Déchets, mauvaises odeurs… à Agadir, des habitants dénoncent une situation devenue invivable

Un dépôt sauvage au cœur d’un quartier résidentiel d’Agadir. (M.Oubarka/Le360)

Le 23/08/2026 à 15h58

VidéoPrivés d’air pur et menacés par la prolifération d’insectes et de maladies, les habitants de plusieurs quartiers d’Agadir font face à une accumulation importante de déchets ménagers. Une situation qui suscite de vives interpellations adressées au Conseil communal concernant la gestion des services de propreté dans la ville. Les images.

À Agadir, les points noirs se multiplient dans plusieurs quartiers, au grand dam des habitants. De l’accumulation des déchets ménagers aux nuisances olfactives, les riverains se sentent oubliés et dénoncent une gestion inégale de la propreté urbaine à travers la ville.

À la résidence El Farah 8, la situation suscite particulièrement l’exaspération. Les habitants assurent avoir multiplié les démarches auprès des services concernés, sans obtenir, selon eux, de réponse concrète.

«Nous sommes des habitants de ce quartier. Comme vous pouvez le voir, l’endroit est rempli de déchets et, chaque jour, nous subissons les mauvaises odeurs», témoigne Mohammed, un habitant de la ville.

Le problème ne date pas d’hier, assure-t-il. Les riverains disent avoir signalé à plusieurs reprises ces dépôts, notamment sur des terrains non bâtis où les déchets continuent de s’accumuler. «Nous avons commencé à nous plaindre, nous avons envoyé des courriers et nous avons épuisé tous les moyens pour alerter la commune. Mais aucune solution n’a été apportée», déplore Abdellah Amzil, représentant des résidents.

Dans les logements voisins, ces nuisances se font particulièrement sentir en cette période estivale. Aérer son appartement devient ainsi une source de désagrément pour les riverains. «En été, les gens sont chez eux et vous savez à quel point il est important de pouvoir ouvrir les fenêtres pour respirer. Mais chez nous, quand on ouvre les fenêtres, qu’est-ce qu’on respire? L’odeur des déchets», s’indigne-t-il.

À ces mauvaises odeurs s’ajoutent les moustiques et autres insectes, dont la présence est également dénoncée par les habitants. «Nous souffrons de plusieurs problèmes, notamment des allergies, des moustiques et de certains insectes nuisibles», affirme le représentant des résidents.

El Farah 8 n’est toutefois pas un cas isolé. Plusieurs autres quartiers d’Agadir seraient concernés par ces points noirs. El Farah, Al Wifaq, Al Wafa, Adrar, Tilila et Hay Mohammadi figurent notamment parmi les secteurs cités.

Pour Noureddine Hamimou, acteur associatif, cette situation pose également la question de l’égalité de traitement entre les différents quartiers de la ville.

«Nous espérons que les responsables de la ville d’Agadir appliqueront ce qu’on appelle la justice territoriale et accorderont aux quartiers la même attention que celle accordée à la zone touristique», plaide-t-il.

«On ne peut pas parler uniquement de la zone touristique et lui accorder toute l’attention, avec les moyens de nettoyage et la logistique nécessaires, tout en laissant les quartiers d’Agadir dans un tel état», estime Moustafa Anzam, habitant de la ville.

Les conditions de collecte font également partie des griefs exprimés par les riverains. «Le camion de la commune vient le matin et compresse ces déchets. L’eau qui en sort se déverse ensuite dans la rue et s’écoule le long de la chaussée», déplore Abdellah Amzil, représentant des résidents.

Pour les habitants, l’enjeu ne se limite donc pas à l’image de la ville. Ils réclament avant tout des interventions régulières, la résorption des points noirs et une prise en charge durable des espaces où les déchets continuent de s’accumuler. «Agadir est une ville touristique et ne devrait pas connaître de telles situations», insiste Moustafa Anzam.

Par M'hand Oubarka
Le 23/08/2026 à 15h58