Tourisme à Agadir: la destination bat des records et se prépare déjà pour 2030

Agadir vue du ciel. (M.Oubarka/Le360)

Le 09/08/2026 à 14h15

VidéoPortée par une fréquentation en hausse, de nouvelles capacités hôtelières et une offre touristique qui se diversifie, Agadir confirme en 2026 son statut de destination phare au Maroc. À fin mai, la ville a accueilli plus de 607.000 visiteurs, pour 2,6 millions de nuitées, soit des progressions respectives de 6,6% et 9,7% sur un an. Une dynamique soutenue par les grands chantiers urbains, le développement de l’offre hôtelière et l’ouverture de nouveaux marchés, alors que la ville se prépare également à accueillir des rencontres de la Coupe du monde 2030.

À Agadir, dans les hôtels, sur le littoral et dans les principaux espaces touristiques, la fréquentation témoigne d’une destination qui gagne progressivement en intensité. La capitale du Souss attire toujours ses clientèles traditionnelles, notamment britannique et française, tout en élargissant son rayonnement à de nouveaux marchés européens. Une évolution qui s’accompagne d’une progression sensible de la demande nationale.

Les chiffres disponibles à fin mai 2026 donnent la mesure de cette dynamique. Plus de 607.000 touristes ont séjourné à Agadir depuis le début de l’année, soit une hausse de 6,6% par rapport à la même période de 2025. Le nombre de nuitées s’est, lui, établi à près de 2,6 millions, en progression de 9,7%. Des indicateurs qui traduisent à la fois l’attractivité de la destination et une durée de séjour qui reste un élément important de son activité touristique.

«Agadir connaît une évolution très positive de sa fréquentation. La ville ne se contente plus de ses marchés traditionnels comme la France et le Royaume-Uni, mais commence également à renforcer sa présence sur de nouveaux marchés, notamment polonais et belge, sans oublier la solidité de la demande nationale», explique Elarby Id-Bousaid, responsable au sein d’un groupe hôtelier à Agadir.

Pour les professionnels du secteur, cette progression se fait toutefois dans un contexte où la demande tend à dépasser les capacités disponibles. L’enjeu consiste désormais à accompagner cette croissance par une augmentation de l’offre, notamment en matière d’hébergement et de services touristiques. «Les indicateurs dont nous disposons laissent présager une saison estivale prometteuse. La demande dépasse aujourd’hui la capacité disponible, ce qui montre la nécessité d’accélérer les investissements dans l’hôtellerie et les services pour accompagner cette croissance», souligne Id-Bousaid.

Cette montée en puissance ne doit rien au hasard. Elle intervient dans le sillage des transformations engagées dans la ville ces dernières années, notamment à travers le Programme de développement urbain d’Agadir, lancé en 2020. Réaménagement des espaces urbains, amélioration des infrastructures et développement de nouveaux équipements: progressivement, ces chantiers ont contribué à renforcer l’attractivité de la destination et à améliorer l’expérience proposée aux visiteurs.

Pour Noureddine Bourchich, délégué régional du tourisme à Agadir, la dynamique actuelle est directement liée aux différents projets structurants engagés dans la capitale du Souss. «L’essor que connaît aujourd’hui le tourisme à Agadir est lié aux grands chantiers royaux, dont certains sont déjà achevés, tandis que d’autres sont en voie de finalisation ou programmés pour les prochaines années», explique-t-il.

Au-delà des infrastructures urbaines, le secteur mise également sur la modernisation de son offre. La rénovation de plusieurs établissements, l’arrivée de nouvelles unités hôtelières et la formation des professionnels participent à cette montée en gamme. «Les infrastructures directement liées au tourisme jouent également un rôle important, qu’il s’agisse de la mise à niveau des établissements hôteliers ou encore de la formation d’un capital humain répondant aux exigences du secteur», ajoute Bourchich.

Cette transformation s’accompagne d’une stratégie visant à diversifier et à consolider l’écosystème touristique local. La feuille de route du tourisme prévoit ainsi plusieurs leviers destinés à renforcer l’attractivité de la destination: développement de la capacité d’hébergement, création de nouvelles activités d’animation touristique, amélioration de la qualité des services et renforcement de la desserte aérienne.

L’aérien constitue justement l’un des maillons essentiels de cette stratégie. Pour une destination largement dépendante des marchés internationaux, l’ouverture et le renforcement des liaisons aériennes permettent d’élargir le bassin de visiteurs potentiels et de mieux connecter Agadir aux marchés émetteurs.

Dans le même temps, le paysage hôtelier continue de se renouveler. Deux nouvelles unités cinq étoiles ont récemment ouvert leurs portes, venant renforcer une offre destinée aussi bien à la clientèle internationale qu’aux visiteurs nationaux. «Le volet investissement a lui aussi connu une évolution importante. L’ouverture de deux établissements cinq étoiles permettra de renforcer la capacité d’accueil et de consolider le positionnement de la région en matière de services, de confort et de loisirs», précise Bourchich.

À l’horizon, Agadir regarde également vers un autre rendez-vous: la Coupe du monde 2030. La ville, appelée à accueillir des matchs de la compétition, devra disposer d’une offre touristique capable de répondre à une affluence exceptionnelle, mais aussi de capitaliser durablement sur cette visibilité internationale. Les investissements programmés dans les prochains mois s’inscrivent ainsi dans cette perspective. Ils concernent aussi bien les infrastructures que l’offre touristique et les services destinés aux visiteurs.

Pour Agadir, l’enjeu dépasse donc la seule réussite de la saison estivale. Il s’agit désormais de transformer une dynamique de fréquentation en croissance durable, en faisant évoluer simultanément les capacités d’accueil, la qualité des services, la connectivité et l’offre d’animation. Une manière pour la capitale du Souss de consolider sa place parmi les grandes destinations touristiques du Maroc, tout en se préparant à changer encore d’échelle à l’approche de 2030.

Par M'hand Oubarka
Le 09/08/2026 à 14h15