L’administration sanitaire de la région Souss-Massa traverse une période d’agitation intense marquée par des décisions administratives d’urgence et une remise en question des modes de gestion. Le général Tarik El Harti, directeur général du Groupement Territorial de Santé (GTS) de Souss-Massa, a pris la décision de limoger le directeur de la santé par intérim pour Agadir-Ida Ou Tanane et Chtouka-Aït Baha, un mois seulement après sa désignation à ce poste. Cette mesure radicale intervient à la suite de dysfonctionnements majeurs constatés dans la gestion des ressources humaines de la région, relaie le quotidien Al Akhbar de ce mercredi 9 septembre.
Le déclenchement de cette crise repose sur la découverte de plus de soixante fonctionnaires relevant du secteur de la santé et de la protection sociale qui se trouvaient en situation d’inactivité forcée depuis la fermeture de l’ancien hôpital régional Hassan II. Ces agents, comprenant des techniciens, des cadres administratifs ainsi que du personnel médical et paramédical, n’avaient pas été réaffectés, malgré un accord préalable prévoyant leur redéploiement. Face à cette situation, le général a reçu plusieurs de ces agents dans son bureau pour établir les faits et comprendre les raisons de cette inactivité prolongée, une anomalie d’autant plus frappante que le centre hospitalier universitaire Mohammed VI d’Agadir souffre actuellement d’un déficit catastrophique en effectifs.
Le dossier de la réaffectation des agents de santé constituait pourtant le sujet central d’un dialogue permanent entre les syndicats et la direction centrale du ministère de la Santé, lit-on dans Al Akhbar. À cet effet, une importante réunion s’était tenue au siège de la direction régionale de la santé à Agadir en présence des responsables régionaux, universitaires et provinciaux. Lors de cette rencontre, les parties s’étaient accordées sur des mesures transitoires visant à garantir la continuité des prestations de santé, tout en prenant en considération la situation sociale et professionnelle des agents concernés. Il avait été décidé de privilégier le principe du volontariat dans la gestion des déplacements temporaires et de s’appuyer sur des critères objectifs garantissant un équilibre entre les différents établissements, tout en préservant les droits administratifs du personnel et en limitant les contraintes liées aux distances de transport.
Pour orchestrer ce processus, un calendrier précis avait été établi, prévoyant la validation des postes disponibles le 24 mars 2026, suivie de l’ouverture d’une plateforme informatique d’inscription du 27 au 30 mars pour permettre aux intéressés de formuler leurs choix. Concernant l’administration de l’ancien hôpital régional, la mise à disposition temporaire de locaux au sein de la délégation provinciale avait été arrêtée afin de permettre aux responsables de gérer cette phase transitoire, notamment pour les archives, les équipements et les dossiers des patients.
Toutefois, lors du déploiement sur le terrain et de la répartition des agents selon leurs grades et compétences, un nombre important d’entre eux est demeuré sans affectation effective jusqu’à la fin du mois de mars, ce qui a enjoint la direction générale à intervenir directement en convoquant une partie du personnel pour procéder à leur réaffectation. Cette démarche a provoqué la colère de la coordination syndicale du secteur de la santé à Agadir, qui a adressé un courrier officiel au directeur général du GTS pour dénoncer une approche jugée unilatérale et non institutionnelle. Les partenaires sociaux estiment que cette façon d’agir constitue un contournement des engagements pris entre le ministère et les syndicats, rappelant que la gestion des ressources humaines doit s’effectuer à travers des mécanismes légaux et transparents en concertation avec les représentants des travailleurs, et non par des décisions individuelles.
En parallèle à ces tensions, le général Tarik El Harti a publié une décision portant délégation de signature aux directeurs des hôpitaux relevant du CHU Mohammed VI d’Agadir, ainsi qu’aux directeurs des établissements de santé des quatre provinces de la région. Cette délégation de pouvoir concerne la gestion courante des ressources humaines, notamment la signature des autorisations et congés, les décisions de réaffectation interne, les ordres de mission régionaux, les fiches d’évaluation ainsi que les demandes d’explications et avertissements administratifs, dans une tentative de fluidifier la prise de décision dans cette région.




