CHU d’Agadir: 110 agents refusent de rejoindre leur poste malgré un manque cruel en effectifs

Entrée principale du Centre hospitalier universitaire Hassan II d'Agadir. 

Entrée du Centre hospitalier universitaire Hassan II d'Agadir.  . DR

Revue de presseUn conflit social et administratif paralyse les structures sanitaires à Agadir, où 110 fonctionnaires refusent de regagner leur poste au Centre Hospitalier Universitaire. Cette crise révèle de profonds dysfonctionnements, marqués par le versement de salaires à des agents inactifs, dont certains résident à l’étranger, alors même que les services des urgences et d’oncologie sont en pénurie critique en effectifs de personnel soignant. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 10/09/2026 à 18h52

Une crise profonde secoue actuellement la santé publique dans la région d’Agadir, mettant aux prises la direction du Groupement Sanitaire Territorial Souss-Massa et un groupe de fonctionnaires. Au cœur de ce différend, le refus catégorique de 110 agents, dont 4 se trouvent actuellement à l’étranger, de rejoindre leurs nouvelles affectations au sein du Centre Hospitalier Universitaire.

Selon Al Akhbar de ce vendredi 11 septembre, «les origines de cette contestation remontent au mois de mars dernier, lorsque le directeur général du Groupement Sanitaire Territorial, Tarik El Harti, a initié un mouvement de mutation interne», ce qui a été à l’origine d’une vive opposition de la part de plusieurs médecins et infirmiers, qui contestaient le principe même de leur réaffectation vers le Centre Hospitalier Universitaire Mohammed VI, perçue comme un bouleversement de leur situation professionnelle. Devant ce refus collectif, la direction générale a opté pour une convocation individuelle des agents concernés afin de les inciter à rejoindre leur nouveau poste. Toutefois, cette démarche s’est heurtée à une fin de non-recevoir généralisée, appuyée par certaines organisations syndicales qui ont pris la défense des contestataires.

La situation s’est envenimée lorsque les investigations ont révélé une réalité administrative pour le moins paradoxale. Environ 110 fonctionnaires, bien qu’officiellement rattachés à des structures sanitaires depuis le mois de mars dernier et bénéficiant régulièrement de leurs émoluments financiers, continuaient à percevoir leur salaire sans accomplir la moindre tâche professionnelle, indique Al Akhbar. Pis: certains de ces agents vivent actuellement à l’étranger, tout en continuant à percevoir un salaire figurant sur des lignes du budget alloué au ministère de la Santé. Ainsi, un médecin affecté au Centre Hospitalier Universitaire n’a pas réalisé la moindre intervention chirurgicale depuis l’année 2019, ce qui soulève des questionnements sur la gestion des ressources humaines et l’absentéisme dans de cet établissement.

Le quotidien souligne que le Centre Hospitalier Universitaire fait face à un déficit chronique en personnel soignant, qui affecte particulièrement les cadres infirmiers, les techniciens et les assistants sociaux. Ce déséquilibre pèse lourdement sur la qualité des prestations offertes aux usagers. «Le service des urgences du CHU, qui constitue la porte d’entrée principale pour les patients de toute la région, ne dispose parfois que de 6 infirmiers pour assurer la prise en charge médicale, un effectif largement insuffisant au regard de la forte densité démographique et de l’afflux quotidien de malades en provenance des provinces du sud», détaille le quotidien, ajoutant que «le service d’oncologie ne fonctionne qu’avec deux infirmières au cours de l’été, tandis qu’un nombre important de diplômé(e)s en soins infirmiers, actuellement au chômage, contestent l’inertie administrative qui les prive d’opportunités d’intégration professionnelle face à des besoins aussi criants».

Devant ces constats, écrit Al Akhbar, «l’administration générale du Groupement Sanitaire Territorial a amorcé une riposte institutionnelle. Elle s’apprête à enclencher la procédure d’abandon de poste à l’encontre des fonctionnaires récalcitrants, qu’ils appartiennent au corps médical, paramédical, technique ou administratif. Cette décision inflexible intervient malgré l’ampleur du déficit enregistré au sein du CHU, illustrant la volonté du ministère de tutelle de rétablir une discipline administrative et de mettre un terme à des dysfonctionnements structurels qui persistent depuis de longs mois, au détriment de l’intérêt général et de la fluidité des services de santé publique».

Par La Rédaction
Le 10/09/2026 à 18h52