À l’intérieur du centre de vote «Lalla Amina» à Casablanca, l’ambiance est plutôt calme. Les électeurs arrivent au compte-gouttes, vérifient leurs informations avant de rejoindre leur bureau, puis accomplissent les différentes étapes du vote. Face à cette fréquentation encore modeste en matinée, les responsables chargés de l’organisation veillent au bon déroulement de l’opération et au respect des procédures.
Candidat du Parti authenticité et modernité (PAM) dans la circonscription d’Anfa, Mehdi Limina a lui aussi accompli son devoir électoral. «Aujourd’hui, comme tous les citoyens et citoyennes, nous participons à cette journée démocratique qui caractérise notre pays. J’espère que chacun viendra participer et exprimer sa voix, comme je l’ai fait aujourd’hui», déclare-t-il.
Le candidat appelle particulièrement les jeunes à prendre part au scrutin. «Je souhaite également que les jeunes femmes et hommes s’impliquent dans ce processus. Leur participation est importante pour que notre pays puisse avancer», précise-t-il.
Pour les électeurs venus voter dans les bureaux d’Anfa, les attentes sont, elles, davantage liées aux réalités du quotidien. Azzedine Kahlaoui, citoyen rencontré sur place, explique être venu «accomplir son devoir national comme tous les citoyens» et choisir, selon lui, «la personne qui pourra nous représenter au Parlement et au gouvernement».
Parmi ses principales préoccupations figurent le coût de la vie et l’emploi. «Nous souhaitons que les conditions de vie des habitants s’améliorent. Nous espérons notamment une baisse des prix et davantage d’efforts en faveur de l’emploi», affirme-t-il. «Il faut également accorder une attention particulière aux jeunes, afin qu’ils ne soient pas livrés à eux-mêmes, notamment dans les quartiers populaires», ajoute-t-il.
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La matinée a également été marquée par la présence de responsables politiques et de représentants de listes venus suivre le déroulement du scrutin. Nabila Mounib, tête de liste de l’Alliance de la gauche dans la circonscription de Casablanca-Anfa, insiste, pour sa part, sur la nécessité de garantir la régularité et la transparence du processus électoral.
«Les élections doivent être libres et transparentes, afin de traduire ce que veut le peuple et de faire émerger des personnes qui le représentent sur la base de programmes», déclare-t-elle. La candidate estime également que le débat électoral devrait davantage se concentrer sur les programmes proposés par les partis.
Nabila Mounib aborde par ailleurs plusieurs enjeux économiques et sociaux. Critiquant les politiques publiques menées ces dernières années, elle évoque notamment la hausse des prix et du coût des carburants, ainsi que la situation dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Elle déplore également ce qu’elle considère comme un déficit de culture politique chez une partie des citoyens.
«Nous avons encore 25% d’analphabétisme, mais aussi un analphabétisme politique très répandu. Beaucoup de personnes confondent les partis et leurs programmes», affirme-t-elle.
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Dans les rues et aux abords des bureaux, le faible passage des électeurs est également relevé par certaines personnes présentes sur place. L’artiste Haj Younes dit avoir constaté une affluence limitée au cours de la matinée. «Comme vous pouvez le constater, il n’y a pas beaucoup de personnes qui viennent voter. Deux ou trois personnes arrivent peut-être par heure», témoigne-t-il.
Pour expliquer cette faible mobilisation, il évoque une déception à l’égard des expériences électorales précédentes. Il dénonce également les pratiques d’achat de voix et appelle les citoyens à ne pas céder à ce type de procédés. «Je suis venu voter pour ne pas être une simple personne qui suit le mouvement. Je veux contribuer à barrer la route à ceux qui achètent les voix avec de l’argent, de l’huile ou de la viande», conclut-il.
Le scrutin se poursuit dans l’ensemble du Royaume jusqu’à 19h, en présence des représentants des listes de candidatures. À Casablanca, comme ailleurs dans le pays, les bureaux restent ouverts et les électeurs continuent d’arriver progressivement. La suite de la journée permettra de mesurer l’évolution de la participation et de connaître les premières données officielles à l’issue du scrutin.



