de ce mercredi 16 septembre. L’affaire a éclaté avant l’entrée en fonction effective de la structure sanitaire, suite à la décision du directeur général de diligenter une enquête après la découverte que les assistants de soins travaillant au sein du CHU n’avaient pas perçu leurs dus financiers dans les délais impartis, bien qu’ils assurent des rôles vitaux et soient en contact direct avec les patients. Le retard dans le versement de leurs dus menaçait d’engendrer un mécontentement social et de porter atteinte au service public.

L’enquête ouverte sur ce contrat, d’une valeur supérieure à 24 millions de dirhams attribuée par le directeur général du CHU a suscité de vives inquiétudes. Selon les révélations de l’enquête, certains responsables impliqués dans ce marché controversé n’auraient pas signé les documents administratifs de leur propre main, déléguant cette tâche à des fonctionnaires placés sous leur autorité.

Ce marché a été à l’origine d’une large polémique, la société attributaire étant spécialisée dans les services de nettoyage et de blanchisserie, et n’ayant aucune relation avec les soins infirmiers. Des interrogations ont été soulevées quant aux réelles motivations de l’attribution de ce contrat à cette entreprise, écrit Al Akhbar.

D’après les données relatives à ce marché, le CHU d’Agadir avait lancé le 16 juillet 2024 un appel d’offres ouvert international portant sur des services de soutien et de soins infirmiers au sein du centre hospitalier, la première tranche de ce marché étant estimée à plus de 24 millions de dirhams, suite à l’ouverture des plis le 10 septembre 2024. Le contrat a été attribué à une entreprise de nettoyage dont l’objet social ne couvre pas les activités d’assistant de soins, se limitant aux services de propreté, de blanchisserie, de restauration, de gestion des déchets, de jardinage, de stérilisation et de commerce.

Néanmoins, à la suite de son attribution, les services de soins infirmiers et les assistants de soins ont été intégrés de manière exceptionnelle dans le contrat, bien que leur activité n’ait pas été initialement prévue dans son cadre légal. Par ailleurs, les répercussions de ce marché ont atteint le Parlement, où le ministre de tutelle a été interpellé par écrit sur le respect des procédures techniques et juridiques stipulées dans le cahier des charges et la réglementation en vigueur, ainsi que sur les critères légaux et administratifs ayant permis l’acceptation de l’offre d’une entreprise dont l’activité n’incluait pas les soins infirmiers lors du dépôt de sa proposition. L’affaire a également permis de révéler le non-respect des dispositions de la loi numéro 13.13 relative à l’exercice de la profession infirmière, l’attribution du marché étant donc qualifiée de scandaleuse.

Par La Rédaction
Le 15/09/2026 à 18h32