Les ménages marocains diversifient leur épargne: les placements en bourse s’envolent de 40% en 2025

Une tirelire. (Photo d'illustration)

Le patrimoine financier des ménages marocains a poursuivi sa progression en 2025, atteignant un niveau record de 1.192 milliards de dirhams. Si les dépôts bancaires demeurent largement dominants, leur croissance ralentit, tandis que les placements en bourse enregistrent une forte accélération, traduisant une diversification croissante de l’épargne vers des actifs plus exposés au risque.

Le 02/08/2026 à 15h01

Le patrimoine financier des ménages a continué de se consolider en 2025 pour atteindre 1.192 milliards de dirhams (MMDH), en progression de 7,5% après 8,1% une année auparavant, a indiqué le rapport sur la stabilité financière au titre de l’exercice 2025, qui vient d’être publié par Bank Al-Maghrib (BAM), l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) et l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS).

Cette dynamique, portée par la hausse de l’ensemble de ses composantes, traduit le renforcement de la capacité d’épargne financière des ménages et s’est également accompagnée d’une diversification croissante des placements vers des actifs exposés au risque de marché.

Ainsi, les dépôts bancaires des ménages se sont élevés à 935 MMDH à fin 2025, en hausse de 4,5%, après une hausse de 7,5% en 2024. Ils demeurent la principale composante de leur patrimoine financier, représentant près de 79% de l’encours total. Les dépôts collectés par les banques participatives se sont, pour leur part, chiffrés à 13 MMDH, en croissance de 13,4%, prolongeant la dynamique soutenue observée depuis le lancement de cette activité en 2019, année au cours de laquelle leur encours s’établissait à seulement 2 MMDH.

Évolution du patrimoine financier des ménages et sa structure.

La croissance des dépôts des ménages continue d’être portée principalement par les dépôts à vue, dont l’encours s’est accru de 6,6% pour atteindre 658 MMDH au terme de 2025, après une progression de 10,1% une année auparavant. Leur poids dans l’ensemble des dépôts des ménages s’est ainsi renforcé pour se situer à 70%.

Les comptes d’épargne ont également poursuivi leur progression, mais à un rythme plus modéré, avec une hausse de 2,6% après 2,9% en 2024, portant leur encours à 190 MMDH. Leur part dans le total des dépôts s’est maintenue autour de 20%.

Dépôts à terme: déclin persistant

Le recul de l’intérêt des ménages pour les dépôts à terme s’est poursuivi en 2025, confirmant une tendance structurelle observée au cours de la dernière décennie, selon le rapport. Leur encours est ainsi revenu de 103 MMDH en 2016 à 77 MMDH en 2025, affichant une baisse cumulée de près de 25%. Sur la même période, leur poids dans l’ensemble des dépôts bancaires des ménages s’est sensiblement réduit, passant de 17,2% à 8,2%.

Cette évolution reflète un effet combiné de plusieurs facteurs, relèvent les auteurs du rapport. Il s’agit notamment de la diminution progressive de la rémunération offerte sur ces placements, la préférence des ménages pour les actifs liquides ainsi que l’orientation croissante d’une partie de l’épargne vers d’autres catégories de placements financiers.

Évolution et structure des dépôts bancaires des ménages.

Cette mutation progressive dans les préférences d’épargne des ménages se traduit également dans la structure de financement du secteur bancaire. Ainsi, les dépôts à terme représentent désormais moins de 9% des ressources bancaires, contre 22% il y a dix ans.

Au-delà des dépôts bancaires

Les placements des ménages sous forme de contrats d’assurance-vie se sont, quant à eux, accrus de 7,9% en 2025, pour la deuxième année consécutive. Toutefois, leur part dans le patrimoine financier des ménages est demeurée stable à près de 12%.

Pour les placements des ménages en valeurs mobilières, ils ont connu une croissance marquée de 40,1% en 2025, après une hausse de 15,5% en 2024, pour s’établir à 114 MMDH. Leur part dans le patrimoine financier total est ainsi passée de 7,3% en 2024 à 9,4% en 2025.

Le rapport note que la structure de ces placements demeure largement dominée par les actions, qui représentent près de 97% de l’encours total après une progression de 43,2% à 111 MMDH. Les obligations privées ont, en revanche, poursuivi leur contraction, avec un encours de 2 MMDH, en baisse de 36,6%, ramenant leur part à 1,9% contre 4,2% en 2024. Les détentions de titres souverains, bien que d’un montant encore modeste, ont enregistré une progression notable, passant de 373 millions de dirhams (MDH) à 780 MDH.

Par Lahcen Oudoud
Le 02/08/2026 à 15h01