À peine ouvert, l’hôpital des spécialités de Tétouan en crise ouverte

L'hôpital des spécialités de Tétouan.

Revue de presseÀ peine inauguré, le nouvel hôpital des spécialités de Tétouan traverse une tempête administrative et syndicale sans précédent, marquée par une demande de décharge du directeur régional et un mouvement de protestation fixé à une durée illimitée. Le corps médical dénonce l’ouverture précipitée de l’établissement, un manque criant d’effectifs et un transfert d’équipements vétustes, ce qui compromet le bon fonctionnement des services de cette structure pourtant stratégique pour la région. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 13/07/2026 à 17h57

Quelques jours à peine après son inauguration, l’hôpital des spécialités de Tétouan se trouve déjà au cœur d’une profonde crise administrative et syndicale. Attendu comme un projet d’envergure pour la région, le corps médical comme les patients, dans cet établissement, sont confrontés à une vague de contestations qui a rapidement pris une tournure dramatique, avec une demande de décharge de ses fonctions formulée par le directeur régional de la santé, ce qui vient démontrer l’impasse dans laquelle se trouve actuellement la gestion de cette structure sanitaire, indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce mardi 14 juillet.

Ce mécontentement a été initialement signalé par le Syndicat national de la santé publique, affilié à la Fédération démocratique du travail, dénonçant l’ouverture précipitée de cet hôpital. Selon les représentants syndicaux, le ministère de la Santé a insisté pour ouvrir les portes de l’établissement, malgré de multiples avertissements préalables concernant de graves défaillances structurales et logistiques. Parmi les griefs les plus lourds, figure le transfert d’équipements anciens, obsolètes et usagés de l’ancien hôpital Sania de Rmel vers les nouveaux locaux, une démarche qualifiée d’inutile et de préjudiciable par les professionnels du secteur.

En plus de ce matériel défaillant décrié, cette crise révèle un manque en ressources humaines. Alors que le nouvel hôpital se distingue par sa vaste superficie, ses nombreuses salles et sa grande capacité d’accueil, les effectifs en personnel médical et paramédical affectés sont largement insuffisants pour assurer un fonctionnement optimal. Une situation qui engendre une surcharge de travail et compromet la qualité des prestations aux patients, ce qui a poussé les syndicats à initier une manifestation à l’intérieur même de l’établissement, afin d’exiger des solutions urgentes et l’affectation d’effectifs supplémentaires, indique Al Ahdath Al Maghribia.

Devant l’escalade de ces tensions et la paralysie qui menace les services, une commission centrale dépêchée par la direction des équipements et de la maintenance du ministère de la Santé s’est rendue sur place en fin de semaine. Les inspecteurs ont effectué une visite approfondie et ont constaté l’état des installations, dont des pannes répétées signalées dans les ascenseurs servant à déplacer les patients, le système de climatisation, le réseau de transport pneumatique et les équipements de radiologie, y compris l’appareil d’IRM. Des réunions de longue durée ont été tenues avec les responsables administratifs et techniques locaux afin d’évaluer, en un inventaire précis, les différents besoins et de proposer des mesures d’urgence pour redresser la situation, notamment dans les services des urgences et de la maternité.

Malgré l’intervention de cette commission d’enquête et les tentatives de dialogue sous l’égide des autorités locales, le corps syndical maintient sa position de fermeté et poursuit son action de protestation. Les représentants des travailleurs estiment que les réunions précédentes n’ont débouché sur aucun résultat concret, ni engagement ferme susceptible de garantir des conditions de travail dignes et une prise en charge sécurisée des usagers. Le passage de la contestation locale à une phase d’arbitrage centralisé témoigne de la complexité d’un dossier où s’entremêlent des défaillances de gestion et des décisions ministérielles contestées, alors même que la population de Tétouan et des provinces avoisinantes attend toujours un hôpital aux normes requises.

Par Hassan Benadad
Le 13/07/2026 à 17h57