Le barrage Al Wahda est le troisième plus grand ouvrage d’Afrique. Ce géant du bassin du Sebou combine gestion préventive de ses réserves et analyses bathymétriques pour sécuriser la campagne hydrologique à venir.
Le barrage Al Wahda est situé le long de l’oued Ouargha, dans la province d’Ouazzane. Il s’impose comme la clé de voûte du système hydraulique national. Il est la plus grande infrastructure hydraulique du Royaume, avec une capacité totale de stockage d’environ 3,8 milliards de m³. Il occupe ainsi une position stratégique essentielle. Il assure la régulation des ressources en eau du bassin du Sebou, garantit l’irrigation agricole, produit de l’énergie hydroélectrique et approvisionne la région en eau potable. Il constitue un levier fondamental du développement socio-économique local.
Un taux de remplissage à 82%: la priorité à la sécurité
Le Maroc a connu une saison pluviométrique exceptionnelle, qui a généré des apports en eau de près de 3,8 milliards de m³, soit 169% de la moyenne annuelle. Cette situation permet au barrage d’aborder le prochain exercice avec des réserves dépassant 2,82 milliards de m³ et un taux de remplissage supérieur à 82%.
Dans ce contexte, la priorité des gestionnaires est de préserver une marge de sécurité optimale au sein de la retenue afin de pouvoir absorber les crues à venir. La préparation repose sur un suivi quotidien des niveaux et des débits d’eau, et sur une maintenance rigoureuse des équipements. Des lâchers d’eau régulés seront effectués en fonction de l’évolution des précipitations et de l’intensité des apports.
Avec plus de 2,82 milliards de m³, comment le barrage Al Wahda prépare la prochaine saison des pluies
Lâchers d’eau et contrôle de l’envasement
Mustapha Tantaoui, directeur du barrage Al Wahda, précise dans une déclaration pour Le360 que l’ouvrage procède actuellement à des lâchers d’eau de l’ordre de 3 millions de m³ par jour. Ces volumes sont destinés à satisfaire les besoins d’irrigation des périmètres situés en aval de l’oued Ouargha et dans la plaine du Gharb, tout en étant valorisés pour la production d’énergie hydroélectrique.
Outre le suivi et la régulation des débits, les équipes procèdent à l’actualisation de la capacité utile de la retenue au moyen de campagnes bathymétriques. Ces relevés permettent de mesurer les profondeurs et de cartographier la topographie du fond de la retenue, afin notamment d’évaluer l’accumulation des sédiments et l’évolution de l’envasement. Les données recueillies servent également à actualiser les courbes hauteur-surface-volume et, ainsi, à déterminer au plus près la capacité réelle de stockage du barrage.
Lire aussi : Oriental: les travaux de surélévation du barrage Mohammed V avancent à 77%
Selon le responsable, cette opération revêt une importance particulière compte tenu des dimensions de l’ouvrage et de son ancienneté. L’envasement progressif de la retenue entraîne en effet une diminution de sa capacité utile de stockage.
Une cartographie étendue à dix grands barrages nationaux
Face aux exigences d’une gestion proactive de la ressource, les agences de bassins hydrauliques généralisent ces études bathymétriques à dix grands barrages du Royaume. Il s’agit du barrage Oued El Makhazine, du barrage El Cherif El Idrissi, du barrage Nakhla, du barrage Al Wahda, du barrage El Mansour Eddahbi, du barrage Ghiss, du barrage Mohammed V, du barrage Oued Za, du barrage Mechraa Hammadi et du barrage Hassan Addakhil.
Cette campagne globale permettra d’obtenir un diagnostic précis de l’envasement à l’échelle nationale. Elle permettra également d’ajuster la gestion prévisionnelle des apports en eau pour les saisons à venir.


















