L’octroi d’une autorisation de location de scooters des mers sur le littoral d’Anza a déclenché une vive polémique au sein de l’agglomération d’Agadir, mettant en lumière des dysfonctionnements institutionnels et de fortes tensions entre les autorités locales, les élus territoriaux et les acteurs de la société civile. «Au cœur de cette controverse se trouve la délivrance, dans des conditions jugées opaques, d’un permis d’exploitation à une entreprise spécialisée dans les loisirs nautiques à moteur, sur une portion de côte déjà fortement fréquentée par les riverains et les visiteurs», indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du lundi 17 août.
La clarification apportée par le bureau communal d’Agadir a rapidement envenimé le débat, les représentants de la municipalité ayant publiquement démenti être à l’origine d’un quelconque accord commercial pour cette zone balnéaire. Cette prise de distance officielle a révélé que la décision émanait directement des services préfectoraux, déclenchant ainsi un imbroglio juridique autour de la répartition des prérogatives administratives entre la préfecture et le conseil municipal de la ville.
Face à la contestation grandissante et à l’indignation suscitée par l’apparition soudaine d’infrastructures en bois destinées au stockage et au ravitaillement des engins à moteur sur le sable, les autorités provinciales ont finalement été contraintes de faire marche arrière en prononçant la suspension temporaire de l’activité. «Cette volte-face administrative est intervenue alors que l’autorisation initiale entrait en contradiction directe avec un arrêté préfectoral antérieur, toujours juridiquement valide, qui proscrit toute forme d’activité commerciale ou de prestation de services non régulée sur le domaine public maritime de la province», écrit Al Akhbar.
De surcroît, la présence de ces véhicules nautiques contrevient aux protocoles de sécurité établis pour la saison estivale, lesquels imposent un balisage rigoureux, la délimitation stricte des zones de navigation et la mise en place de couloirs d’accès sécurisés afin de prévenir les collisions entre les usagers de la mer.
La riposte citoyenne s’est organisée à travers une coalition regroupant plus de vingt associations locales, réunies pour dénoncer ce qu’elles qualifient de bradage de l’espace public balnéaire au profit d’intérêts privés. «Dans un appel alarmant, le tissu associatif d’Anza a rappelé la configuration géographique particulière de cette plage, dont la bande praticable pour la baignade ne dépasse guère deux cents mètres de longueur. L’introduction d’activités nautiques motorisées dans un périmètre aussi restreint réduit considérablement l’espace vital réservé aux nageurs, aux familles et à la communauté grandissante des adeptes du surf», lit-on dans Al Akhbar.
Les protestataires pointent du doigt les risques sécuritaires majeurs qu’impose la cohabitation forcée entre des engins à grande vitesse et les baigneurs. Ils rappellent les drames mortels survenus par le passé sur d’autres plages de la région et exigent le retrait définitif de cette activité au profit de la préservation de la quiétude et de la sécurité des estivants.




