Crédit bancaire: légère remontée des taux sur fond de disparités persistantes

Bank Al-Maghrib, à Rabat.

Revue de presseAprès plusieurs trimestres de repli, le coût du crédit enregistre un léger redressement au deuxième trimestre 2026, pour s’établir à 4,81%. Si le maintien du taux directeur de Bank Al-Maghrib préserve un environnement financier globalement favorable, la dernière enquête trimestrielle de la Banque centrale met en lumière un écart d’attractivité marqué entre grandes entreprises, ménages et TPE-PME. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Éco.

Le 23/08/2026 à 17h34

Après une période prolongée de détente, le paysage financier marocain enregistre un très léger redressement au deuxième trimestre de l’année. Les données publiées à la mi-août par la Banque centrale font état d’une hausse de quinze points de base du taux débiteur global, qui s’établit désormais à 4,81% contre 4,66% trois mois plus tôt. Bien que modeste, cette variation met un terme temporaire à la trajectoire baissière observée sur les trimestres récents, sans pour autant remettre en cause la compétitivité globale de l’accès à la liquidité, indique le quotidien Les Inspirations Éco.

Sous cette moyenne nationale, se cache un panorama contrasté où la nature de l’engagement financier dicte la tarification bancaire. Les concours à court terme dédiés à la trésorerie et les crédits destinés aux investissements d’équipement tirent leur épingle du jeu avec des conditions particulièrement attractives, s’établissant respectivement autour de 4,63% et 4,65%. À l’inverse, l’immobilier franchit la barre des 5% pour s’établir à 5,06%, tandis que les crédits à la consommation demeurent la catégorie la plus coûteuse du marché avec une moyenne de 6,81%, une différence qui traduit la perception du risque et la maturité des remboursements par les établissements prêteurs.

La segmentation s’exprime également à travers la typologie des emprunteurs. Le monde des affaires profite de conditions nettement plus favorables que les ménages, les entreprises non financières obtenant un taux moyen de 4,71% là où les particuliers font face à un coût moyen de 5,59%. Cette fracture tend à se creuser au détriment des personnes physiques, les grands acteurs économiques faisant valoir leur poids financier et des volumes d’emprunt considérables pour négocier leurs barèmes, lit-on dans Les Inspirations Éco.

Le clivage le plus révélateur apparaît cependant au cœur même du tissu productif national. La dimension de la structure demeure le critère déterminant de la tarification bancaire. Alors que les grandes entreprises accèdent au financement à un taux avantageux de 4,56%, la catégorie regroupant les très petites, petites et moyennes structures subit un coût moyen de 5,20%. Cet écart de soixante-quatre points de base matérialise la prime de risque systématiquement adossée aux entités les plus vulnérables, illustrant l’un des défis majeurs pour le soutien à l’entrepreneuriat au Royaume.

Malgré cette inflexion haussière, le contexte macroéconomique conserve une orientation propice à la distribution du crédit. Réuni au début du mois de juin, le Conseil de l’institution d’émission a opté pour la neutralité en maintenant son taux directeur à 2,25%. Dans un environnement où la dynamique des prix reste sous contrôle et la reprise économique se confirme, les autorités monétaires ont privilégié la stabilité des coûts d’emprunt pour préserver l’investissement national. Les conditions de financement actuelles restent ainsi très éloignées des sommets observés lors des crises précédentes, offrant un cadre soutenable aux acteurs économiques en dépit de la fin de la baisse généralisée des taux.

Par La Rédaction
Le 23/08/2026 à 17h34