Le Maroc a officiellement épuisé son quota d’importation de bovins vivants destinés à l’abattage pour l’année en cours, atteignant le seuil des 300.000 têtes à la date du 15 octobre. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une stratégie gouvernementale visant à garantir l’approvisionnement des marchés intérieurs en viandes rouges, et ce, face aux répercussions de plusieurs années de sécheresse qui ont lourdement affecté le cheptel national, lit-on dans l’édition du mardi 27 octobre du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.
Le Brésil s’est imposé comme le principal fournisseur du Royaume en la matière, accaparant plus de 90% du total des têtes importées grâce à des prix compétitifs et à une offre abondante par rapport aux marchés européens. Les chiffres du ministère brésilien de l’Agriculture témoignent de cette montée en puissance, révélant que la valeur des exportations bovines vers le Maroc est passée de 41 millions de dollars en 2024 à 213,5 millions de dollars en 2025, soit une augmentation spectaculaire de 421%. Cette flambée des importations intervient dans un contexte marqué par une contraction d’environ 30% du cheptel national, accentuant la dépendance du pays vis-à-vis de l’extérieur pour satisfaire la demande locale. Pour atténuer cette pression, le ministère de l’Agriculture a annoncé l’ouverture du marché portugais, dont la proximité géographique permet de réduire les coûts de transport et les délais de livraison par rapport aux cargaisons sud-américaines, écrit Al Ahdath Al Maghribia.
Le gouvernement a également pris des mesures incitatives pour fluidifier l’approvisionnement en exonérant, au cours de l’année 2026, l’importation de 300.000 têtes de bovins des droits de douane et de la taxe sur la valeur ajoutée jusqu’au 31 décembre. Ces dispositions visent à stabiliser les prix sur le marché intérieur, bien que certains observateurs soulignent la nécessité de passer de solutions d’urgence à des stratégies pérennes axées sur la reconstitution du cheptel local.
La raréfaction des pâturages et la flambée des coûts des aliments pour bétail ont conduit à l’abattage prématuré de femelles reproductrices, menaçant la capacité de renouvellement à long terme du cheptel national. Alors que les autorités évaluent l’opportunité de prolonger les exonérations douanières pour l’année 2027, le défi demeure de concilier l’urgence de l’approvisionnement à court terme avec la relance durable de la production animale indigène.




