La publication récente au Bulletin officiel de la loi régissant la création des Agences régionales de l’urbanisme et de l’habitat marque une étape majeure dans la refonte de la gouvernance territoriale. Ce nouveau cadre juridique introduit un changement de paradigme en instaurant douze agences, à raison d’une structure par région, tout en prévoyant la possibilité de créer des antennes provinciales selon les besoins locaux. L’objectif ultime de cette réforme est de doter chaque région d’un interlocuteur unique pour harmoniser la planification, l’aménagement et le développement territorial, en attendant la parution des décrets d’application qui rendront ces entités pleinement opérationnelles, indique le quotidien L’Économiste de ce lundi 24 août.
Au-delà de l’élaboration des documents d’urbanisme traditionnels, ces agences voient leur périmètre d’action considérablement élargi. Elles sont désormais investies d’une mission de coordination entre les différents acteurs locaux afin de favoriser la convergence des projets d’aménagement, notamment à travers le développement des espaces ruraux. Les agences devront ainsi contribuer aux stratégies de mise à niveau de ces zones prioritaires et veiller à leur déclinaison sous forme de projets intégrés, assurant ainsi une cohérence et une continuité accrues entre les espaces urbains et ruraux.
L’harmonisation des pratiques et le renforcement de l’expertise constituent un autre pilier de cette réforme. Les agences seront chargées de réaliser des études prospectives et stratégiques en accord avec les orientations nationales et régionales. Elles assureront le suivi, l’évaluation et la révision des documents d’urbanisme en vigueur. Par ailleurs, elles disposeront d’un pouvoir décisionnel renforcé en devant émettre des avis contraignants sur l’octroi des permis et des autorisations d’urbanisme, écrit L’Économiste.
Pour garantir la conformité des aménagements sur le terrain, la loi prévoit la désignation d’inspecteurs de l’urbanisme chargés du contrôle des infractions. Ces derniers surveillent la réalisation des projets immobiliers, des opérations de lotissement et de division afin d’en vérifier la conformité avec les autorisations délivrées et les textes législatifs applicables. En parallèle, la sauvegarde de l’identité des territoires s’illustre par une mission explicite de protection et de valorisation du patrimoine architectural et paysager, concrétisée par des inventaires régionaux et des actions de réhabilitation.
Sur le plan social et économique, ces nouvelles entités joueront un rôle déterminant dans la mise en œuvre des politiques d’accès au logement et dans la lutte contre l’habitat insalubre. Elles accompagneront les groupements d’intérêt économique ainsi que les organismes publics et privés dans la concrétisation des projets d’aménagement et assureront une assistance technique pour le compte de l’État et des collectivités locales. Enfin, l’architecture institutionnelle des agences traduit un ancrage territorial profond. Administrée par un conseil d’administration et dirigée par un directeur général, chaque agence sera présidée par le chef du gouvernement ou son délégué. Le conseil réunira le wali de région, les gouverneurs, le président du Conseil régional, le président de la commune chef-lieu, ainsi que quatre présidents de conseils communaux désignés par le ministre de l’Intérieur, sans oublier le directeur du Centre régional d’investissement et les représentants des administrations. Cette composition garantit une concertation étroite et une prise de décision alignée sur les enjeux spécifiques de chaque territoire.




